ACTE II, SCENE IX
Que fait-il chez vous? » Je vous aurois tiré d'inquiétude, et tout cela ne seroit point arrivé. Le Chevalier.
Vous ne me verrez point faire d'inclination, à moi; je n'y songe point avec vous.
La Marquise.
Vraiment je vous le défends bien, cène sont pas là nos conditions; je serois jalouse aussi, moi, jalouse comme nous l'entendons.
Le Chevalier.
Vous, Madame?
La Marquise.
Est-ce que je ne l'étois pas de cette façon-là tantôt? votre réponse à Lisette n'avoit-elle pas dû me choquer?
Le Chevalier.
Vous m'avez pourtant dit de cruelles choses.
La Marquise, Eh! à qui en dit-on, si ce n'est aux gens qu'on aime, et qui semblent n'y pas répondre? Le Chevalier.
Dois -je vous en croire? Que vous me tranquillisez, ma chère marquise!
La Marquise.
Ecoutez, je n'avois pas moins besoin de cette explication-là que vous.
Le Chevalier.
Que vous me charmez! Que vous me donnez de joie! (Il lui baise la main.)
La Marquise, riant.
On le prendroit pour mon amant, de la manière dont il me remercie.
Le Chevalier.
Ma foi, je défie un amant de vous aimer plus que je fais; je n'aurois jamais cru que l'amitié allât si loin, cela est surprenant ; l'amour est moins vif.
La Marquise.
Et cependant il n'y a rien de trop.
Le Chevalier.
Non, il n'y a rien de trop; mais il me reste une grâce à vous demander. Gardez- vous Hortensius? Je crois qu'il est fâché de me voir ici, et je sais lire aussi bien que lui.
La Marquise.
Eh bien. Chevalier, il faut le renvoyer : voilà toute la façon qu'il y faut faire.
Le Chevalier.
Et le comte, qu'en ferons-nous? Il m'inquiète un peu.
La Marquise.
On le congédiera aussi; je veux que vous soyez