G UN MALHEUR NE VIEIVÏ JAMAIS SEUL
boire à la santé des futurs époux, reprit le clerc : nous n'avons vu personne; mais on vous avait enfermés à double tour?
— Qu'on fasse approcher un carrosse de place? dit le notaire. M. le comte, voulezvous m'accompagner chez le lieutenant de police?
— Auparavant, monsieur le comte, dit le clerc en introduisant un messager de voiture , prenez connaissance d'une lettre qui vient de Lyon, et qui traite apparemment d'une affaire urgente, puisque c'est à vous-même qu'on veut la remettre. Le carrosse de Lyon ne fait que d'arriver, mon garçon ? demanda-t-il au messager.
Le comte prit machinalement la lettre , l'ouvrit, et la lut sans émotion ; elle contenait les lignes suivantes :
« M. le comte, c'est avec douleur que nous vous annonçons le sinistre qui a détruit de
LM MALOEim .>R VIENT JaMMS SEl !.. 187
fond en comble les hàlimoiis , ateliers et magasins de votre ma nu facture : tout a été la proie des llanimes, cl le dt^snslre s'étend encore aux maisons voisines. On n'a rien sîiuvé^ pas mùme la caisse, qui renfermait plus de quatre cent mille livres (Miefl'ols de commerce. La j)erle se monte à plusieurs millions : il ) a de plus des dettes considérables et un déficit à combler. Veuillez nous transmettre vos ordres le plus lot possible, etc. »
Le comte de Chalay froissa la lettre et se disposait à la jeter à la cheminée, lorsqu'il cliangea d'avis et la tendit , loul<' cliilVonnée, au notaire en l invitant à la lire : M. Desbrosses fut consterné.
— Tous les malheurs à la fois! répéta le digne> notaire en reprochant à la Providence son injustiee. M. le comte, ma fortune est à votre ser\ice.
— .Merci, M. Desbrosses, merci! npondit