‹ La surprise de l'amourChapitre 50 sur 79 · ACTE H, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE VII

Parlez hardiment.

Le Chevalier, d'un air embarrassé.

Que diriez-vous si je m'avisois d'en avoir?

La Marquise.

Je dirois... que vous seriez jaloux.

Le Chevalier.

Oui; mais, Madame, me pardonneriez-vous ce que vous haïssez tant?

La Marquise.

Vous ne l'étiez donc point? [Elle le regarde ] Je vous entends, je l'avois bien prévu, et mon injure est avérée.

Le Chevalier.

Que parlez-vous d'injure? Oia est-elle? Est-ce que vous êtes fâchée contre moi?

La Marquise.

Contre vous. Chevalier? non, certes; et pourquoi me fâcherois-je? Vous ne m'entendez point, c'est à l'impertinente Lisette à qui j'en veux : je n'ai point de part à l'offre qu'elle vous a faite, et il a fallu vous l'apprendre, voilà tout. D'ailleurs, ayez de l'indifférence ou de la haine pour moi, que m'importe? J'aime bien mieux cela que de l'amour, au moins, ne vous y trompez pas. Le Chevalier.

Qui? moi. Madame, m'y tromper! Eh ! ce sont ces dispositions-là dans lesquelles je vous ai vue,

qui m'ont attaché à vous, vous le savez bien; et, depuis que j'ai perdu Angélique, j'oublierois presque qu'on peut aimer, si vous ne m'en parliez pas.

La Marquise.

Oh ! pour moi, j'en parle sans m'en ressouvenir. Allons, Monsieur Hortensius, approchez, prenez votre place; lisez-moi quelque chose de gai, qui m'amuse.

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