VI LES DEUX SURPRISES
demie française, le marquis de Paulmy {de la famille des de Voyer d'Argenson), la fit représenter chez lui, et, mieux encore, il la recommanda aux amateurs, dans son Manuel des Châteaux, comme l'une des pièces les plus agréables à jouer sur des scènes privées. Le personnage de la marquise, cette veuve prématurée ' qui passe par tant de phases différentes de la coquetterie raffinée, donnait aux grandes danies, qui s'essayaient dans les comédies de société, une occasion trop brillante de faire valoir leur beauté et leurs toilettes pour que ce personnage ne fût pas l'un de ceux qu elles préférassent bientôt à beaucoup d'autres.
Le bruit de ce succès de salons, pour la comédie abandonnée de Marivaux, se répandit, et les Comédiens français ne furent pas les derniers à en entendre parler. Ils crurent devoir alors remettre à la scène une pièce dont les plus grcmdes dames s^accommodaient si bien; mais, cette fois, ils confièrent le rôle où Adrienne Le Couvreur avait échoué à une comédienne récemment admise au théâtre, Marie- Geneviève Dupré, devenue depuis peu la femme du comédien Grandval. Elle y trouva un de ses premiers et de ses meilleurs succès -.
1 . Meilhac l'a remise à la scène dans une comédie moderne, la Veuve, représentée au Gymnase en 1875.