PAR
P. DESFOSSES et CHARLES-ROBERT
LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS, VP
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
PRÉFACE
L’appareillage correct d’une fracture par plaie de guerre est un problème qui se pose à tous les temps de son traitement, depuis la relève du blessé, jusqu’au terme de sa guérison.
Des progrès considérables ont été réalisés depuis le début de la guerre ; et l’on peut sans conteste dire que nous touchons à la perfection.
La méthode de l’extension continue et de la suspension, dite, à juste titre, méthode anglo-américaine, est une des plus répandues. Elle n’avait été en France jusqu’ici l’objet d’aucune description complète.
Desfosses et Robert nous en donnent un exposé parfait. Robert la pratique depuis un an dans les services de l’Auto-chir 21. 11 est chargé de l'enseigner à tous les échelons sanitaires de l’armée.
11 est l’élève direct du major Sinclair r.a.m.c., l’organisateur général de la méthode dans l’armée anglaise, et l’auteur de nombreuses innovations heureuses. Ce livre est donc une œuvre vécue aux armées, et consacrée par l’expérience de l’appareillage des fractures à tous les temps de leur traitement.
Les auteurs décrivent de la façon la plus précise
DESFOSSES ET ROBERT {
PRÉFACE
tous les modes de suspension avec extension continue pour le traitement d’une fracture.
Ils envisagent toutes les combinaisons possibles et nécessitées par le siège, la nature de la fracture. Certains chapitres sont des nouveautés : la suspension totale du blessé dans les fractures hautes de cuisse ou les résections de la hanche que Robert a réalisée à l’Autochir 21. L’organisation totale d’un service de fractures pour le traitement général par la suspension est une simplification heureuse. Robert l’a réalisée dans nos services. Comme -aussi il décrit avec Henri Réclère l’installation de l’examen radioscopique aux lifs môme des blessés permettant sous le contrôle des rayons la correction incessante des réductions.
Toutes vces descriptions allant de l’appareillage le plus simple à l’organisation générale d’un service de fractures sont d’une précision minutieuse.
iMM. Masson et C‘% dans leur haute compréhension de leur collaljoration ont mis à la disposition des auteurs la plus riche des illustrations. Chaque appareil est représenté comme aussi chaque temps de son application. Le lecteur lit dans l’illustration les phases de chaque appareillage.
Le médecin novice en la pratique de cette méthode, est à chaque pas conduit par une courte description, par des figures détaillées dans lescfuelles Reignier a mis tout son scrupuleux talent.
Les sympathies des auteurs vont nettement à 1 attelle de Thomas. Je ne puis que les approuver.
Le Thomas splint (ou ses dérivés) est, à mon sens, l’appareil idéal parce qu’il convient à tous les stades du traitement.
PRÉFACE
C est l’appareil type de première immobilisation ; c’est une attelle excellente et pratique pour le traitement après l’intervention.
Robert avec son expérience acquise aux Armées insiste sur cette unification de l’appareillage depuis le poste de secours jusqu’à l’hôpital de traitement.
Aujourd'hui, plus de paillons, de stores, de baguettes de fusils, de manches à balais, de gouttières pour immobiliser dans les formations régimentaires ou les ambulances, les membres fracturés.
Tous ces procédés inqualifiables doivent être rayés de notre pratique et ne laisser dans notre mémoire que le souvenir douloureux de leur emploi jadis réglementaire.
Partout de bons appareils d’immobilisation et d’extension continue qui permettent d’immobiliser correctement un blessé dès sa relève, de lui éviter les atroces souffrances de l’évacuation qui se produisent lorsque le membre n’est pas solidement maintenu et tendu.
Partout de bons appareils qui permettent d’amener au chirurgien un blessé enijon état, dont le shock n’a pas été aggravé par les souffrances du voyage, dont Tattrition musculaire n’a pas été augmentée j)ai* les secousses du transport, et qui se présente dans les meilleures conditions possibles à l’intervention chirui^ gicale complète et le plus souvent définitive.
Robert donne de cette immobilisation première, de cette utilisation del’attelle de Thomas, de son mode d’application une description précise, une démonstration jjarfaite.
Il n’est pas un médecin de bataillon, de régiment, d’ambulance qui ne doive connaître cette méthode de
PRÉFACE
la façon la plus précise. Sa conscience ne lui permettra plus d’en employer une autre.
Le livre de Desfosses et Robert, né d’une très grande pratique aux Armées, doit être le guide incessant de tous ceux qui,, au front, sont chargés de la réception et de l’évacuation des fracturés, de tous ceux qui dans le traitement des fractures veulent employer l’excellente méthode de la suspension combinée à l’extension continue.
Il vient à son heure, et je me permets d’en recommander la lecture assidue pour le plus grand bien de nos blessés.
Pierre Duval.
Chirurgien-consultant de la ... Armée.