PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XI
celui de Paris et celui de Bordeaux qui, réunis, donnent l’éducation à 260 élèves.
Un professeur de l’Institut national de Paris, s’exprime ainsi dans un ouvrage sur les droits du sourdmuet à l’assistance publique (1). « La Convention nationale qui avait fondé les écoles de Paris et de Bordeaux, avait décrété que tous les sourds-muets seraient élevés aux frais de la nation. Ces nobles et belles paroles sont restées sans effet chez nous, tandis que chez des nations voisines on les a prises au sérieux et mises en pratique. La Belgique, la Hollande, le Danemark, les États-Unis d’Amérique et bien d’autres nations ont cru qu’il ne suffisait pas de plaindre les sourds-muets, mais qu’il fallait les secourir... Chez nous on les perd de vue quand ils sortent des écoles, et il nous arrive parfois de les rencontrer dans les rues couverts des haillons de la misère. »
La Société générale d’assistance et de prévoyance, la première qui ait été fondée à Paris en faveur des sourdsmuets de France, commence déjà à s’organiser, à notre exemple, dans les départements.
Espérons que cette Société, qui recueille déjà sa récompense dans un succès dont elle pourrait se glorifier, trouvera dans toutes les grandes villes des amis de l’humanité qui tenteront de propager l’œuvre de véritable
(1) Des droits du sourd-muet à l’assistance publique, par M. Puybonnieux, avocat à la Cour d’appel, professeur et bibliothécaire-archiviste à l’Institution nationale des Sourds-Muets de Paris, 1849.
émancipation et de régénération des sourds-muets dont
ei!e a le bonheur d’avoir pris l’initiative.
Seule, en effet, quand de toutes parts on n’en était encore qu’aux préludes de la théorie, elle se lançait résolument dans les voies de la pratique, cédant avec joie à l’invitation des sourds-muets eux-mêmes, qui, en nous remerciant, dans un banquet anniversaire de la naissance de l’abbé de l’Epée, de nos soins, de notre dévouement et de l’assistance médicale que nous avions organisée pour eux depuis plusieurs années, la suppliaient d’accourir plus efficacement aux secours de leurs frères déshérités. D’autres âmes bienfaisantes, plus lard, ont suivi cet élan ; honneur à elles aussi ! Mais notre société est la première qui ait planté son drapeau sur ce terrain. Elle tient seulement à prendre date de ce fait et à en constater la prior ié.
Elle est organisée de la manière la plus régulière. L’assistance religieuse , pédagogique, judiciaire , médicale et pharmaceutique, s’étend actuellement à tous ceux qui en ont besoin.
Des cours pour les adultes ont lieu le soir, à l’heure où cesse le travail 5 ils sont divisés en deux branches :
1° Cours élémentaires pour les sourds-muets illettrés ;
2° Cours complémentaires pour ceux qui ont déjà reçu un commencement d’instruction.
Notre cours d’instruction élémentaire pour les adultes est appelé à rendre de grands services ; car il est constaté que plus de la moitié des sourds-muets en France manquent d’instruction, et par cela même sont privés d’une partie de leurs droits civils. Ce cours est confié