ENFANTS
Laine filée. . . .
Tapis
Bonneterie. . . .
Dans la Grande-Bretagne les tableaux de l'âge des employés des fabriques ne sont pas établis de la même manière qu'aux Etats-Unis, en sorte qu'une comparaison strictement exacte est difficile. Mais les différences qui exis= tent entre les deux pays en ce qui concerne l'emploi deè femmes et des enfants semblent sans importance ; l'analyse d'un rapport récent sur les fabriques montre que dans nos industries des laiues et des lainages, en général, le nombre des femmes employées était de 54 p. 100 du total, et celui des enfants au-dessous de Et ans de 15 p. 100
(1) Rapport du 10" recensement, Vol. II, p. 3i
L'élément principal de différence semblerait donc être l'emploi plus fréquent des femmes, dans les manufactures
anglaises, mais les fabriques américaines emploient généralement un plus grand nombre d'enfants très jeunes. Tout bien considéré, il est peu probable que l'un ou l'autre des deux pays trouve dans celte différence une supériorité marquée pour l'économie des résultats.
Mais il en est tout autrement quand il s'agit des salaires absolus; la Grande-Bretagne jouit de l'avantage indéniable d'un travail moins cher, dont le taux varie suivant les localités, en sorte qu'il est difficile d'indiquer la différence exacte.
Un examen récent, fait par le bureau de statistique du travail du Massachusetts sur le coût comparatif du travail dans cet État et en Angleterre, donne la moyenne des salaires payés dans chacun de ces deux pays pour les industries de la laine et des lainages : en voici le tableau :
Industrie de la laine filée.
Salaire moyen par semaine des hommes
— femmes
— jeunes personnes
— enfanls
Lainages.
Salaire moven par semaine des hommes
— femmes
— jeunes personnes
— enfanls
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Au sujet de ces chiffres comme de tous les autres tableaux des salaires dans les industries textiles, il est ne-
cessaire de se rappeler que le travail employé est prin-
L'INDUSTHIE DES LAINAGES. 247
cipalement celui des femmes et des jeunes filles et c'est dans leurs salaires que l'on trouve les plus grandes différences. On remarquera aussi que les enfants américains reçoivent des salaires presque quatre fois plus grands que ceux des jeunes ouvriers anglais, et que les salaires des femmes sont, généralement aussi, plus élevés d'autant, de l'autre côté de l'Atlantique. Mais d'autre part les ouvriers des fabriques aux États-Unis travaillent ordinairement plus longtemps que ceux d'Angleterre, cette différence peut être évaluée à 10 p. 100 au moins, ce qui évidemment est loin de compenser la différence des salaires.
11 nous serait facile de confirmer l'exactitude des chiffres précédents par d'autres citations que nous avons sous la main. Mais il n'est pas nécessaire d'accumuler des colonnes de chiffres pour prouver un fait si généralement connu et admis. Le seul point qui puisse être discuté, c'est de savoir dans quelle mesure les manufacturiers américains sont entravés par la cherté plus grande du travail chez eux. Si nous admettons, comme nous avons le droit de le faire, que la différence contre eux provenant de ce fait est d'environ 10 scheilings par livre sterling dépensée en salaires, nous arrivons à déterminer la somme à placer à son débit par un procédé simple et facile. Le Census pour 1880 admet que le total des salaires payés aux États-Unis dans les industries de la laine et des lainages s'élevait à environ 9 millions 1/2 de livres sterling, et s'il estexact de dire grosso modo que 10 scheilings en Angleterre ont autant de puissance que 20 en Amérique pour se procurer le travail dans les fabriques, il s'ensuit que, sur la production totale de ces industries pendant l'année du recensement 1882, l'Amérique se trouve avoir fait une dépense de 4 millions 1/2 sterling (150 millions de francs) plus grande que n'aurait t'ait notre pa\s (1). Cette constatation suffit à elle seule
(l) Un opuscule récemmenl, publié par M. E. A. Hartshorn de Troy Kl. il de New-York) donne les salaires payés dans deux fabriques de lainages siluées dans l'État de New-York, et à Aberdeen (N. B.) en
•>',s SUPRÉMATIE DE L'ANGLETERRE.
pour permettre d'affirmer que L'Amérique n'est pas sur le point de rivaliser avec l'Angleterre sur les marchés neutres. Mais il uc faut pas oublier non plus que, dans 1rs industries textiles, les salaires sont loin de représenter une aussi grande proportion de la valeur de produit fabriqué que dans certaines autres; et dans l'industrie lainière, spécialement, la valeur de la matière première employée aux Etats-Unis a été reconnue comme trois fois et demie plus grande que les salaires payés pour sa transformation en marchandises manufacturées. Autrement dit, tandis que la valeur des articles fabriqués aux États-Unis était, en 1880, de 53 millions 12 sterling, environ 33 millions de ce total étaient représentés par la matière première, et 9 millions 1 2 seulement par les salaires.
Examinons maintenant le second terme de la comparaison entre notre industrie lainière et celle des États-Unis; c'est l'influence que doit probablement exercer le taux général des profits sur les manufactures textiles. En Europe la tendance récente est prononcée du côté d'une réduction de bénéfices sur une quantité donnée de produits, mais en môme temps vers une production bien plus considérable par fabrique et par ouvrier. Aux États-Unis, au contraire, les profits se sont élevés tout récemment encore à une hauteur exceptionnelle. En 1880, l'année du dernier recensement, les profits de cette branche d'industrie paraissent avoir varié de 28 p. 100 dans les tapis, à 47 p. 100 dans la bonneterie, et 51 p. 100 dans la chapellerie de laine, sans compter bien entendu la dépréciation, les mauvais payeurs, etc., pour lesquels on doit allouer de 10 à 15 p. 100. La moyenne de profit sur l'industrie tout entière, après les déductions dont nous venons de parler, ressort à 35 p. 100; ce bénéfice, il est à peine nécessaire de le dire, dépasse de beaucoup ee qui suffirait probablement pour satisfaire l'Anglais, le plus âpre
1883; il eu résulte que, en moyenne, les salaires américains étaient de
io:i p. ion plus élevés que les salaires anglais.
au gain (1), même si la moitié de ce bénéfice était employée à combler le déficit des créances incertaines indiquées plus haut.
Depuis que ces lignes ont été écrites, un article a paru dans le Bradstreet's, donnant le taux des dividendes payés, pendant une série d'années, par 36 des principales sociétés manufacturières de cotons et de lainages de la Nouvelle-Angleterre. En analysant les tableaux du Bradstreet's on trouve que le taux moyen des dividendes payés par ces sociétés pendant les douze années se terminant en 1884 a été de 7,3 p. 100. Cette moyenne comprend un certain nombre de sociétés qui paraissent n'avoir pas payé de dividende pendant plusieurs années. Elle comprend aussi deux années particulièrement mauvaises, 1883 et 1884. Cependant, même dans cette dernière année, 21 des sociétés distribuent de 5 à 10 p. 100, et cinq d'entre elles au-dessus de 10 p. 100. Dans les États de l'ouest ou du sud, il est probable que les dividendes s'élèvent plus haut. La Nouvelle- Angleterre est le Manchester de l'Amérique, et quoique les manufactures de textiles y soient exploitées avec une efficacité qui n'est atteinte nulle part sur le continent américain, la concurrence y est bien plus vive que dans l'ouest ou dans le sud, où les consom-
(1) Les chiffres cités ici sont donnés en détail dans les tableaux du Census pour 1880, comme il suit :
NOMENCLATUii:.
ce ?
POUR CENT