DIALOGUE
« Quelle fable apprenez-vous aujourd’hui? »
— « C’est la fable de la montagne en travail? »
— « Que faisait la montagne en travail ? »
— « Elle ressentait les douleurs de l’enfantement et » poussait d’horribles mugissements. *
— « Quand on entendit ses cris, que fit-on ? »
— « On accourut de toutes parts. »
— « Pourquoi ? »
— « Pour voir le monstre qu’on croyait qu’elle allait » produire. »
1i6 EXPOSÉ HISTORIQUE.
« Futj-on bien étonné à la vue de la souris? »
— « Oui, on le fut grandement. »
— « Pourriez-vous faire une autre fable semblable à « celle-ci? »
— t Oui, volontiers, la voici : Un jour, un homme criait de toutes ses forces : « Venez voir la plus belle mer- » v.eille du monde! » A ces cris, on accourut, de toutes parts, pour voir ce que cet homme 'annonçait de merveilleux. Chacun croyait qu’il allait montrer une chose vraiment curieuse. Mais quel fut l’étonnement de tous les spectateurs, quand, après avoir réuni une foule innombrable autour de lui, il montra (qui l’eut jamais pensé?) un singe très-commun?»
— « C’est très-bien, mon cher ami. Qui vous a enseigné cette fable?»
— « Je l’ai composée moi-même. »
— « Votre professeur vous fait donc faire des fables? »
— « Oui, pour m’exercer à la composition. »
La géographie et l’histoire naturelle ont encore inspiré à l’habile instituteur de Toulouse de nouveaux cahiers, non moins féconds, pour activer et compléter l’instruction de ses élèves. Dans chaque leçon sont consignées les difficultés les plus saillantes de la langue et les tournures de phrases les moins accessibles à l’intelligence du sourdmuet. En tête de chaque exercice de ces cahiers, on trouve un tableau à colonnes, semblable à un canevas, où quelques sujets sont exposés. L’instituteur brode lui-même le premier sujet, de quatre à cinq manières différentes, et l’élève doit en faire autant pour les sujets suivants, ainsi que nous l’avons vu dans la fable de la Rose et les Fleurs. Comme ici les citations sont les plus beaux éloges, faisons