‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 16 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I

nos enfants, par les moyens qu’offre la nature, l’usage de la parole, la faculté ne lui en est pas toutefois absolument interdite.

Quoiqu’on le considère ordinairement comme réellement sourd, au point de ne percevoir par l’audition aucun son , aucun bruit, quelque perçant, quelque fort qu’il soit, il peut néanmoins apprendre à parler, plus ou moins parfaitement, et dans certaines limites.

Pourquoi pas : sourd et muet t

Lâ parole du sourd, fruit d’études et d’efforts arides, résultat artificiel de contrainte et même de violence, ne constitue jamais qu’une acquisition d’emprunt. Elle n’est que l’accident, l’anomalie de sa constitution, et non la conséquence libre du jeu naturel de ses organes, ainsi que le prétendent les adversairesde l’opinion trop universellement admise de nos jours, lesquels affectent d’écrire sourd et muet, etfontdu mutisme un fait isolé, indépendant, anormal, n’atteignant, d’après eux, le sourd que par suite des stupides préjugés de l’ignorance, ou de l’indifférence obstinée des mères et des instituteurs.

Cas où le mutisme est Indépendant de la surdité.

On cite plus d’un cas où le mutisme s’est révélé toutà-fait indépendant de la surdité ; nous en donnerons plus loin des exemples. On a vu des muets entendant parfaitement ; mais il faut attribuer ces cas exceptionnels, ou à un vice, soit congénial, soit accidentel de l’appareil vocal, ou à une affection pathologique qui vient paralyser directement leurs facultés, ou à une cause morale dont ils sont in-

directement atteints, tels que l’imbécillité, l'idiotisme.

Quoi qu’il en soit, aucun de ces Cas exceptionnels ne porte atteinte à la grande loi physiologique qui subordonné l’ibëtrumènt de la parole à l’instrument de l'audition, le mutisme à là surdité; et les sourds-muets n’en restent pas moins

SOURDS-MUETS fit non SOURDS ET MUETS.

Où 11 est démontré que l’an est souvent ane snlte Indirecte de l’antre.

Sans doute, à ne considérer que les fâits en eux-mêmes , on pourrait contester parfois, à la rigueur, la justesse complète de cette dénomination de sourds-muets, appliquée indifféremment à tous ceux pour qui s’ouvrent nos établissements philantropiques. Le mutisme, en effet, suppose nécessairement l’incapacité de produire des sons et de les articuler, que cette incapacité provienne, soit d’une cause morale quelconque, soit de l’absence de quelqu’un des organes vocaux, soit de quelque défaut de conformation dans cette partie du corps humain; or l’enfant sourd-muet naît souvent avéc des organes aussi parfaits, aussi sains, en apparence, du moins, que ceux de l’enfant qui entend et qui parle. Si l’on ne voit jamais la langue du premier en mouvement, c’est faute d’exercice, d’instruction, et surtout faute du sens excitateur, l’ouïe. Supposons un enfant dont les jambes auraient été condamnées, dès le berceau, à rester oisives, pendant un plus ou moins long espace de temps ! Que cet enfant essaie tout-à-coup de marcher; au premier pas, il tombera, mais il n’en sera pas plus incapable de marcher pour cela. 11 faut en conclure seulement qu’il n’est pas rompu à cet exercice. La position de bien des sourds-muets est identique avec celle de cet enfant. Sans l’ouïe, ce cicerone de

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