I.’abb* Sleard.—Son auditoire.— Influence de son éloqnonee
— Comment U a popularise renseignement.
Successeur de l’abbé de l’Épée, Sicard acquit par son génie une réputation universelle. Au jugement de tous, s’il avait l’esprit moins observateur, moins juste que son illustre prédécesseur, il l’avait plus ingénieux, plus riche, plus flexible. L’un avait semé, l’autre récolta. L’abbé Sicard était l’homme qu’il fallait pour propager une découverte nouvelle et merveilleuse ; la nature l’avait pourvu, à cette intention, de facultés vives et brillantes. Il semblait être né plutôt pour briller sur un vaste théâtre, que pour vivre confiné dans l’obscurité d’une classe. C’eût été bien là sa place , sa puissance, son triomphe, sa vie. Ses fréquents exercices publics attifèrent une foule toujours croissante de spectateurs, dont lui-méine avait à fendre les flots pressés pour arriver jusuq’au piédestal, du- haut duquel il a, pendant vingt ans, rendu ses oracles. On pouvait aisément apprécier son auditoire par le nombre de brillants équipages qui encombraient toutes les avenues de l’institution. Chaque auditeur s’empressait de lui témoigner son admiration par de vifs applaudissements; et la renommée portait son nom et ses travaux sur tous les points du globe. C’était plus que de l’enthousiasme, c’était une sorte de culte, de fanatisme. Avec quelle religieuse avidité ne recueillait-on pas les moindres paroles qui tombaient des lèvresde cet heureux orateur, paroles si douces surtout à l’oreille des femmes ! Quelle in