Née en 171 i, elle épousa en 1782 le comédien
DE L'AMOUR vu
La pièce eut alors, — pour cette seconde et plus féconde reprise, — plus de trente représentations consécutives. Depuis on ne l'a jouée qu'à de longs intervalles, et elle ne figure pas généralement dans les œuvres choisies de Marivaux. Mais il y a longtemps déjà que la Comédie-Française en méditait la reprise. Peu de temps avant sa mort, M. Emile Perrin, administrateur général du théâtre, avait manifesté l'intention de remettre à la scène cette jolie comédie, si distinguée de style, de ton et d'cdlures. Son successeur immédiat, M. Jules Claretie, a heureusement donné suite à cette pensée ^
Lors de sa première représentation, la comédie de Marivaux s'appelait simplement, conime la pièce du
Charles Grandval. Elle débuta au Théâtre-Français le 1 3 janvier 1734. Voyez la notice consacrée à Grandval par Ch. GueuUette dans ses Acteurs et Actrices du temps passé, un volume in-8°, à la Librairie des Bibliophiles, avec portraits à l'eau-forte, 1881.
Le Mazurier, au tome II de son livre déjà cité, dit que dans ce rôle « M™^ Grandval fit oublier Adrienne Le Couvreur et qu'elle avait des qualités de comique naturel qui manquaient à cette dernière » .
I. Voici ce que nous écrivait M. Jules Claretie au sujet de cette reprise projetée :
. . . C'est la seconde Surprise de l'amour , celle de la Comédie-Française, que je vais remonter. Vous avez bien raison de la rééditer. C'est un chef-d'œuvre exquis. Tignore ce que le public en dira, mais je crois, j'espère, qu'il sera satisfait. Cette reprise n'est pas une exhumation, car rœuvre n'a rien du cadavre : elle est bien vivante...
Théâtre-Italien, la Surprise de l'amour; et c'est ainsi qu'elle figure sur le registre journalier des représentations de la Comédie-Française pour l'année théâtrale i 727-1 728. C'est encore ainsi que Marivaux la désigne dans la dédicace, à la duchesse du Maine placée en tête de sa pièce, quoique son éditeur lui donne le titre de LA Seconde Surprise de l'amour pour la distinguer de la première. Bien que ce soit sous ce dernier titre qu'elle ait toujours été imprimée par la suite, nous avons cru devoir en revenir à celui de LA Surprise de l'amour, indiqué par Marivaux, et adopté par la Comédie-Française aussi bien en 1890 qu'en 1727.
Georges d'Heylli.