QUATRIÈME PARTIE -CHAPITRE VI. 3T
temps le plus court, à moins de raison de santé on d’affaires de famille très pressées, auquel cas il devra être muni de l’autorisai ion écrite du directeur ou de l’agent général.
Art. 30. Les pensionnaires ne peuvent sortir de l’institution qu’une fois par mois, avec la permission du directeur ou de l’agent général, et sur la demande de leurs père et mère ou de leur correspondant résidant à Paris. Ces sorties ne pourront avoir lieu que le jeudi ouïe dimanche après vêpres.
Art. 31. Les promenades extérieures continueront à avoir lieu le dimanche, mais seulement après que les élèves auront assisté aux vêpres qui se disent dans l’institution. Ils y seront toujours accompagnés de deux surveillants.
Art. 32. L’entrée de l’institution est absolument interdite aux anciens élèves.
Art. 33. Les dispositions des anciens règlements et délibérations non comprises au présent arrêté , mais qui n’ont pas été abrogées par des règlements ou délibérations postérieurs, continueront à recevoir leur exécution en tout ce qui n’est pas contraire audit arrêté , lequel sera intercalé dans le règlement général.
Le présent arrêté sera imprimé et donné par extrait à tous ceux qu’il concerne. L’agent général est chargé de son exécution.
Pa is, ce IS juillet 1820
Approuvé par l’Administration,
Le duc de DoüDE.iüviLLE, l’abbé Sicard , le vicomte de Mostmorexcy, b. de Gékasco.
S 21. Sourds-muets : Prospectus de rinstiluüon de Paris. (21 novembre 1825.)
Le ministre de l’intériedr (comte Corbière) aux préfets.
Un nouveau prospectus qui vient d’être publié par les administrateurs de l’Institution royale des Sourds-Muets de Paris, fait connaître les avantages que présente l’institution royale pour l’éducation des sourds-muets ; il indique le prix de ta pen. sio'n et les conditions d’admission déterminées par les règlements.
Il est à désirer que ces renseignements parviennent à la connaissance de tous les pères de famille aisés, qui ont le malheur d’avoir des enfants sourds-muets.
Le prix de la pension est de 800 francs pour les élèves qui sont aux frais de leurs parents; mais il reste toujours fixé à. 500 francs pour les sourds-muets dont l’entretien est payé sur les fonds votés spécialement pour cet objet par les conseils généraux des départements.
D’après une disposition que j’ai récemment adoptée, les pensionnaires ne pourront entrer dans l’établissement que du 15 octobre au 15 novembre: cette règle sera obligatoire à compter de la prochaine année scolaire.
§ 22. Institution des sourds-muets. (27 septembre 1827.)
Le ministre de l’intérieur (comte Corbière) aux préfets.
En leur envoyant l’instruction que l’administration de l’Institution royale de Paris a fait rédiger pour les parents des sourds-muets.
La situation malheureuse des sourds-muets de naissance a depuis longtemps excité toute la sollicitude de l’administration : des écoles ont été formées dans plusieurs parties du royaume
pour procurer à ces infortunés le bienfait de l’instruction ; mais l’insuffisance des ressources ne permet pas d’admettre dans ces établissements tous les sourds-muets qui appartiennent à des familles indigentes.
Il y a donc nécessairement un nombre considérable de sourds-muets qui ne sont point appelés à participer aux avantages d’une instruction spécialement appropriée au genre d’infirmité dont ils sont atteints. D’un autre côté, ceux-là même qui pourront un jour être admis dans les écoles publiques ou particulières, ont aussi besoin, tant qu’ils sont encore au sein de leurs familles, d’une sorte de préparation, d’une éducation domestique qui peut avoir la plus grande influence sur leur caractère moral et sur leurs progrès futurs.
Pour remplir ce double objet, pour indiquer aux parents qui ont des enfants sourds-muets, les principes, les soins particuculiers qui doivent diriger leur conduite envers ces malheureux enfants, l’administration de l’Institution royale des Sourds- Muets de Paris a fait rédiger une instruction où l’on a réuni les conseils que la religion, la raison et une longue expérience ont suggérés à cet égard. J’ai fait imprimer cette instruction et je vous l’envoie.
Je vous prie de prendre les mesures nécessaires pour que cette instruction parvienne à toutes les familles de votre département qui ont des enfants sourds-muets. Vous voudrez bien aussi recommander aux maires des communes où résident ces familles, d’user de toute l’influence que peut leur donner une autorité paternelle, pour suppléer, autant que possible, aux soins et à la surveillance des parents qui , par défaut de lumière ou par tout autre motif, seront hors d’état de profiter des conseils conlemis dans cette instruction.
S 23. lustruction pour ies parents de sourds-muets , sur la manière de préparer leurs enfants à l’éducation qu’ils doivent recevoir à l’Institution royale.
Les parents qui ont des enfants sourds-muets, peuvent euxmêmes commencer l’éducation de ces enfants avec fruit, comme sans beaucoup de peine ; et du moment où ils le peuvent, ils le doivent.
Par là , en même temps qu’ils rempliront une obligation sacrée, qui leur est imposée par la Providence , ils prépareront ces enfants à recueillir un bien plus grand avantage de l’instruction donnée dans l’Institution royale, et à y faire des progrès bien plus rapides.
Mais, comme cette première éducation diffère à beaucoup d’égards de celle qui est donnée aux enfants ordinaires; comme d’ailleurs celle-ci même est le plus souvent abandonnée presque au hasard, et qu’on ne réfléchit guère à la manière de la régler, l’administration de l’Institution royale espère rendre un service aux parents de sourds-muets en leur donnant, quelques directions sur le genre particulier de soins qu’ils doivent s’attacher à donner à ceux-ci , dès la première enfance.
Tous les malheurs du sourd-muet, tous les désavantages de sa situation, tous les obstacles qui s’opposent à son développement intellectuel et moral, proviennent de l’isolement auquel son infirmité le condamne , et c’est surtout dans la première enfance, à laquelle des comunications assidues sont si nécessaires , que ces fâcheuses conséquences se font le plus vivement sentir. Si donc , se laissant décourager, refroidir, rebuter par son infirmité, par les suites qu’elle entraîne, par les difficultés qu’elle oppose aux rapports avec lui , par les formes disgracieuses qu’elle peut lui donner, on l’abandonne, on le
repousse même, comme il n’arrive que Irop souvent; ou si, se confiant dans l’éducation qu’il est destiné à obtenir dans les mains de ses maîtres, on néglige de lui donner des soins , on aggravera chaque jour encore sa condition, déjà si malheureuse ; on retardera de plus en plus le succès de l’éducation qu’il doit recevoir. Delà sorte, non-seulement ou perdra un temps très précieux, mais le sourd-muet contractera aussi de nombreux défauts, des habitudes vicieuses, dont il aura ensuite la plus grande peine à triompher, et qui paralyseront fréquemment les efforts des instituteurs.
Les parents des sourds-muets et les personnes qui les entourent, doivent donc faire tout ce qui dépend d’eux pour suppléer de très bonne heure, avec ces enfants infortunés, mais si intéressants, aux moyens ordinaires de la communication ; et plus les ressources qui restent pour communiquer avec eux sont rares et difficiles , plus on doit redoubler d’efforts pour en faire usage.
On s’étudiera donc, avant tout, à bien observer ce qu ils éprouvent , à pénétrer dans leur pensée ; on lira sur leur visage l’impression qu’ils reçoivent ; on s’attachera à saisir et à répéter après eux les signes et les diverses espèces de g -stes qu ils inventent naturellement d’eux-mêmes pour exprimer leurs idées ; on les encouragera à en multiplier le nombre; on ne se lassera point à porter l’attention à tout ce qu’ils veulent faire comprendre , et <à répéter les essais pour en être compris ; on satisfera à leurs questions avec une patience infatigable. Si, au contraire , on a le tort de les rebuter, s’ils peuvent craindre qu’on les dédaigne, on peut leur faire un mal irréparable. Nonseulement on devra toujours les écouter, leur répondre, mais on devra aller au devant d’eux, pour provoquer leurs ques-
lions; on cherchera à exciter leur curiosité; on leur fournira sans cesse de nouvelles occasions d’ohserver, pour fournir aussi de nouveaux sujets aux entretiens.
On les accoutumera à voir, à remarquer avec attention , à composer avec ordre, à saisir surtout l’utilité de chaque chose, à faire naître ainsi chez eux un fond d’idées usuelles qui , se développant graduellement, quoique n’ embrassant que des objets familiers , fourniront une matière abondante et intéressante pour les rapports que l’on aura avec eux , et leur donneront le besoin dé recourir aux personnes qui les entourent , en leur faisant pressentir d’avance les avantages de l’instruction.
Les enfants sourds-muets ont ordinairement beaucoup de peine à se captiver ; c’est donc à fixer leur attention , qu’on doit avant tout s’attacher.
Ce qu’il y a de plus essentiel ensuite, c’est de donner de bonne heure aux enfants sourds-muets des habitudes d’ordre en toute chose ; comme ils sont peu capables de réfléchir et de se maîtriser eux-mêmes, ils cèdent à toutes les impressions, se négligent eux-mêmes et se livrent en quelque sorte au hasard des circonstances qui agissent sur eux.
Il faudra donc les exercer à se fixer, à s’appliquer, à procéder avec méthode , avec suite , à se défendre de la confusion , à ne pas passer trop rapidement d’un objet à un autre. L’apprentissage de quelque occupation régulière leur sera fort utile sous ce rapport ; le travail leur enseignera à avoir un but , une règle , un frein , à agir d’une manière déterminée ; il conviendra de choisir un genre de travail qui , sans être trop monotone , ce qui dégoûterait ces enfants , conserve cependant dans la société un certain caractère d’uniformité et de fixité.
Dans les mêmes vues , on accoutumera les enfants sonrdsiHuels à l’arrangement dans les objets qui sont à leur disposition ; on veillera à ce qu’ils prennent l’habitude de la propreté, des soins extérieurs et d’un maintien convenable.
On ne peut trop recommander aux personnes qui entourent les enfants sourds-muets, de s’attacher de bonne heure à faire naître les alfections bienveillantes dans ces jeunes cœurs.
Ils y sont beaucoup plus sensibles qu’on ne serait porté à lecroire, et il faut bien se défendre des injustes préventions que des observations superficielles ont malheureusement répandues et accréditées à cet égard.
Or, la meilleure et la plus sûre manière de faire naître et de développer les affections bienveillantes chez le sourd-muet , c’est d’en éprouver pour lui, de les lui fairfe sentir, connaître et goûter.
Le sourd-muet a une merveilleuse perspicacité pour lire sur le visage des autres hommes, pour décon\Tir les pensées dont il est l’objet ; il voit très bien s’il est aimé, si l’on entre dans ses intérêts, si l’on partage ses peines, si l’on s’occupe de ses besoins ; quoique peut-être, dans les commencements, il en témoigne peu de reconnaissance, il ne faut point se laisser refroidir par son apparente indifférence.
En lui montrant constamment une bienveillance sincère, on obtiendra sa confiance, on obtiendra avec le temps un juste retour; c’est une observation générale, que les sourds-muels sont fort attachés à leurs parents ; les affections qu’ils éprouvent, semblent acquérir plus de force en se concentrant.
Naturellement peinés de leur infirmité, humiliés de l’infériorité à laquelle ils sont condamnés par elle, relativement aux autres hommes , les sourds-muels sont un peu suscepti!)les à
J-égard de ce qui la leur rappelle el la leur fait sentir; il faut donc observer, sous ce rapport, vis-à-vis d’eux, les plus grands ménagements, leur montrer beaucoup d’égards et éviter îout ce qui pourrait les blesser. Ils sont fort sensibles aux témoignages d’estime. On se plaira donc à les encourager, à leur faire apercevoir qu’ils sont aussi capables de s’instruire , et qu’ils peuvent être admis dans la société.
On sera, à leur égard, très sobre de punitions, car, la plupart du temps, ils n’en aperçoivent pas les motifs; ils s’en irriteraient donc, ils seraient intimidés, blessés et non corrigés.
Les punitions ne doivent guère consister qu’en petites privations qu'on leur imposera , pour leur faire sentir qu’ils tiennent tout des autres, et qu’ils n’ont pas mérité de recevoir des services qui leur sontsi nécessaires Ils comprendront mieux les récompenses, quand ils ont bien fait ; ils ont d’ailleurs plus be soin d’être guidés que d’être réprimés ; car leur tort, ou plutôt leur malheur, consiste essentiellement dans leur ignorance.
On’aura soin encore d’éviter avec ces enfants toute humeur et toute brusquerie, de leur montrer toujours de l’indulgence, de l’égalité , de la sérénité, de la gaîté même; surtout on observera strictement avec eux une impartiale justice. Les sentiments de justice sont si naturellement gravés dans le cœur des hommes, que les sourds-muets, comme les autres enfants, en sont vivement affectés.
En respectant scrupuleusement la justice à leur égard, on saisira aussi toutes les occasions pour leur apprendre à la respecter vis-à-vis des autres.
Il serait bon que les parenl.s qui envoient leurs enf.mts à rinstilulion royale, adressassent en même temps une note ex-
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plicalive , propre à faire connaîlre le caractère et les dispositions particulières de ces enfants.
§ 24. Instruction pour ies parents des sourds-moets, auxquelson rend leurs enfants, après que leur éducation a été achevée à l’Institution royale.
Pendant le séjour que les enfants sourds-muets font à l'Institution royale, on ne néglige rien pour les faire jouir des bienfaits d’une bonne éducation , mais les fruits de ces soins seraient bientôt dissipés , si les parents auxquels ces enfants sont rendus, ne s’appliquaient à conserver cet ouvrage, et à le continuer encore avec toute l’attention dont ils sont capables.
Car il ne faut pas croire que des enfants sonrds-muets, en sortant de l’établissement où ils ont été élevés , puissent être abandonnés entièrement à eux-mêmes, ni qu’il suffise de les traiter comme les autres sujets de leur âge, dont l’éducation est achevée.
On croit donc nécessaire de donner ici aux parents quelques indications simples et abrégées, qui puissent les diriger dans les soins que réclament encore ces intéressants élèves : on ne peut trop leur recommander de s’en pénétrer et d’y rester fidèles.
Les élèves de l’Institution royale ont été mis en état de lire couramment en comprenant bien tous les sujets de lecture faciles et familiers; ils ont été mis en état de rendre compte par écrit de leurs actions , des objets qui les frappent , de leurs impressions et de leurs réflexions les plus simples; mais il faut les entretenir assiduement dans ces deux genres d’exercices, sans quoi ils perdraient bientôt dans l’un et dans l’autre l’aptitude qu’ils ont acquise; il faut aussi les entretenir dans la lecture et dans l’écriture pour étendre le cercle de leurs connais-
sances et de leurs observations , car ea leur enseignant ces deux exercices, on n’a faitencore que les préparer à en recueillir par la suite les avantages.
Il faut donc que Télève sourd-muet rentré chez ses parents consacre encore chaque jour, quelles que soient sa profession et son genre de vie, un certain temps à la lecture et à l’écriture: seulement la durée du temps qu’il devra y consacrer sera relative à la condition dans laqxielle il se trouve placé.
S’il est appelé à exercer une profes.sion laborieqse, un métier manuel, qui lui laisse peu de loisir, il sera indispensable cependant qu’il lise chaquejourau moins une heure et qu’il écrive une demi-heure pour s’entretenir ; les dimanches et fêtes il pourra y donner plus de temps. Si, par la situation de sa famille, il jouit d’un plus grand loisir, s’il peut cultiver son esprit avec une entière liberté, alors on devra veiller à ce que l’exercice de l’écriture soit toujours dans un juste équilibre avec la lecture, que l’élève ne cède pas trop à l’avidité qui pourrait lui faire dévorer trop rapidement les livres, mais qu’il s’astreigne à faire par écrit des extraits méthodiques de ce qu’il aura lu.
On joint ici une liste des principaux sujets de lecture qui peuvent être mis entre les mains des élèves sourds-muets de toutes les conditions, après leur sortie de l’Institution royale, pour continuer à nourrir leur cœur et leur esprit, et pour acquérir les connaissances élémentaires les plus utiles dans toutes les situations de la vie.
Quand les élèves seront destinés par leur famille à recevoir toute la plénitude d’une éducation libérale, il suffira de leur donner ensuite les ouvrages classiques ordinairement déclinés à la jeunesse.
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Les siijels sur lesquels on les exerce à écrire, comprendront d’abord les choses essentielles dont il leur importe de se rendre compte à eux-mêmes, ensuite celles sur lesquelles ils peuvent ou avoir à rendre compte aux autres , ou à les questionner ; car l’écriture sera toujours pour eux le moyen le plus essentiel de communication , et le plus utile même avec les personnes qui les entourent habituellement.
Ce seront donc des conversations écrites qui leur serviront d’exercices. Il sera convenable qu’ils conservent les morceaux qu’ils auront écrits pour les revoir de temps en temps.
Il c.st entendu qu’on aura soin de corriger les fautes , ou du moins de les leur indiquer pour qu’ils les corrigent eux-mêmes, ce qui vaut toujours mieux quand on peut s’en contenter.
On ne devra point négliger non plus de continuer à les entretenir dans l’usage de l’alphabet manuel.
Il est bien à désirer aussi que , parmi les personnes qui les entourent, il s’en trouve qui aient le dévouement d’apprendre cet alphabet, ce qui au reste n’est pas difficile, pour avoir le moyen de s’entretenir encore avec le sourd-muet , quand on n’a pas le moyen de communiquer par écrit avec lui .
Au reste, on aura soin de le munir d’un crayon et de tablettes en bois , ardoise , carton ou de quelque autre matière , qu’il portera constamment sur lui.
Ce qu’il y a d’essentiel , c’est d’entretenir entre le sourdmuet et ceux qui l’entourent, des relations habituelles , aussi faciles et aussi libres qu’il est possible, de le faire jouir ainsi de tous les avantages de la sociabilité , de prévenir qu’il ne retombé dans les fatales habitudes d’isolement où il était avant son éducation.
A cet égard, il a besoin d’être prévenu, provoqué, ent'us-
ragé sans cesse, car ses relations avec ses semblables sont plus lentes, rencontrent plus d’obstacles ; il est moins accoutumé à se communiquer; il a besoin d’être invité à l’épanchement et à l’abandon.
On doit lui témoigner beaucoup de confiance, afin d’obtenir la sienne , aller au-devant de lui , lui montrer des égards, lui accorder beaucoup d’indulgence.
On ne peut attendre ni exiger de lui autant que des autres hommes.
C’est par une bienveillance constante , exprimée dans les ' manières et dans les procédés, prouvée par les actions, qu’on réussira à former avec lui des rapports d’intimité qui seuls peuvent achever de former son éducation en développant son esprit et son caractère. Il ne se livrera qu’à ceux dont il se sentira aimé, et fuira la société s’il s’y voit traité en étranger.
Le choix d’un état est encore plus important pour les sourdsmuets que pour les enfants ordinaires ; car, s’il est des états auxquels les sourds-muets, même instruits, soient peu propres, il en est au contraire dans lesquels, par une heureuse compensation, ils portent une habileté toute particulière ; ces derniers sont essentiellement ceux qui exigent une grande vivacité et précision dans le coup d’œil et le mouvement de la main, qui sont les moins subordonnés à la continuité et à la variété des communications avec les autres hommes.
Les élèves sourds-muets ont déjà fait dans l’Institution royale l’apprentissage d’une profession ou d’un métier, soit qu’on leur fasse ensuite embrasser cette même profession, ou qu’on leur en fasse apprendre une autre , on ne peut trop recommander de continuer à les appliquer à un travail régulier.
Lorsque les parenis des sourds-muets ne pourront, à raison
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de leur situation personnelle, donner par eux-même.s les soins qui viennent d’être indiqués, ce qui arrive souvent à la campagne ou dans les familles d’ouvriers, ils devront s’adresser ou au curé, ou à un bienfaiteur, ou même au maître d’école, ou enfin à une personne instruite qui ait la volonté et le loisir d’accorder quelques moments à l’élève, pour suppléer à ce qu’ils ne pourront faire eux-mêmes ; à cet effet, ils remettront la présente instruction à celui qui prendra le soin de vouloir en suivre l’exécution.
11 serait bien à désirer, sous ce rapport, que le sourd-muet, rentrant dans sa famille, s’il n’y trouve pas les moyens de continuer sou instruction , obtienne la protection spéciale d’une personne éclairée et bienveillante qui se chargeât en quelque sorte de sa tutelle intellectuelle et morale et qui veillât à sa destinée.
Du reste, l’administration de l’Institution royale s’empressera toujours de fournir aux familles qui s’adresseront à elle, les directions qu’elles pourront désirer pour suppléer à la présente instruction.
§ 25. Liste des principaux objets de lecture qui doivent être mis entre les mains des élèves soardi-muets de toutes les conditions.
Catéchisme historique de l’abbé Fleury.
Les Mœurs des Israélites et des chrétiens.
La Bible de Royaumont.
Le Premier livre de l’école , par Piat.
Le Deuxième livre des écoles chrétiennes, par le même. Maximes tirées de l’Écriture sainte, par Renvoi.sé.
Histoire de Joseph.
Histoire de Tohie.
3f>0 LÉGISLATION.
Histoire du petit Jacques, traduite de l’anglais.
Hymnes en prose.
Le Petit livre du P. Lamy.
.41manach de Montyon.
Histoire de France, par madame de Saint-Ouen.
Les Soirées du dimanche, par mademoiselle Celnart.
La Science du bonhomme Richard.
Leçons de morale pratique, par Dufresne.
Esther Wilmolt.
La Famille de Guillaume Harris.
Éléments de grammaire française.
Le Village de Valdoré.
Simon de Nantua.
Conseils sur la santé, par Sanceroth.
Minéralogie populaire.
La Morale en action.
Les Quatrains de M. Morel Vindé.
S 26. Règlement pour l’ordre intérieur dans nnstilnlion royale des sourds-mnels à Paris. (9 octobre 1827.)
Le directeur, de concert avec l’agent général, et conformément aux règlements administratifs confirmés par S. Exc. le Ministre secrétaire d’État au département de l’intérieur;
Considérant que le directeur et l’agent général sont chargés , chacun en ce qui le concerne , de l’exécution des statuts et règlements , de la direction et de la police de l’établissement , arrête ce qui suit :