‹ La surdi-mutité; étude médicaleChapitre 27 sur 55 · II. Trous : 20 oreilles, soit · texte numérisé non relu

II. Trous : 20 oreilles, soit

m. Trous dans la moitié supérieure ; 1 oreille, soit 0,6 0/0.

IV. Trous dans l'extrémité supérieure et dans l'extrémité inférieure ; 8 oreilles, soit 5,1 0/0.

V. Trous dans l'extrémité inférieure dépassant 4 octaves : 18 oreilles, soit 11,4 0/0.

VI. Trous dans l'extrémité inférieure ayant moins de 4 octaves : 33 oreilles, soit 20,9 0/0.

Si l'on fait le même calcul suivant les sujets, on trouve pour 79 sourds-muets :

STUPTOKA.TOLOaR JiiS

Surdité bilatérale absolue : 15 cas, soit 19 0/0.

Surdité unilatérale absolue : 18 cas, soit 22,8 0/0.

Restes auditifs des deux côtés : 45 cas, soit 57 0/0.

Restes auditifs d'un seul côté : 18 cas, soit 22,8 0/0.

En résumé, on voit que 15 sujets, soit 19 0/0, étaient atteints de surdité totale, tandis que 63 autres, soit 79,8 0/0, possédaient des restes auditifs uni ou bilatéraux. Chez un sujet, les résultats n'ont pu être utilisés.

Distribution des îlots, des trods et des restes auditifs suivant que la surdi-mutité est conoénitale OU ACQUISE, — Un fait fort curieux à noter tout d'abord, c'est que la surdité totale est relativetnent rare dans la surdi-mutité congénitale.

Les 79 sourds-muets examinés par Bezold se répartissaient de la manière suivante : 38 étaient sourds congénitalement, 35 avaient perdu l'ouïe après leur naissance. La nature de la surdité était indéterminée pour les 6 autres. Nous avons déjà vu que sur le chiffre total de 158 organes auditifs, 48 étaient atteints de surdité complète, absolue i 18 seulement de ces derniers, soit 37,5 0/0, se rencontraient chez des sourdsmuets congénitaux. Au contraire, 29, soit 60,42 0/0, se trouvaient dans le groupe des surdi-mutités acquises ; 1 seul, soit 2,8 0/0, dans celui des surdi-mutités indéterminées. La surdité bilatérale totale ne s'observait que chez six sourds-muets congénitaux, soit dans 15,8 0/0 des cas. Cette perte totale de l'ouïe des deux côtés a été constatée chez 9 sujets du groupe des surdimutités acquises, soit dans 25.7 0/0 des cas.

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STMPTOHATOLOGIE 335

Si l'on se reporte au tableau XIII, ou sont résumées les recherches de Bezold, on verra que dans les groupes IV, V et VI, c'est-à-dire ceux dans lesquels les restes auditifs sont le plus considérables, les sourds* muets congénitaux sont représentés par les moyennes respectives élevées de 62,5, 72,22 et 63,64 0/0, tandis que les surdi-mutités acquises atteignent à peine les chiffres de 37,50, 22,22 et 18,18 0/0. Les surdités indéterminées fournissent le complément.

Les îlots et les trous sont représentés dans le premier groupe par les moyennes de 39,29 et 40 0/0 et dans le second par celles de 50 et 5ô 0/0.

Ou peut voir aussi par la lecture du tableau XIII que la cause occasionnelle de la surdité a une iniluence considérable sur cette perte totale de l'ouïe; les affections cérébro-méningéos sont presque toujours suivies d'une surdité très profonde.

Audition de l\ parole dans chacux des G groupes. — Une question qu'il est intéressant d'élucider est celle du pouvoir auditif pour la parole dans chacun des groupes étudiés plus haut. L'examen des 79 sourdsmuets a donné à Bezold les résultats suivants :

Tout d'abord, pour ce qui est de la surdité totale (15 cas de surdité bilatérale et 18 cas de surdité unilatérale absolue), il ne s'est pas trouvé une seule oreille capable de percevoir une voyelle, comprendre un mot prononcé, ou distinguer un bruit, quand voyelle, mot ou bruit ont été produits près de l'oreille. Par contre,

dans les mêmes cas, il existait, en apparence, une perception nette pour certaines consonnes prononcées ' directement devant l'oreille. Ainsi, sur 48 oreilles atteintes de surdité complète, on en trouvait : 33, soit 68,8 0/0, qui percevaient le p.

Pour avoir l'explication de celte contradiction apparente, il y a un moyen fort simple qui consiste à prononcer ces consonnes devant la paume de la main. On voit alors que si les individus atteints de surdité totale peuvent répéter les consonnes prononcées devant leurs oreilles, ce n'est pas en vertu de la perception auditive, mais par le fait de la sensation tactile perçue par le pavillon de ToreiUe et les régions voisines.

Pour ce qui est des 6 groupes possédant des restes auditifs plus ou inoins développés, voici quelle était, pour chacun d'eux, la perception de la parole :

I. Hots. — Sur 28 oreilles avec un seul îlot. 15, soit 53,6 0/0, percevaient le p.

3, — 10,7 0/0, — r et p.

Dans 15 cas de ce groupe existait une perception du bruit (Schallgehôr); dans 13 cas cette perception faisait totalement défaut. Un seul sujet de ce groupe pouvait répéter les voyelles, notamment oeto.

II. Trous. — Sur 20 oreilles avec trou unique ou double, la perception du bruit existait dans tous les cas.

SYUPTOUATOLOGIE 337

13, soit 65 0/0, percevaient le p.

Uae oreille distinguait aussi le f et une autre le l et le n. 5 oreilles percevaient le a, une oreille distinguait les cinq voyelles. Les sujets qui percevaient les voyelles ou les consonnes pouvaient les répéter.

III. Le sourd-muet de ce groupe, non-seulement, entendait et répétait quelques voyelles a, e, i et les consonnes 'p, t, r, l, n, mais encore distinguait les nombres et quelques phrases à 4 mètres de distance.

IV. Trous aux extrémités inférieure et supérieure de Vèchelle sonore. — Sur 8 sujets de cette catégorie, la perception du bruit était incertaine ou manquait. 2 percevaient seulement la voyelle a. 1 seul distinguait et répétait les consonnes p, t, r, sch et quelques voyelles a, e, i et prononçait quelques mots.

V. Trous de plus de 4 octaves à Fextrénité inférieure de Vèchelle sonore. — Sur 18 oreilles de ce groupe, la perception du bruit était incertaine ou faisait défaut chez 5. 13 fois, on a noté la perception des consonne?, 8 fois celle des voyelles.

VL Trotis de moins de 4 octaves aunioeau de Vextré mité inférieure de Vèchelle sonore. — Sur les 33 oreilles de ce groupe, une seule ne percevait pas le bruit. 4 oreilles seulement ne distinguaient aucune voyelle et 3 n'entendaient que la voyelle a; toutes les autres oreilles percevaient les cinq voyelles et la plupart des consonnes.

i$S eÙKDl'ItOTTlà

Si l'on compare maintenant la capacité auditive pour la série continue des sons et le pouvoir auditif pour la parole chez les sourds-muets de chacun des 6 groupes. on arrive à une conclusion dont l'importance pratique est considérable. Voici dans quels termes la formule Bezold :

c Pour la compréhension de la parole, il est indispensable qa'il existe chez le sourd-muet la perception des tons de l'échelle allant de b' à g" compris; quand même le sourd-muet entend d'autres tons, ta perception de la parole est nulle s'il ne possède pas l'audition des notes comprises dans cet intervalle. Il est aussi nécessaire que ces mêmes tons soient perçus même s'ils sont produits avec une moyenne intensité, et que l'acuité auditive ne tombe pas au-dessous d'un certain niveau. Lorsque ces conditions ne sont pas remplies, lorsque la perception des tons fait défaut des deux côtés dans les conditions que nous venons d'énumérer, la capacité auditive pour la parole n'existe pas. u

Parmi les sourds>mnets du groupe VI, où les restes auditifs sont le plus importants, il s'en trouve quelquesuns chez lesquels la perception de la parole est très limitée ou même fait complètement défaut. Gomment expliquer cette contradiction? D'après Bezold, cette contradiction n'est qu'apparente. Pour lui, la surdité, dans les cas de ce genre, n'est pas auditive, dans le sens propre du mot, c'est-à-dire qu'il n'y a pas une destruction de l'appareil auditif; ce qui existe, c'est un trouble de la perception de la parole, relevant d'une

STUPTOHATOLOGIE SS9

lésion corticale des circonvolutions frontales ou pariétales.

Les restes auditifs, trous et Ilots, avec leur disposition et distribution respectives dans les 6 groupes, sont-ils immuables ou bien subissent-ils des modifications sons l'influence de l'éducation spéciale? Pour avoir une réponse à cette question, Bezold a soumis, en 1897, à on nouvel examen, 27 des sourds-muets qu'il avait déjà examinés en 1893. Ce deuxième examen a été pratiqué avec les mêmes appareils,mais perfectionnés par une série d'améliorations faites suivant les indications d'Edelmann (élimination presque complète des harmoniques, intensité plus grande de chaque ton permettant de déceler le moindre vestige auditif, etc., etc.) D'une manière générale, le deuxième examen de ces 27 sourdsmuets, an point de vue des restes auditifs et de la perception de la parole, a donné les mêmes résultats. Les modifications qui ont été constatées étaient relativement peu importantes et s'expliquaient par l'emploi d'instruments plus perfectionnés. Ainsi, chez 3 sujets qui, en 1893, avaient été considérés comme atteints de surdité totale, on a trouvé, en 1897, des restes auditifs chez un, dans une oreille, et, dans les deux oreilles, chez les 2 autres.

Chez 2 autres sujets, on constata, en 1897, une diminution du champ des restes auditifs, fait qu'il faut probablement attribuer à ce qu'en 1893, le processus de destruction du labyrinthe n'était pas encore terminé. Chez 2 autres, en revanche, on trouva une augmenta-

330 SURDI-MimTÈ

lion du champ auditif, attribuable sans doute à la plus grande perfection de l'instrament employé.

Chez les 20 autres, l'étendue des restes auditifs fut trouvée, à peu de chose près, la même qu'en 1893, peut-être légèrement agrandie, ce qui s'explique facilement par la perfection plus grande des appareils de recherches.

Au point de vue de la perception de la parole, 9 sourdsmuets (2 du groupe II, 1 du groupe V et 6 du groupe VI) furent examinés à nouveau. Les résultats obtenus apparaissenttrësnettementdansletableau comparatif suivant:

Surdité pour totis les sons parlés, à l'exception des

consonnes p, t, r 1 4 1

Perception de certaines voyelles et des consonnes. 3 3

rerception de la parole | 2 \ 7

Il nous reste à citer encore la dernière série des recherches faites par Bezold, en 1898, sur un nouveau groupe de 59 sourds-muets. Les tahleaux reproduits plus loin montrent que les faits que nous venons de citer se trouvent confirmés: les recherches de Schwendt et Wagner, KOssIin, Richen, Kickhefel, Barth, Passow, penker, Bebeites, Liicher. Wanner, Lindt et celles que j'ai pu faire moi-même à l'Institut d'Asnières concordent toutes et doivent faire admettre la méthode de Bezold dans tous les instituts de sourds-muets.

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SYMPTOHATOLOGIE 331

Ainsi, sur les 276 oreilles examinées (158 en 1893 et 118 en 1898), on trouve ;

En 1893, surdité absolue dans 28,5 0/0 et restes auditifs dans 71,5 O/O.

En 1898, sui-dit«i absolue dans 28,8 0/0 et restes auditifs dans 71,2 0/0.

Si l'on envisage non plus les organes auditifs, mais les sourds-muets, on obtient les résultats suivants :

TABX.SÀ'D' SCVI SardiM relatlv» (Nombre de aourda-mneta)

SuUtl itaalu

p«W»>i>.kp.iol.

p»wmli*liP>NK

En IfiSa.

En im.

ToUI..

so<«, •/.;

Ainsi, parmi les sourds-muets, il en est plus d'un tiers gui sont capables d'apprendre la parole par l'utilisation de ce qui leur reste d'audition. Le grand mérite de la méthode de Bezold n'e^t pas d'avoir découvert ce fait qui était connu depnis longtemps de tous ceux qui s'occupent de l'éducation des sourds-muets, mais de déterminer à l'avance, par un examen méthodique, quels sont ceux qui font partie de cette catégorie. La démonstration est faite maintenant: tous les sourdsmuets dont le champ des restes auditifs persistants embrasse les tons allant de b' à g" compris, sont capables de percevoir, par l'ouïe, les sons articulés et peuvent, par conséquent, apprendre àparler, parcequ'ils entendent, sans qu'il soit besoin de faire inter\-enirle8 méthodes, dites orales, qu'on emploie pour ceux dont

233 SUBDI-UDTnÉ

la surdité est complète, mais dont l'application est toujours longue et parfois inefficace.

Quelle est l'importance pratique de ces faits? quelle en est la valeur au point de vue de l'éducation des sourds-muets? C'est ce que nous examinerons, avec tous les détails que comporte cette étude, dans le chapitre réservé au traitement de la surdi-mutité.

Fonction d'équiubration. — On connaît le rôle important que joue l'oreille interne dans la fonction d'équilibration; on sait que toute irritation unpeuvive des canaux semi-circulaires s'accompagne de vertiges et de troubleb de l'équilibre. Il était intéressant de rechercher comment s'exerce cette fonction chez les sourds-muets dont les canaux semi-circulaires et l'oreille interne sont souvent le siège des lésions les plus profondes et même parfois de destruclion complète. Nous avons déjà signalé (page 127) que dans certains cas de surdi-mntité acquise, au moment oii le processus destructeur envahit le labyrinthe, il se produit des vertiges d'intensité variable, pouvant aller de la simple sensation d'oscillation au syndrome de Ménière le plus caractérisé. Ces faits s'observent dans les cas de surdité due à la méningite cérébro-spinale, aux oreillons, etc. Mygind a publié aussi quelques cas de surdi-mutité congénitale dans lesquels on constatait, dans la première enfance, une démarche incertaine et chancelante. Hedinger, qui a fait une étude attentive de ce symptôme, l'a trouvé dans 6 0/u des cas de

STMPTOMATOLOGIK 238

surdi-mutité congénitale et dans 2 0/0 des cas de surdimutité acquise. Mais c'est à James {'), Kreidl {^) et PoUak (*) que nous devons une analyse approfondie des troubles vertigineux présentés par les sourds-muets. James montra le premier que beaucoup d'entre eux n'éprouvent pas le moindre vertige lorsqu'on les place dans certaines conditions qui provoquent toujours chez les personnes normales des troubles de Téquilibre. Ayant examiné 519 sourds-muets qu'il faisait tourner rapidement sur eux-mêmes, il constata que 186, soit 36 0/0, n'éprouvaient aucun vertige.

Kreidl fit construire un appareil permettant d'obtenir autour d'an axe vertical une rotation rapide des sourdsmuets placés sur une plateforme. A l'aide de cet appareil, il constata que 50 0/0 des sourds-muets qu'on faisait tourner ne présentaient pas les mouvements réflexes des yeux qui accompagnent toujours la sensation de vertige; au contraire 49 étudiants sur 50 qu'on plaça dans les mômes conditions manifestèrent d'une façon constante ces phénomènes réflexes. Le seul qui faisait exception présentait, dans les conditions ordinaires, des mouvements anormaux des yeux. Kreidl en conclut que les sourd-muets qui, dans ces expériences, n'éprouvaient aucune sensation de vertige, avaient des lésions

(') James \Vii.liam. — The aenso ot dizïiness in Deaf-mutes. The American Journal ofotology. Boston, 1882, Toi. IV, p. 239.

(') Kreidi. ALois. — Ari-h. f. d. gesaminte Phyiiol. Bonn., 1891' vol. 51, p. 119.

(ï) PoLLAK Joseph. — Areh. f. d. gemmmle Pliytiol. Bonn., 1893. vol. M, p. 188.

334 SDBDI-MDTITÉ

profondes des canaux semi-circulaires. Ce fait est d'autant plus probable que la moyenne obtenue par cet auteur correspond à peu près à celle qu'on constate pour les lésions des canaux semi-circulaires dans les relations d'autopsies. Kreidl donne de ces phénomènes l'explication suivante : les otolithes étant détruits ne peuvent pas être mis en mouvement par la force centrifuge et par suite n'irritent pas les éléments sensoriels. En outre, cet auteur remarque que beaucoup de sourdsmuets étaient tout à fait incapables de marcher droit, les yeux fermés, et même de se tenir sur une seule jambe, éprouvant dans ces conditons des sensations vertigineuses.

PoUak ât des recherches sur le même sujet, mais par des procédés différents; faisant passer des courants électriques à travers la tête des sourds-muets, il constata que 29,2 0/0 n'éprouvaient aucune sensation d'étourdissement ou de vertige; il en conclut que chez ces derniers, les canaux semi-circulaires étaient complètement détruits; c'est en effet à peu près la même moyenne qu'on observe dans les relations d'autopsie.

Brufts subjectifs de l'ouïe. — Les bruits subjectifs ont été rarement signalés chez les sourds-muets. Hedinger pense qu'ils doivent exister fréquemment, mais que nous n'avons pas les moyens de nous renseigner à ce sujet. Person ('), seul, affirme que la plupart des sourds-muetsqu'ilaexaminés se plaignaient

(') Peuson. — Cité par MygiDd.

SYUPTOMATOLOGIE 336

de bourdonnements d'oreille. J'ai souvent interrogé des sourds-muets à ce point de vue et beaucoup m'ont signalé l'existence de bruits divers. II s'agissait presque toujours de s'ijets ayant des restes appréciables d'audition.

BXAMBH OBJECTIF de L'APPARBIL DB L'OUIB

L"examen objectif de l'oreille ne nous donne pas de renseignements bien précieux. Nous avons vu, dans le chapitre réservé à l'anatomie pathologique, que les lésions essentielles de la surdi-mutité siégeaient dans l'oreille interne et dans le cerveau. Aucun appareil ne nous permet, sur le vivant, de porter notre regard aussi profondément. C'est à peine si les instruments que nous possédons nous laissent voir l'oreille externe et une faible partie de l'oreille moyenne. Les rayons Rôntgen, sur lesquels on avait fondé quelques espérances, n'ont donné jusqu'ici que des résultats négatifs.

Oreille externe. — Nous avons signalé (page 134) certaines malformations congénitales du pavillon et du conduit auditif qui peuvent exceptionnellement être la cause unique de la surdi-mutité ; nous avons vu aussi qu'il peut exister des atrésies complètes du conduit auditif de nature osseuse, capables d'arrêter complètement les vibrations sonores. Bezold a cité récemment quelques faits dé ce genre. Nous n'y reviendtons pas.

336 fiUIU>r-MUTITÉ

Oreille moyenne. — Les lésions de l'oreille moyenne se rencontrent fréquemment chez les sourds-muets. Dans les examens que j'ai pratiqués à l'Institut d'Asnières, j'ai constaté les affections suivantes :

Hombre d'orpom aailitifi.

Otorrhées continues 7

Otorrhdes intermittentes 22

Perforations tympaniques 2{t

EpaisBissements et adhérences du tympan.... ~i

Epaississements légers du tympan 84

Tympans normaux 164

Dans un cas dont l'observation a déjà été donnée (page 134), il a été impossible de voir l'oreille moyenne par suite d'une malformation congénitale des pavillons et des conduits auditifs.

De nombreux auteurs ont fait de semblables examens; je citerai en particulier Toynbee, Roosa et Bbard, Bremer, Hedingeb, h. Schmaltz, Lemcke, Robertson, Jacquemart, Uchermann, Bull, Roller, Bliss, Kerr Love, Hamon du Fougebay, Gbazzï, Bezold, Schwendt et Wagner, et bien d*autres. Les résultats obtenus, bien que présentant des différences notables, ont un grand nombre de points communs et permettent de poser quelques conclusions générales :

1* La nature congénitale ou acquise de la surdimutité ne paraît avoir aucune influence sur la gravité et la fréquence des lésions observées dans la caisse du tympan. Il semblerait a priori que la surdi-mutilé acquise dût s'accompagner de modiûcations patholo-

STUPTOHATOLOOIE 387

giques presque constantes de cette région: nous avons vu en eiret la plupart des processus morbides, facteurs de la surdi-mutité, pénétrer dans le labyrinthe par l'oreille moyenne. L'observation nous montre cependant que beaucoup de ces affections de la caisse ont guéri sans laisser de traces appréciables, alors que chez des sourds de naissance, l'oreille moyenne est devenue le siège de modifications pathologiques importantes. Il est difficile de donner une explication de ces faits qui, cependant, ont été bien observi^s et doivent être considérés comme acquis.

2" Environ 30 à 50 0/0 des sourds-muets, pris en général, ne sont atteints d'aucune lésion de la caisse du tympan appréciable par l'examen direct.

3* Environ 50 à 70 0/0 des sonrds-muets présentent des modifications de la membrane du tympan, pouvant aller d'un épaisissement léger à une adhérence et même une ossification complètes. Les suppurations de l'oreill* se rencontrent aussi avec une assez grande fréquence.

4* Des poussées catarrhales aignëes se produisent souvent dans les oreilles des sourds-muets qui, d'après Mygind, seraient plus susceptibles que les autres aux moindres causes pathogènes.

5' Les lésions de l'oreille moyenne ne sont qu'exceptionnellement la cause unique de la surdité. Lorsqu'on les constate, lorsqu'elles s'accompagnent de délabrements considérables, elles sont toujours compliquées de modifications des éléments nerveux de l'appareil

338 SURDI'UUTITE

auditif, et ce sont ces derniers qui sont la cause vraie de la surdi-mutité.

Trompe d'Eustache. — RoUer, Lemcke, Hamon du Fougeray ont signalé de fréquentes sténoses de la trompe d'Eustache chez les sourds-muets. J'ai pratiqué fréquemment le cathétérisme et le bougîrage à l'Institut d'Asnières et, si j'ai trouvé souvent du catarrhe de la trompe, je n'ai que tout à fait exceptionnellement constaté de véritables sténoses.

Apophyse mastoÏde. — Les différents auteurs qui ont traité de la surdi-mutité n'ont signalé rien de particulier dn côté des apophyses mastoïdes des sourdsmuets. 11 est certain que les suppurations de l'oreille moyenne dont ils sont fréquemment atteints peuvent, comme chez les entendants envahir cette région, mais ces faits n'offrent rien de spécial et rentrent dans la loi commune.

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