‹ La surdi-mutitéChapitre 83 sur 181 · QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE 111. IBT · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE 111. IBT

manière si désagréable et si peu intelligible, il serait injuste d’attribuer exclusivement ces vices de prononciation à l’absence de l’ouïe , organe excitateur et modérateur de la parole. Il faut . au contraire , en chercher la cause première dans l’insuffisance d’un enseignement mal compris et mal donné.

Théorie succiacte du jeu de l’appareil producteur de la toIx et delà parole.— lospirations et expirations.— De la TOii articulée.

Il est des règles à observer avec le sourd-muet comme avec le parlant pour la production de la voix et de la parole. Ces règles, l’entendant les acquiert de lui-même, naturellement , sous l’influence de l’ouïe , tandis que le sourd-muet ne peut arriver à les posséder que par le sens de la vue et l’impression du toucher.

Pour parvenir à mettre en jeu l’appareil producteur de la voix et de la parole, il faut, comme pour tous les instruments, une puissance et un moteur. Ici, ce moteur , c’est l’air qui s’échappe des poumons à travers les bronches , le larynx , le pharynx , la bouche, et les fosses nasales. Cette puissance , c’est l’ensemble des muscles mis en mouvement sous l’influence du système nerveux cérébro-spinal. llestdoncindispensable d’apprendre d’abord au sourd-muet comment l’air qui s’échappe de sa poitrine, est un agent indispensable à la production de la parole. En mettant en jeu les soufflets d’un harmonium et en promenant les doigts tour à tour sur le clavier de cet instrument, quand ces soufflets se remplissent d’air et quand ils se vident, vous amenez sans peine le sourdmuet à se rendre un compte raisonné de l’utilité de l’air

pour mettre en vibration les lames de l’instrument. Alors ce que l’entendant justifiera par l’oreille, le sourd-muet l’appréciera par le tact. Pour lui rendre l’opération plus visible, on pourra recourir à un tube en verre qui lui permettra de suivre des yeux le mécanisme de l’instrument.

Après ces opérations préliminaires, montrez au sourdmuet comment on réussit à faire une inspiration large, assez forte pour emplir la poitrine. Celte inspiration achevée, exercez le à laisser échapper l’air de la poitrine par des expirations lentes ou rapides , mais toujours en rapport avec l’effet que vous voulez produire.

Il faut vous occuper de lui apprendre ensuite la différence qui existe entre l’inspiration et l’expiration ordinaires ou vitales, et l’inspiration et l’expiration destinées à produire un son. Dans le second cas , l’une et l’autre sont plus actives; elles s’exécutent plus rapidement; mais elles doivent toujours être en rapport avec la durée et l’intensité du son produit. Ces expirations, plus ou moins rapides, le sourd-muet les appréciera aisément par divers moyens tels que le tact, l’apposition d’un miroir devant la bouche, etc., etc.

Après avoir expliqué de la sorte au sourd-muet le mécanisme de l’appareil vocal, et la manière de le mettre en jeu, vous lui enseignerez comment il doit s’y prendre pour arrivera produire la parole ou la voix articulée.

Les sons articulés résultent de la contraction des muscles de la langue, du pharynx, des parois buccales et des lèvres. L’élève pourra s’en convaincre par le toucher et la vue de la contraction des organes.

Devant traiter cette question dans le quatrième volume de cet ouvrage, nous ne nous étendrons pas davantage ici sur

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