‹ La sœur de MaugrabinChapitre 38 sur 57 · LA PEUR DE LA MORT · texte numérisé non relu

LA PEUR DE LA MORT

« que vous avez vues. J'avais le projet de me « venger d'elle, de ses rigueurs et surtout des « affronts que votre fille m'a fait subir. Je « me repens de la calomnie invraisemblable et « atroce que je vous ai fait acheter si cher : ft je vais l'expier... »

— Mais je n'entends expier quoi que ce soit , dit l'abbé Costis qui cessait d'écrire à chaque mot et qui ne reprenait la plume qu'en voyant le baron poser le doigt sur la détente du pistolet : Monsieur , c'est une tyrannie intolérable! Je ne signerai jamais ces mensonges et ces impertinences.

— Vous les signerez, M. l'abbé, si vous voulez vivre deux minutes de plus. Ensuite : « Je vais l'expier, et, avant de paraître au tri- « bunal de la justice divine, je vous adjure de « me pardonner en faveur de mon repentir; je « vous restitue les cent mille livres dont je n'ai « plus besoin, avec le portrait que j'avais fait « tirer par un peintre à rinsu de madame la « (!omlesse ; quant aux lettres supposées , je^

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« les ai brûlées loules en pnseiice de M. ilr « Hanioine, pour qu'elles ne lonibiissciit pas « dans des mains <|ui en feraient un usage * dangereux et malveillant. En foi de quoi, j ai < signé. •

— Vous avez à cœur de me déshonorer! s écria Tahhé en traçant hruscpienient sa signature au has de cette pièce qu'il remit au baron. Etes- vous content ? est-ce là tout ce (|ue vous désirez de moi? Maintenant, permettezmoi de rentrer à Paris , et aidez-moi à faire casser la lettre de cachetcjue vous avez obtenue à mon sujet. Je vous crois assez magnanime pour vous borner à une vengeance (jui me prive des moyons de me venger.

— Morbleu! \oila sans doute la première bonne action (|ue vous ayez faite, dit le baron après avoir examiné cette déclaration si positive et si adroite qu'il avait réussi à faire signer par l'abbé : à la vérité, vous réparez seulement la plus lûcbc et la plus infûme des trahisons.

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