APPAREIL A AUTO-SUSPENSION TOTALE
Nous venons de voir en détail les différentes façons d’appareiller une fracture de cuisse, et l’on peut remarquer que le membre suspendu est toujours plus ou moins surélevé, position essentiellement favorable à l’accès facile de la plaie ; néanmoins, ceci n’est vrai que pour les fractures de cuisse basses ou moyennes, car la suspension ainsi pratiquée, ne dégage pas suffisamment les plaies du tiers supérieur de la cuisse et des régions trochantérienne ou iscbiatique.
D’autre part, il ne faut pas oublier que dans la majorité des cas de fractures de cuisse, on se trouve, par suite de la technique" chirurgicale actuelle, en présence de plaies opératoires considérables.
Les soins et les pansements sont alors difficiles, pénibles et fatigants pour le blessé, même avec la suspension ordinaire. C’est ainsi que nous avons été amenés à réaliser la suspension totale décrite ici, qui permet au blessé de se suspendre luimême complètement, avec la plus grande facilité, sans provoquer aucun mouvement au niveau de son foyer de fracture, et de rester dans cette position, équilibré par un jeu de poids, aussi longtemps qu’il est nécessaire.
Description de Tappareil à auto suspension totale. •— Cet appareil d’aspect un peu complexe, est en réalité fort simple et facile à installer dans tout service de fractures et surtout là où déjà la méthode de suspension est appliquée (fig. 89).
Le principe en est le suivant ; équilibrer le blessé au moyen de poids répartis sur de nombreux points d’application afin de ne provoquer chez lui aucune gêne et aucune douleur. Pour cela, on adapte sur l’attelle de Thomas dont nous nous sommes toujours servis de préférence, une selle en fer forgé (fig. 95) qui embrasse la région lombaire, se réfléchit sous la racine de la cuisse saine, et s’accroche aux deux tiges de l’attelle près de l’anneau (voir figure 97).
APmREIL A AUTO-SUSPENSION TOTALE i3i
Le tronc et la tête sont respectivement soutenus par une sangle thoracique et un soutien-tête. Enfin, la jambe saine vient se placer dans un étrier auquel est suspendu un poids suffisant pour l’équilibrer. Ces différents accessoires (selle, sangle thoracique, soutien-tête, figure 98) reçoivent, de chaque côté, des poids répartis suivant le tableau que l’on trouvera plus loin, et qui au moyen de poulies, de réflexion sont tous placés au pied du lit. Les poids les plus.é(evés répondant à la selle lombo-pelvienne (on le conçoit aisément puisqu’elle supporte tout le bassin), il y a lieu de placer de chaque côté du lit, une contre-suspension élastique (fig. 98, D.) qui permet au blessé de supprimer l’action de ces poids, lorsqu'il est au repos. L’examen des fig. 89 et 102 permet de se rendre exactement compte de ce dispositif.
Le membre fracturé maintenu dans l’attelle de Thomas, est suspendu comme on peut le voir dans la figure 89.
Ainsi appareillé (fig. 89 et 90) voyons maintenant comment le blessé peut lui-même se suspendre.
Il commence par détacher de chaque côté les-contre.-suspensionsélastiques; puis, le soutien-tête et l’étrier étant à sa portée, il attire le soutien-tête qu’il place sous sa nuque, et passe la jambe saine dans l’étrier. Saisissant alors à deux mains la poignée de bois, il se soulève avec un effort minime et prend la posi- . tion d’équilibre de la figure 9t.
Pour redescendre, il lui suffit de retirer le soutien-tête : le poids de la tête l’emporte. Puis, en faisant une traction sur les , deux cordes accouplées correspondant à la selle (celles où viennent s’accrocher les contre-suspensions élastiques) il se retrouve sur le plan du lit et accroche les contre-suspensions élastiques.
Il retire en dernier lieu l’étrier.
Certains blessés conservent en permanence la sangle thoracique; d’autres préfèrent l’enlever. En tout cas, elle est peu gênante ne supportant toujours,,qu’un faible poids (2 à 3 kilos au maximum de chaque côté).
Voici d'ailleurs un tableau résumant (es divers temps de cette manœuvre ;
MEMBRE INFÉRIEUR
Suspension
1er temps. — Décrochage des contre-suspensions élastiques.
2= temps. — La jambe saine est mise dans l'étrier.
3® temps. — Mise eh place du soutien-tête.
i^temps. — Suspension totale
réalisée.
Descente
3e temps. — Le soutien-tête est enlevé.
6 e temps. — Traction sur les cordes lombaires et lombopubiennes.
7e temps. — La jambe est retirée, de l'étrier.
8 e t.— Accrochage des contre-suspensions élastiques.
Fig. 89. — = Appareil à auto-suspension totale. — Blessé appareillé pour une fracture de cuisse gauche. Les contre-suspensions élastiques sont décrochées. On en voit une reposant sur le lit (Voir fig. 102).
Dans les cas de résection de la hanche ou de fracture sous-trochantérienne la plaie répond en général à l'anneau de l’attelle de Thomas.
Il y a lieu alors de modifier l’attelle, en supprimant le demi-
Fractures.