CONRAD AMMAN. — LE PASTEUR ARNOLDI. — HE1NICKE
La parole. — Expérience de Fsammetlqne, roi d’Egypte.— Opinions de Pline, JambUqne, Dlodore de Sicile, Warbnrton, Vico, Michelet, etc.
Le don le plus précieux que l’homme ait reçu du Créateur, avec l’intelligence et la vie, c’est la parole, destinée à être l’expression de ses pensées et de ses sentiments.
C’est par nature, par imitation, par analogie (1) que, dans notre enfance, nous entrons graduellement en possession de la parole:
Un être qui, au sein de la civilisation ne communiquerait point avec ses pareils, ressemblerait à la brute, douée de la voix, mais privée de la parole, par la raison que la parole est un art d’imitation qui ne s’acquiert naturellement que par l’oreille et dans la société des hommes parlants. Si aucune voix humaine ne se faisait entendre autour du berceau de l’enfant, dit feu le docteur Itard, ancien médecin en chef de l’institution nationale des sourds-muets de Paris, l’enfant ne parlerait point, ou ferait entendre seulement le cri de quelque animal qui aurait frappé ses oreilles.
Une pareille expérience a été tentée, si l’on peut ajouter foi au récit d’Hérodote : cet historien raconte, au commencement du livre d’Euterpe, que Psammétique, roi d’Egypte, fit enfermer, dans une maison écartée et inhabitée, deux enfants nouveau-nés, et chargea un berger du soin do les faire allaiter par une chèvre, avec défense expresse de leur adresser aucune parole. Au bout de deux ans, cesi enfants firent entendre le mot bec; et, chaque fois que le berger venait ouvrir la porte, ils accouraient à sa rencontre en criant bcc! bec! répétition assez exacte du cri de l’animal bêlant dont ils avaient sucé le lait.
Toutefois, ce ne fut pas la conséquence qu’au rapport d’Hérodote , ou tira de ce résultat : comme l’expérience avait été entreprise dans le dessein de s’assurer, d’après les premiers sons articulés par ces deux enfants, quel était le lan-
(4) Gatien Arnould , programme d’i page 446.
complet de philosophie,