LE LENDEMAIN DE LA CASSETTE
gable activité , mais en même temps avec une imperturbable tristesse : on devinait à des signes certains qu'il ne se jetait dans ces orgies, que pour s'étourdir et pour tâcher d'y laisser des souvenirs amers et déchiransavec lesquels il luttait, en dépit des victoires momentanées qu'il remportait sur eux.
Une pareille vie , un pareil caractère sem • blaient peu faits pour être accessibles aux impressions et soumis aux devoirs de l'amitié; néanmoins le baron de Ramoine avait , pour une seule personne , l'amitié la mieux éprouvée et la plus délicate , amitié si pleine et si profonde, que la comtesse de Chatay, qui en était l'objet, la faisait partager à sa fdle et à son mari, sans la diminuer en rien.
Cette amitié , dont l'origine ancienne remontait au beau temps des galanteries du mousquetaire, se juslilîait et s'expliquait presque par l'attachement du vieux comte de Chatay pour le baron de Ramoine, quoique celui-ci
LK, LE.NDEMAI.N Dt LA BASSETTt. 31
n'y répondit pas avec la ineuie chaleur oi la même confiance.
Ln tous cas, le baron, afQigé île goullc cl de catarrhes , fruits de ses campagnes, était devenu inca[>al)lodecoiupruiHotlre les femmes, surtout la coiiitess<î deCliatiiy, qui vivait loit retirée dansia pralique d une sévère dévotion, sous les auspices de Tabbé Costis, sou directeur spirituel.
— Au diantre soit le maudit tailleur (\m ne tourne (|uc des rois! s'écria en dormant le baron do Hamoinc, qui rêvait aux mauvaises clianc<'s«kî la bas<vOtle, el<|ui ne s'éveillait qu'à demi au bruit (pie son valet de chambre avait fait à la porte. HoU! messieurs les co(|uins, je vous apprendrai commo quoi le iia&ard est honnête!
— M. le l>aron! criait à haute voix le valet, qui avait ronqiula consigne en jK'iurirant dans l apparleiiicnt «h» son inailro, avant d'y être ap|»uU- |iQir la sonuetto.