LOUIS- NAPOLÉON
Par le prince Président :
Le ministre de l’intérieur,
A. DE JIORNY.
Louis-Napoléon.
Président de la République française.
Sur le rapport du ministre de l’intérieur,
Vu le décret du 15 de ce mois, concernant l’organisation du corps des inspecteurs généraux des prisons et des établissements de bienfaisance.
Décrète :
Art. Le nombre des inspecteurs généraux adjoints est fixé à cinq.
Art. 2. Ils recevront, à ce titre , une indemnité annuelle fixée :
A 3,500 fr. pour les inspectem-s généraux adjoints de 1" classe ;
A 5,000 fr. pour les inspecteurs généraux adjoints de 2' classe.
Ils ont droit, en outre, aux indemnités de voyages et de frais de séjom- alloués aux inspecteurs généraux en tournée.
Art. 3. Le ministre de l’intérieur déterminera les journées que devront faire les inspecteurs généraux adjoints, soit isolément, soit comme adjoints aux titulaires.
Art. 4. Les inspecteurs généraux adjoints assistent aux séances du conseil des inspecteurs généraux, avec voix délibérative.
Art. 5. Nul ne peut être nommé inspecteur général adjoint^ s’il n’est âgé de vingt-cinq ans, docteur ou licencié en droit , ou docteur en médecine, ou s’il ne justifie de cinq années de services administratifs.
Art. 6. Une place, sur deux vacances, sera réservée aux inspecteurs généraux adjoints dans le corps des inspecteurs généraux titulaires.
Art. 7. Ceux d’entre eux qui, après dix ans de service, n’auront pas été pourvus d’un titre définitif, cesseront défaire partie du cadre de l’inspection.
Cette règle n’aura d’effet que pour l’avenir.
Art. 8. Le ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution du présent décret.
Fait au palais des Tuileries, le IS janvier 1832.
LOÜIS-NAPOLÉOIÎ.
Par le Président :
Le ministre de l’intérieur,
A. DK MORNY.
s 37. Des projets d’éducation proposés par divers auteurs.
Nous aurions désiré pouvoir faire suivre ces documents des projets proposés par divers auteurs sur les réformes à apporter à l’éducation des sourds-muets , mais les limites dans lesquelles nous voulons nous renfermer, nous obligent à renvoyer aux mémoires publiés sur ce sujet.
PROJETS D’ÉDDCATION.-V« PARTIE. 425
Presque tous les directeurs et professeurs d’institutions de sourd-muets ontconçu et publié quelque travail sur cette matière; ce ne sont pour la plupart que des reproductions partielles des sages mesures proposées par la Convention nationale. Ils concluent à l’éducation pour tous les sourdsmuets, comraela Convention; aune école centrale à Paris, pour former des professeurs (9 pluviôse), comme la Convention ; a des écoles nationales établies sur différents points du territoire, comme la Convention (15 octobre 1793). La médecine seule avait oublié de parler au nom de la cause des sourds-muets , au nom de leur infirmité, c’est ce qui nous aporté à publier nos idées sur ce sujet, et à émettre un sentiment dicté par nos connaissances spéciales et par les progrès de la science. Nous mentionnerons , en passant , les travaux de MM. Morel, directeur à Bordeaux, deMonglave, ancien membre de la commission consultative de Paris, Rivière, directeur à Rodez , etc. , qui ont publié divers projets dont nous regrettons de ne pouvoir rendre compte. MM. les professeurs de l’Institution de Paris ont aussi adressé , en 1847, au ministre de l’intérieur, un plan de réformes; ils émettaient, entre autres vœux, la nécessité de transférer les écoles de sourds-muets du ministère de l’intérieur à celui de l’instruction publique. M. Valade- Gabel, frère de l’ancien directeur de Bordeaux et M. Forestier, ont présenté à l’académie de cette ville, des projets d’enseignements qui seront lus avec intérêt ; ils contiennent, sur ce sujet, des idées qui sont d’une application facile et qui méritent de fixer l’attention du gouvernement. Le premier demande pourquoi un certain nombre de nos institutions ne seraient pas placées dans la campagne pour préparer des sujets à l’agriculture. Le
42C LÉGISLÂTIOiS’.
deuxième démontre combien il est urgent de changer un mode d’éducation qui ne permet pas aux élèves, au sortir des écoles , de pouvoir écrire leur langue , de se faire suffisamment comprendre, et qui les laisse sans position et sans avenir.
A ce propos, il rapporte les faits suivants : sur 50 élèves, dit M. Forestier, directeur de l’école de Lyon, sortant chaque année des institutions, il s’en trouve rarement deux en état d’exprimer passablement leurs idées dans notre langue écrite. Jusqu’à ce jour, il n’en n’a pas même rencontré un qui, après six années d’études, possédât des notions bien précises sur les relations de la vie sociale, sur les devoirs de l’homme et du citoyen, sur les connaissances usuelles les plus indispensables. Un ancien professeur de l’institution nationale lui a raconté que, durant son séjour dans la capitale, il y avait rempli les fonctions gratuites d’écrivain public auprès d’anciens élèves de diverses écoles des sourds-muets qui s’y trouvaient. Sur plus de cent , sans compter les professeurs sourds-muets, il n’en avait reconnu que cinq qui pussent se passer de ses services.
Nous croyons que les observations de M. Forestier, écrites il y a quelques années, seraient un peu modifiées aujourd’hui; mais, de l’aveu même des professeurs de nos écoles et d’après nos rapports avecles sourds-muets, nous pouvons déclarer quel’éducation qu’on leur donne est encore insuffisante et demande de promptes améliorations.
Enfin M. Puybonnieux (4), après avoir essayé de résoudre le problème de procurer l’éducation à tous les sourdsmuetsavecdes dépenses peu considérables s’élevantà peine
(1) Des droits à l'assistance publique, Puybonnieux, broch. 1849.
PROJETS D’ÉDICATION. — V» PARTIE. 427
à 500,000 fr., demande, conformément à nos réclamations, que l’on s’occupe du traitement de cette infirmité et que la voie que nous avons ouverte, aux recherches et au traitement soit suivie. M. Houdin, professeur , anciennement attaché à l’école de Bordeaux, entredans les mêmes considérations. Il proclame , comme nous , l’utilité du traitement médical et les heureux résultats qu’il peut produire. Il suppose qu’il existe 24,000 sourds-muets en France ; que 20 institutions de 260 élèves chacune leur suffiraient; que les frais de ces établissements ne dépasseraient pas 2,340,000 fr., lesquels seraient à la charge des familles pour 750,000 fr., des communes pour 540,000, des départements pour pareille somme , et sur lesquels l’Etat n’aurait à supporter pour sa part qu’une dépense de 510,000 fr. Il demande que l’éducation, commencée dans une école primaire, soit complétée dans les établissements spéciaux; que quelques institutions soient destinées à former des élèves à l’agriculture, et que des cours spéciaux soient faits pour les adultes, comme notre société enaprisl’initiative. Nous renvoyons , pour plus de détails, à l’intéressant projet de l’auteur.
M. l’abbé Boucher, attaché à l’école d’Orléans, a aussi adressé à l’Assemblée constituante, une réclamation en faveur de ces infortunés. Il sollicitait pour tous le bienfait de l’éducation publique.
Nousnenous étendrons pas davantage sur ce sujet : plusieurs de ces auteurs, nous le répétons, n’ont fait que reproduire en partie ce qui résulte des rapports et projets de la Convention nationale. (Yoir lesp. 254, 269.) Seulement tous à peu près ont oublié de noter qu’il est urgent que le trousseau ne reste plus à la charge des parents pauvres.
ainsique l’avait prévu la Convention. Voir la loi additionnelle du 16 nivôse, p. 323, notre projet d’éducation adressé en 1848 à MM. lesnaembres de l’Assemblée nationale, p.l77,et celui que nous avons remis en 1849àM. le préfet de la Seine sur la nécessité et les moyens de commencer, au même âge que pour les parlants, l’instruction des sourds-muets dans les écoles primaires, et sur la possibilité d’arriver avec ce système, à les doter de la parole.
Tableau statistique des Institutions et Ecoles de Sourds-Muets en Europe, en Amérique et en Asie.