I.K SElRET
— MoDsîetir, si vous avo^ dans l'amo uu |)eu dej)robilé, rendez ces lelires |>our <|u'oii les aoéanlisse 1 dit M. Dcsbrusses en rasseiublaut ce qu'il avait dur dans sa caisse.
— Les lelUc:^ î Monsieur , les ielires! répôlail le comte de Chatay (|ui passait de la prière à la menace , el allernalivenienl de la menace à la prière.
— 11 m'est impossible de vous contenter, réj)ondail l'abbé en méditant déjà une brusque retraite j ces lettres sont pour moi une j^'arantie. ..
— Oui te les a remises? reprit le comte qui alla droit à rabl>c en voyant celui-ci se diriger vers la porte; tue-moi , si lu veux , mais auparavant il faut que je sache <|uel ennemi de mon bonheur a inventé cet infernal com[)lot ! Il faut cpie je le connaisse, monstre!... Je le connais! ajoulal-il en lui arrachant sa perruque; tu es rabl)é Costis : je le ferai jeter dans un cul de basse-fosse pour le reste de les jours !
— Oui , je suis rabl>é (iOSlis » repartit arro-
d80 LL SECRLT.
gamment le tartufe , qui s'était armé pour protéger sa sortie. Votre fille, ou plutôt la fille du baron de Ramoine, m'a fait chasser de votre maison comme un laquais , je me suis vengé : le directeur de conscience de la comtesse de Chatay sait de bonne part ce qu'il sait !
VS MALIIFIR M- VIF.NT J\M\fS SFIL.
— Cf.s loitrosî ma fortiino pour ces Iciirosî s' reniait le coinlc en éhranianl la |joi («' i\\\e i ahlw venail tlo refiTiner sur lui à douhle loiir. Il lcsem|>orlc! il a entre les mains les preuves de mon déshonneur! Mon Dieu! eominenl ravoir ces lettres? Je vais le faire mettre à la Bastille : mais il a déjà eu le temps de cacher ces lellus ! rinfWmel raboniinaijlc
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homme! Et je ne l'ai pas étranglé pour le réduire au silence , pour lui enlever ces fatales lettres !
— Ces lettres... sont supposées, je n'en doute pas..., dit M. Desbrosses qui , pour la première fois de sa vie , se permettait un mensonge qu'il jugeait humain et nécessaire.
— Non , Monsieur , elles ne sont que trop véritables ; je n'en puis douter , j'ai vu l'écriture!... j'ai reconnu aussi l'écriture de Ramoine... et le portrait...
— On a le portrait de tout le monde en le faisant faire, et l'abbé Costis qui était dans votre maison... Pour l'écriture, on l'imite à s'y tromper...
— Laissez cela, M. Desbrosses; je ne me leurre pas de ces chimères. Les faits sont d'ailleurs en rapport avec cette tardive révélation : en 1747, je suis parti , le lendemain de mon mariage , pour mettre à la voile et rejoindre l'escadre du marquis de la Jonquiôre; j'ai été pris avec ma frégate et suis resté pri*
IH MAKUKin NE VIE?{T JAMAIS SE! L. 483
sonnier en Angleterre j pendant mon absence, ma femme est accouchée à sept mois , me diton, d'une fille que Ramoino a nommée sur les fonts de baptême, et (lu'il fait aujourd'hui sa légataire universelle. Je ne m'abuse pas, je vois tout maintenant; je vois que j'ai été le jouel d un traître (|ue je croyais mon ami; je vois que raffcclion de la comtesse n'a jamais été que de seconde main i>our moi; je vois en nn mot que Lucilo nV»st pas mon enfant!... Mais, par la sainte -barbe!...
— M. le comle, (|u'avcz-vous résolu de faire? interrompit M. Desbrosses , (jui employait la douceur et la persuasion pour lo calmer.
— LU j mordieul ce (|ue doit faire un homme d'honneur : avoir satisfaction de l'indigne auteur de celle trahison monstrueuse!...
— Il y a vingt ans décela, M. le comte, et depuis vingt ans le rej>entir et Tâge ont effacé les traces de cet alfront. I^ baron de Uamoinc esl votre ami...