QUATRIÈME PARTIE.-CIIAPITRE IV. lïS
que leurs infirmités empêchent de pourvoir à leur subsistance.
Le sourd-muet, en sortant des écoles où il a puisé l’éducation, ne devrait jamais cesser d’être l’objet d’une assistance et d’une protection spéciale qui le suivraient jusque dans l’âge le plus avancé, Jusqu’au tombeau. La bienfaisance, depuis quelques années seulement, lui prête assistance et lui tend une main secourable, mais cela n’est pas suffisant; nous voudrions que l’Etat, les départements et les communes prissent cette assistance entièrement à leur charge; nous voudrions établir en droit constant ce qui n’est chez nous que charitable et accidentel. Nous voudrions encore que, grâce au gouvernement, nos sourdsmuets, au sortir des écoles, fussent certains de trouver, dans la mesure de leurs capacités, des places et un travail assuré dans divers ateliers, avec la certitude d’une retraite pour leurs vieux jours. Aujourd’hui presque toutes les administrations publiques leur sont impitoyablement fer ■ mées. Le sourd-muet excelle, cependant, dans plusieurs professions, telles que l’imprimerie, la lithographie, la gravure, la ciselure, la sculpture, la menuiserie, la moulure, et généralement dans tous les arts où les yeux jouent le principal rôle. Pourquoi le gouvernement ne leur accorderait-il pas des places à l’imprimerie nationale et dans tous les ateliers où ils seraient aptes à occuper avantageusement quelque emploi ? Il pourrait en être de même de l’art agricole, qui convient à l’infirmité et à la santé du sourd-muet, et pour lequel un bon nombre d’élèves montre un goût assez prononcé. Les quelques sourds-muets qui ont été, jusqu’à ce jour, employés dans des établissements publics tels que l’imprimerie nationale, l’administration
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des jjoslcSj la Monnaie, les ministères, ont rempli leurs fonctions avec assez de talent pour encourager TEtat à les y admettre sur une plus grande échelle.
Les ateliers du gouvernement sont assez nombreux et assez variés, pour qu’il lui soit constamment possible d’y recevoir tous les sourds-muets au sortir des écoles. A moins de grief sérieux ou d’incapacité absolue, il faudrait que celte porte leur fût toujours ouverte; dans le dernier cas, le malheureux sourd-muet , inhabile à exercer une profession, devrait être assisté et protégé d’une manière obligatoire par sa commune, son département et l’Etat.
Nous allons faire suivre ces considérations générales sur la triste position de ces infortunés et sur l’urgence de leur donner un enseignement approprié à leurs besoins :
1" Du projet sur l’éducation des sourds-muets que nous avons adressé , en 4848, à l’Assemblée nationale;
‘1° De l’organisation , en leur faveur , d’une assistance morale, intellectuelle et physique, et du règlement qui régit la Société générale d’assistance .et de prévoyance que nous avons fondée pour eux;
3“ Des pièces officielles dont la publication s’est succédée depuis 1778, époque où remonte le berceau de cet enseignement, jusqu’à ce jour. Ces documents nous paraissent indispensables pour permettre d’apprécier les diverses phases par lesquelles est passée l’éducation des sourds-muets en France et les modifications qu’il est urgent d’apporter aux lois qui la concernent.
QUATiilÈ ME PAP.ÏIE.— CHAPITRE V.