‹ La surdi-mutitéChapitre 103 sur 181 · RENSEIGNEMENTS SUR LES PARENTS ET SUR L’ENFANT · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS SUR LES PARENTS ET SUR L’ENFANT

1” Noms et prénoms | la^mèjeî

2° Quel était l’âge du père et de la mère au moment de la naissance de l’enfant?

3“ Profession des parents avant la naisance, au moment, et après?

4” Demeure des parents avant la naissance, au moment, après et maintenant? Dans une vallée, sur une montagne, près d’un marais , d’un fleuve, de la mer, etc. ?

5° L’enfant était-il sourd en naissant, ou l’est-il devenu après sa naissance ?

6" Dans le premier cas, quelles circonstances ont précédé, accompagné ou suivi sa naissance? La mère, pendant sa grossesse, a-t-elle éprouvé quelque accident ou remarqué quelque particularité?

7“ Maladies auxquelles l’enfant a été sujet depuis sa naissance?

(l)'Voir au vol. de la partie médicale notre division des sourds-muets en deux catégories : ceux qui ne perçoivent tes ondes sonores que par les nerfs sensitifs , et ceux qui les perçoivent par le nerf auditif ; cette dernière se subdivise en ceux qui entendent des ondes sonores de S12 vibrations, et ceux qui en entendent de 1,000, 1,300 et au-dessus, etc.

8° Ces maladies ont-elles occasionne la perte de l'ouïe ou quelqu’autre infirmité?

9° L’infirmité dont était atteint le sujet est-elle antérieure ou postérieure à la surdité ou à la surdi-mutité?

10” Dans le cas où l’enfant est devenu sourd après sa naissance, la mutité a-t-elle suivi de près la surdité, ou est-elle venue en même temps?

11® Combien y a-t-il d’enfants dans la même famille, et, parmi ces enfants, combien y en a-t-il de sourds-muets , d’idiots, d’aliénés, de paralysés, ou d’atteints d’une affection du système nerveux?

12° Le père et la mère sont-ils sourds-muets, ou ont-ils quelqu’autre infirmité, aliénation, paralysie, etc. ? — Y a-t-il eu des ascendants atteints de surdi-mutité ou d’une des autres maladies mentionnées ?

13° Dans la même localité, ou dans les environs, y a-t-il des enfants sourds-muets, crétins, idiots, etc.?

14° Pourrait-on attribuer la surdi-mutité de l’enfant à un degré de parenté qui aurait existé entre le père et la mère avant leur mariage?

15” L’endroit où demeuraient les parents avant ou au moment de la naissance de l’enfant, paraît-il avoir eu quelqu’influence sur sa surdi-mutité?

16” L’enfant a-t-il eu quelqu’instruction ?

Nota. Dans la série de questions relative aux renseignements que l’élève

doit apporter en entrant à l’institution se trouvent aussi les suivantes :*■'

 quel état ses parents le destinent-ils?

Les ateliers établis pour les garçons sont ceux de cordonniers, tailleurs,

menuisiers, tourneurs, lithographes, etc.

Les filles sont exercées à tous les ouvrages d’aiguille.

(JüATRIÈME PARTIE.- CILU’ITKE V.

Projet d’éducation adressé par nous en 1849 à M. le Préfet de la Seine.

Monsieur le Préfet,

J’ai l’honneur de vous adresser un projet de réformes concernant l’éducation des sourds-muets de votre département.

Dans une autre circonstance, j’avais sollicité de votre bienveillante sympathie l’admission dans l’Institution nationale de Paris de tous les sourds-muets de la Seine qui sont en âge d’y recevoir l’éducation.

Depuis cette demande, vous avez bien voulu étendre à un plus grand nombre le bienfait de cet enseignement spécial et augmenter celui des bourses en faveur des sourdsmuets qui, de l’âge de iO à 15 ans au plus , sont admis dans cet établissement.

Mais votre sollicitude éclairée en faveur de ces malheureux, ne saurait s’arrêter à ce premier pas fait dans la voie des améliorations. Permettez-moi d’espérer, que, chez nous, comme en Belgique et en Danemark, etc., l’époque n’est pas éloignée où l’éducation sera décrétée accessible et obligatoire a tous les sourds-muets du département de la Seine.

Cette mesure exercerait une influence salutaire sur les autres départements, qui ne tarderaient pas à suivre voire exemple. A vous, monsieur le préfet, reviendrait l’honneur de l’initiative des mesures qui seraient prises pour doter tous les sourds-muets de France du bienfait de l’éducation publique.

Combien, en effet, n’est-il pas regrettable devoir, sur les 22,000 sourds-muets que renferme notre pays, le tiers

à peine de ceux qui sont aptes à cet enseignement, y par-, liciper ! Combien aussi les règles auxquelles est astreinte leur admission dans les écoles, sont peu logiques, peu humaines !

Est-il juste de voir le malheureux sourd-muet, âgé de 15 ans, privé, à tout jamais, d’instruction, parce que ses parents ont méconnu une loi que souvent ils n’ont pu lire faute d’une éducation qui leur a été refusée à euxmêmes, ou pour avoir oublié de s’y soumettrefNe serait-ce pas le contraire qui devrait exister a son égard? L’enseignement ne devrait-il pas lui être toujours accessible et obligatoire ?

Dès l’âge le plus tendre, à 4 ou 5 ans, à défaut de place dans les institutions spéciales, les salles d’asile et les écoles primaires ne devraient-elles pas leur être , au moins , ouvertes? Comment expliquer cette rigueur que vous ignorez, sans doute, monsieur le préfet, et qui les repousse sans pitié des asiles et des écoles de parlants, où il serait si facile de leur faire commencer leur éducation, tandis qu’aujourd’hui, leurs pauvres mères, sans ressouces, déjà cruellement frappées par la naissance d’un enfant atteint de cette infirmité, se voient, pour surcroil d’infortune, obligées de le garder auprès d’elles? Cette nécessité les empêche'de vaquer au dehors à des travaux qui pourvoiraient à leurs premiers besoins et les enlèveraient à la misère, souvent même à la mendicité, ou au vagabondage. Il n’est pas rare même de voir aujourd’hui des parents trafiquer de l’infirmité de leurs enfants pour implorer la charité publique.

Depuis deux ans, sans doute, la bienfaisance s’esteffbrcée

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