‹ La surdi-mutitéChapitre 51 sur 86 · I. Ilots. — Sur 28 oreilles avec un seul îlot · texte numérisé non relu

I. Ilots. — Sur 28 oreilles avec un seul îlot

15, soit 53,6 0/0, percevaient le p.

3, — 10,7 0/0, r et p.

Dans 15 cas de ce groupe existait une perception du bruit (Schallgehôr); dans 13 cas cette perception faisait totalement défaut. Un seul sujet de ce groupe pouvait répéter les voyelles, notamment a et o.

IL Trous. — Sur 20 oreilles avec trou unique ou double, la perception du bruit existait dans tous les cas.

SYM1T0MAT0L0GIE 280

13, soit 65 0/0, percevaient le p.

Une oreille distinguait aussi le f et une autre le l et le n. 5 oreilles percevaient le a, une oreille distinguait les cinq voyelles. Les sujets qui percevaient les voyelles ou les consonnes pouvaient les répéter.

III. Le sourd-muet de ce groupe, non-seulement, entendait et répétait quelques voyelles a, e, i et les consonnes p, t, r, l, n, mais encore distinguait les nombres et quelques phrases à 4 mètres de distance.

IV. Trous aux extrémités inférieure et supérieure de V échelle sonore. — Sur 8 sujets de cette catégorie, la perception du bruit était incertaine ou manquait. 2 percevaient seulement la voyelle a. 1 seul distinguait et répétait les consonnes p, t, r, sch et quelques voyelles a, e, i et prononçait quelques mots.

V. Trous de plus de 4 octaves à l'extrémité inférieure de V échelle sonore. — Sur 18 oreilles de ce groupe, la perception du bruit était incertaine ou faisait défaut chez 5. 13 fois, on a noté la perception des consonnes, 8 fois celle des voyelles.

VI. Trous de moins de 4 octaves au niveau de Vextrê mité inférieure de V échelle sonore. — Sur les 33 oreilles de ce groupe, une se aie ne percevait pas le bruit. 4 oreilles seulement ne distinguaient aucune voyelle et 3 n'entendaient que la voyelle a; toutes les autres oreilles percevaient les cinq voyelles et la plupart des consonnes,

238 snu>MîrnrÉ

Si l'on compare maintenant la capacité auditive pour la série continue des sons et le pouvoir auditif pour la parole chez les sourds-muets de chacun des 6 groupes, on arrive à une conclusion dont l'importance pratique est considérante. Voici dans quels termes la formule Bezold :

* Pour la compréhension de la parole, il est indis- I ensable qu'il existe chez le sourd-muet la perception des tons de l'échelle allant de h" à g" compris: quand même le sourd-muet entend d'autres tons, la perception de la parole est nulle s'il ne possède pas l'audition des notes comprises dans cet intervalle. Il est aussi nécessaire que ces mêmes tons soient perçus même s'ils sont produits avec une moyenne intensité, et que l'acuité auditive ne tombe pas au-dessous d'un certain niveau. Lorsque ses : :nditions ne sont pas remplies, lorsque la perception des tons fait défaut des deux sôtês dans les conditions que nous venons d'énumérer, la capacité auditive pour la parole n'existe pas. ■

Parmi les sourds-muets du groupe VI, où les restes auditifs sont le plus importants, il s'en trouve «quelquesuns chez lesquels la perception de la parole est très limitée ou même fait complètement défaut. Comment expliquer cette contradiction? D'après Bezold, cette contradiction n'est qu'apparente. Pour lui. la surdité, dans les cas de ce genre, n'est pas auditive, dans le sens propre du mot. c'est-à-dire qu'il n'y a pas une lesfattction de l'appareil auditif; ce qui existe, c'est un trouble de la perception de la parole, relevant d'une

SYMPTOMATOLOGIE 229

lésion corticale des circonvolutions frontales ou pariétales.

Les restes auditifs, trous et îlots, avec leur disposition et distribution respectives dans les 6 groupes, sont-ils immuables ou bien subissent-ils des modifications sous l'influence de l'éducation spéciale? Pour avoir une réponse à cette question, Bezold a soumis, en 1897, à un nouvel examen, 27 des sourds-muets qu'il avait déjà examinés en 1893. Ce deuxième examen a été pratiqué avec les mêmes appareils, mais perfectionnés par une série d'améliorations faites suivant les indications d'Edelmann (élimination presque complète des harmoniques, intensité plus grande de chaque ton permettant de déceler le moindre vestige auditif, etc., etc.) D'une manière générale, le deuxième examen de ces 27 sourdsmuets, au point de vue des restes auditifs et de la perception de la parole, a donné les mêmes résultats. Les modifications qui ont été constatées étaient relativement peu importantes et s'expliquaient par l'emploi dïnstruments plus perfectionnés. Ainsi, chez 3 sujets qui, en 1893, avaient été considérés comme atteints de surdité totale, on a trouvé, en 1897, des restes auditifs chez un, dans une oreille, et, dans les deux oreilles, chez les 2 autres.

Chez 2 autres sujets, on constata, en 1897, une diminution du champ des restes auditifs, fait qu'il faut probablement attribuer à ce qu'en 1893, le processus de destruction du labyrinthe n'était pas encore terminé. Chez 2 autres, en revanche, on trouva une augmenta-

230 SFRDI-MUTITÉ

tion du champ auditif, attribuable sans doute à la plus grande perfection de l'instrument employé.

Chez les '20 autres, l'étendue des restes auditifs fut trouvée, à peu de chose près, la même qu'en 1893, peut-être légèrement agrandie, ce qui s'explique facilement parla perfection plus grande des appareils de recherches.

Au point de vue de la perception delà parole, 9 sourdsmuets (2 du groupe II, 1 du groupe V et 6 du groupe VI) furent examinés à nouveau. Les résultats obtenus apparaissent très nettement dans letableaucomparatif suivant:

Page 1