LA PEUR DE T.\ MORT
généreuse absolution pour ses méfaits , votre vie est dans mes mains ; j'ai donc le droit de disposer de vous en maître absolu. Conséquemment, pour réparation de votre méchanceté , je vous somme de rédiger et de signer la déclaration que je vais vous dicter : autrement, vous n'avez pas une minute à vivre pour recommander votre ame à Dieu.
— Vous l'emportez , M. le baron ! répliqua le prêtre qui prit la plume aussitôt, sans donner à la Tulipe la liberté de se relever et de s'enfuir. Si j'étais le plus fort, vous n'en seriez peut-être pas quitte à si bon marché; mais mon tour viendra plus tard.
— « A MONSIEUR LE COMTE DE ChATAY :
<r Moi , abbé Costis , soussigné , déclare ce qui « suit par serment devant Dieu et devant les « hommes, «dicta le baron de Ramoine, pesant avec lenteur chaque expression que recueillait sur-le-champ le prisonnier qui n'avait pas la liberté de se mouvoir, et qui ne l'eùl pas essayé sous la menace du pistolet étendu vers
LA PFUK DK I.A MORT. 2.% I
lui ; « je counnis el reconnais la vertu el la « pureté exemplaires de madame la com- « tcsse de Chalay, avec d'aulanl plus de rai- « son (pic j'ai eu l'honneur d'«ître son direc- « tenr dt? conscience... »
— M. le baron , je ne puis mettre cela sans trahir le secret de la confession , interrompit l'ahlni ; d'ailleurs, il est faux...
— Continuez d'écrire ou je vous en em|)écherai bien à Tavenir! repartit brièvement le baron (|ui ftitol>éi. « Je m'accuse (ravoir inventé, « pour la perdre dans l'esprit de son mari, le
• |)hi.s affreux complot, et je lui en demande « pardon afin d'avoir [)lacf» dans ses prières. . . •
— Mon.sieur , vous ne me contraindrez pas à écrire ces ridicules faussete'îSÎ Ne me rendez pas méprisable à mes propres yeux; asfii&sinez-moi plutôt!
— Corbleu ! quand vous aurez cent el si^iuce que je Yeux, nous parlerons d'aflkirt*^! Poursuivons: «J'ai contrefait récriture de mn-
• dame la comtesse el j'ai fabricpié les lellres