RLM1ÈRE PARTIE. —CHAPITRE XI
à M. Imbert, ancien professeur à l'Institut des sourdsmuets de Lyon.
Les cours d’instruction complémentaire sont professés : 1° droit usuel, par M. Puybonnieux, avocat et professeur à l’Institut national de Paris; 2° Histoire, par M. Pélissier, professeur à l’Institut national de Paris; 3" Philosophie, par M. Houdin, anciennement attaché à l’Institut national de Bordeaux; A° hygiène usuelle, par le D r Blanchet, chirurgien de l’Institut national des sourdsmuets de Paris.
La société s’est occupée également de l’éducation primaire des nombreux enfants éloignés de nos écoles, soit par leur âge trop tendre ou trop avancé, soit par le manque de places vacantes dans les établissements spéciaux. Des externats annexés à des institutions de parlants nous ont paru le moyen le plus simple de leur offrir un enseignement approprié à leurs besoins. La mission que le gouvernement nous a confiée en Allemagne, nous a fourni la preuve évidente que, pour arriver à donner la parole au plus grand nombre de ces infortunés, il ne s’agit pas de les séparer jour et nuit de leurs frères les parlants, de les parquer, pour ainsi dire, ensemble à l’écart, moyen infaillible de rendre de plus en plus leur infirmité incu-' rable, mais de les mettre en rapport continuel avec des condisciples doués de tous leurs sens et de les acclimater ainsi peu à peu dans une atmosphère parlante qui deviendra la leur.
Ce projet, nous avons commencé à le mettre à exécution sur divers points de la capitale, en annexant, à des écoles primaires de parlants, des externats de sourdsrauets qui se développeront avec le nombre des élèves et
les ressources de la société. Dans ces nouveaux établissements, non-seulement l’éducation la plus libérale sera répartie entre tous les enfants sans exception, quelle que soit la position de leur famille dans la société, mais nous croyons qu’en y ajoutant des soins médicaux en rap port avec l’altération organique et fonctionnelle qui est la cause de leur infirmité, nous arriverons à faire pour eux tout ce que la religion et l’humanité commandent.
M.Puybonnieuxdans l’ouvrage que nous avons cité,continue: «en France, non-seulement, dit-il, on ne fait rien pour leur donner l’éducation et pour les guérir, mais lorsque par une insigne faveur quelques-uns d’entre eux sont admis dans nos écoles, l’éducation qu’ils y reçoivent est loin d’être ce qu’elle pourrait et ce qu’elle devrait être, non pas faute de bon vouloir assurément, mais faute d’ordre dans le travail et par une indifférence qui ne fait chaque jour que s’accroître. »
Puis il passe en revue le mode d’administration de nos écoles, et arrive à démontrer que pour donner l’éducation à tous les sourds-muets qui en sont aujourd’hui privés il suffirait d’une dépense d’environ 500,000 fr. dont la moitié serait supportée par les départements. Il resterait donc seulement 250,000 fr. à la charge de l’État; chaque département aurait par cette combinaison un peu moins de 3,000 fr. à supporter. Dix écoles placées convenablement et choisies parmi les meilleures de celles qui existent aujourd’hui recevraient tous les sourds-muets qui se trouvent en France.
Cette combinaison, d’ailleurs, en partie conforme à la demande que nous avons adressée à l’Assemblée nationale, est d’autant plus applicable que ce professeur reconnaît