UN MALHEUR NE VIENT JAMAIS SEUL
— Mon ami!... un perfide qui me vole mon honneur, qui brise tous mes liens ^ qui empoisonne tous mes sentimens , qui a mis le scandale dans ma maison!
— Le scandale ! c'est vous qui l'allez mettre en dévoilant ce qui est^ ce qui peut être éternellement caché ! Pensez-y, M. le comte, et soyez prudent?
— A vous entendre , Monsieur, je devrais , par prudence, dévorer le plus sanglant outrage et vivre paisible au milieu de mes bourreaux!... Que j'aille encore toucher la main de ce séducteur ! La mienne se dessécherait plutôt!... L'un de nous deux périra!... Je n'irai pas non plus afficher des sentimens de respect et d'amour pour une femme infidèle que je méprise , que je hais!... Je ne me sens pas un pareil courage, M. Desbrosses, et si j'avais la faiblesse d'ouvrir les bras à cette malheureuse enfant, que j'étais fier d'appeler ma fille, je la repousserais bientôt avec horreur de mes mains teintes du sang de son père!