DES OUVIIIEHS DES DEUX SEXES EMPLOYÉS EN
Grande-Bretagne.
États-Unis.
France.
Verres et cristaux. . .
Raffineries de sucre..
En ce qui concerne les manufactures, la Russie est bien en arrière du reste de l'Europe. Le nombre total des employés dans les douze industries principales de ce pays (après l'agriculture) était, en 1870, d'environ 725,000; sur ce chiffre, le plus grand nombre de beaucoup (270,000) étaient engagés dans l'industrie du coton. Après le coton venait l'industrie du fer, avec 150,000 ouvriers, puis la fabrication du drap avec 70,000. Mais depuis 1870 ces chiffres ont sensiblement grossi.
L'industrie sucrière, par exemple, a doublé en étendue et en importance depuis 1872, quoiqu'il n'y ait pas eu d'accroissement matériel dans le nombre des manufactures en activité (3). Les statistiques industrielles en Russie sont malheureusement tellement arriérées qu'il est impossible d'indiquer même approximativement quelle est la proportion de la production relativement au nombre des ouvriers. Pourtant Mulhall (4) estime à 140 millions de livres la
(1) On pourrait ajouter à ces chiffres 57.667 personnes employées dans la culture de la canne à sucre.
(2) C'est seulement le nombre des employés dans les mines de fer et de charbon.
(3) La Russie produit maintenant, dans 237 usines, 280.000 tonnes àe sucre par an, à mettre en regard de 1 million de tonnes par an que produit le Royaume-Uni.
(4) Dictionnaire de statistique, p. 113.
quantité totale de colon employée en Russie, et la moyenne annuelle <le tuile de coton produite par chaque ouvrier, seulement à 780 livres ou environ I ï de la moyenne produite en Angleterre.
C'est ici peut-être le moment d'étudier les différences qui existent entre les divers États de l'Europe relativement au chiffre des habitants enlevés aux occupât ions productives pour grossir le nombre des soldats ou des marins. Quelques faits et quelques considérations générales peuvent suffire a inoutrer toute l'importance de ce sujet. Le nombre total des hommes requis par les armées de terre et de mer dans toute l'Europe s'évaluait, en 1881, à 3,185,000. La somme totale dépensée pour l'entretien de ce nombre énorme de combattants n'est pas moindre de 147 à 150 millions sterling par année (3,750 millions de francs), soit une moyenne d'au moins 46 livres sterling (1,150 Jr.) par soldat. 11 n'est pas nécessaire de constater longuement l'épuisement des ressources nationales qu'implique le système des armées permanentes. Rien n'est plus évident. Mais le montant, et le poids de cette dépense varient dans les divers pays, suivant le nombre des soldats, les prix divers de leur entretien, et la dépense générale, relativement au chiffre de la population et à la richesse de la nation. La Grande-Bretagne semble faire pour sa marine et son armée la dépense la plus considérable de toutes les nations européennes, en exceptant seulement la France et la Russie; cependant la force numérique des troupes qu'elle entretient est moins grande, de plus de moitié, que dans chacun de ces deux pays. Nous dirons, sous une autre forme, que la moyenne de la dépense annuelle par soldat est de 113 livres sterling (2,825 fr.) en Angleterre, tandis qu'elle n'est que de 52 livres (1,300 fr.) en France, et seulement de 34 livres (850 fr.) en Russie (1).
(1) Ces moyennes ne s'appliquent pas, évidemment, seulement à l'équipemenl el a L'entretien des suidais actuellement s, .us les armes, mais aussi a la dépense l'aile pour les approvisionnements de guerre,
Sans aucun doute, comme compensation de ce surplus de dépense, nos troupes possèdent un degré d'efficacité plus grand, et si nous considérons l'immensité des intérêts que notre armée et notre marine sont appelées à défendre, nous pouvons admettre que nous payons, sous cette forme de frais défensifs, une prime d'assurance moindre que toute autre nation dans le monde. Ce n'en est pas moins une chance d'infériorité pour nous, que d'être dans l'obligation «le continuer ces frais considérables, tout en luttant contre la rivalité de pays comme les Etats-Unis, qui n'ont pas à supporter le fardeau d'une aussi énorme dépense.
en y joignant toutes les sommes qui peuvent être regardées comme ilirectementou indirectement consacrées à l'entretien d'une force militaire efficace.