AS LE LENDEMAIN DE LA BASSETTE
milieu du jour , sous l'inlluence bacliique d'un petit souper auquel il avait fait largement honneur, pour oublier les torts de la fortune à son égard.
Le baron de Ramoine n'était pourtant point un joueur de profession, sans entrailles, sans cœur et sans ame, quoiqu'il s'abandonnât, par désœuvrement et par habitude , à tous les emportemens d'une passion qui a le mérite d'étouffer toutes les autres, du moins pendant le temps qu'on emploie à la satisfaire. Les cartes et les dés servaient d'aliment à son imagination de feu qui se dévorait elle-même , et à laquelle l'âge, les infirmités, la connaissance du monde et les chagrins d'une vie agitée n'avaient rien ôté de sa première ardeur.
Le baron , chargé de cinquante-trois ans , de dix blessures et d'autant de rhumatismes, n'avait pas voulu ajouter à ce fardeau le poids d'une femme et d'un ménage. Vainement on lui offrait tous les jours nouveaux partis de toutes sortes , femmes jeunes , vieilles , riches ,
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pauvres, bellos , laitles, brunes, hloiulos, il répondait en soupirant, à clia(jiic pi()|>osilion (le cette esjxîce, (pi'il était trop vieux, après avoir réjiondu lonj^-lemps qu'ilélait trop jeune pour prendre l'air du mariage.
Ce fut donc afin d'échapper à renniii ducclibal et à la solitude morose de son loyer domesti<|uc (pi'il se lit pour la vieillesse un goût dnniinanl, prêt à remplacer les alVcclions intimes et les plaisirs de sentiment.
Comme il aNait vécu dans les camps en brave mousiphlaiiL' cpi'il était, il ne se souciait pas de clianger d'état tl d'essayer des mœurs casanières et rangées du mariage; il ne se sentait pas la vertu de régulai iser sa conduite , d'économiser ses revenus, de dormir la nuit et de \eiller le joui .
Il eonservail les mœurs débraillées des roués de la cour et les manières im|)ertinentes des ofiiciers de l'ortunc : il tenait télé aux meill( iirs com|>agnons de table et de débauche^ il aimait, jouait, buvait, jurait aNcc une iiifali-