‹ La Suprématie de l'AngleterreChapitre 7 sur 83 · LONGUEUR · texte numérisé non relu

LONGUEUR

ANNEE 1881

NOMI'.RE TOTAL.

p. 100 sur toute la

On voit que la seule classe dans laquelle il se soit produit un changement vraiment radical, relativement à la population totale, est celle des agriculteurs. Nous n'avons pas à en chercher bien loin le motif. 11 est évidemment dû à deux causes prédominantes que voici : 1° l'introduction plus générale des machines, en môme temps que la tendance à l'exploitation de grandes usines, et 2° le remplacement des céréales par les herbages.

11 est digne de remarque que ces changements, ont marché pari passu, de front, avec un accroissement considérable de La partie improductive de la communauté,

qui était de 50 p. 100, sur toute la population eu 1801, et de 57 p. 100 en 1881. Il peut se faire que cet accroissement de la population oisive soit dû en partie à ce qu'un nombre de personnes plus grand qu'autrefois peut se permettre d'abandonner le travail; mais il semble qu'il soit résulté surtout de l'emploi plus restreint du travail féminin, ce qui devrait être salué comme un signe de prospérité croissante. On doit remarquer que, tandis que l'accroissement de notre population productive, entre 1861 et 1881 , était de 15,7 p. 100, l'accroissement de notre population ouvrière féminine était moindre de 5 p. 100. Mais ce n'est pas tout. Pendant ce même laps de temps, le nombre des femmes employées dans le travail des champs, si pénible et si peu convenable pour leur sexe, est tombé de 378,882 à 64,840; le nombre de celles qui sont engagées dans des occupations commerciales, de 38,290 à 19,467, et celui des femmes occupées dans les manufactures de 1,579,169 à 1,578,189, si bien que, dans ces trois classes d'emplois, tous les trois peu ou pas du tout convenables au sexe faible, il y a eu en 1881 une décroissance qui n'est pas moindre de 323,765 unités sur le chiffre de 1861. D'autre part, il est satisfaisant de pouvoir ajouter que le nombre des femmes engagées dans les occupations dites professionnelles a plus que doublé.

Parmi les nombreuses réponses qui ont été faites à cette question : Quel est le signe qui atteste le mieux la civilisation? celle qui probablement a soulevé le moins de contradiction propose, comme mesure de la civilisation l'affranchissement de la femme. 11 n'est pas douteux que plus une nation se civilise et s'enrichit, plus le sort de la femme s'améliore. Au lieu d'être condamnée, comme elle l'est dans un grand nombre de pays barbares ou à demi civilisés, à porter sa part entière de la servitude du Labourage et de la manufacture, elle reprend sa véritable place dans le ménage, elle s'occupe de l'éducation el de l'instruction de ses enfants; et nous trouvons une preuve sûre de perfectionnement dans ce fait que les vingt dernières années

ont enlevé tant de milliers de femmes à la servitude qu'elles auraient eu à supporter dans des circonstances moins heureuses et moins prospères; et d'autant plus que, pendant cet intervalle, aucune législation spéciale n'a rendu ce changement obligatoire.

Une analyse plus minutieuse du compte rendu des occupations, dans les recensements des diverses années, montre que ce n'est pas tant dans le commerce en grand que dans les industries plus petites et de moindre valeur que notre accroissement s'est marqué. Ceci, dans une certaine mesure, est un symptôme tout à fait réconfortant et encourageant.

Nous procéderons maintenant à la comparaison de la situation de notre propre pays avec celle des Etats-Unis en ce qui concerne la distribution des occupations, spécialement dans les industries manufacturières. Le nombre total des personnes engagées dans ces industries à différentes périodes nous est fourni comme suit par les recensements des États-Unis pendant la période 1850-1880 :

ANNÉE

Page 1