‹ La suspension dans le traitement des fracturesChapitre 35 sur 65 · FRACTURES DU FÉMUR AU TIERS INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

FRACTURES DU FÉMUR AU TIERS INFÉRIEUR

La caractéristique de cette fracture est la difficulté constante de réduire le fragment inférieur qui, attiré par les muscles jumeaux, est toujours basculé en arrière.

^ Ici encore on peut employer les attelles de Thomas et de Hodgens.

1» Attelle de Thomas. — La courbure de l’attelle doit être portée à 140 ou 133° pour favoriser le relâchement musculaire ; il faut avoir soin de tendre au maximum le lac placé au niveau du foyer de la fracture ; enfin, le pied muni de la semelle de Sinclair est placé en légère rotation externe.

2° Attelle de Hodgens. - D’après Blake, la seule façon de réduire cette fracture, est de tirer directement sur les coudyles au moyen de la broche de Steinmann, mais en chirurgie de guerre, le danger d’infection en interdit le plus souvent 1 usage

et voici alors la méthode qu'il conseille de suivre :

On commence par placer le membre dans une attelle droite (Blake ou Relier) avec une traction à l’aide de bandes ou de l’étrier. La réduction en longueur s’opère, et l’on attend le début de consolidation. Le cal naturellement fibreux est flexible. On

MEMBRE INFÉRIEUR

substitue alors à l’attelle droite, une attelle de Hodgens courbée à 110° presque par conséquent à angle droit; le membre est alors fléchi, mais te genou étant déjà devenu raide, le mouvement de flexion se fait au niveau du cal, et le fragment inférieur viqpt se placer dans le prolongement du fragment supérieur. La traction est faite sur la partie jambière de l’attelle, rendue solidaire du membre par un enroulement de bande au niveau du mollet.

Pour avoir un bon résultat, il faut pratiquer une forte traction avant de changer d’attelle, pour étirer les muscles et éviter tout chevauchement ultérieur.

Accrochage des fragments (1)

La méthode de Depage dans les cas rebelles de non réduction des fragments semble devoir trouver ici une indication précise.

Fig. d06. — Accrochage simple du fragment inférieur. A vant et après l’accrochage (D’après Heitz-Boyer et Pouliquen).

Fig. 107. — Accrochage vertical double pour fracture sus-condylienne (D’après Heitz-Boyer et Pouliquen).

Sans en avoir aucune expérience, les résultats encourageants

(1) Accrochage dans les fractures de cuisse par Heitz-Boyer et Pouliquen. Bulletins de la Soc. de Chirurgie, no 30, 16 octobre 1917.

FRACTUBES de jambe lay

signalés par Heitz-Boyer et Pouliquen méritent de retenir

'"‘Lrirocédé consiste à passer sous le fragment inférieur basculé, un fil métallique. Sur l’anse ainsi formée, on opéré une traction fixée à un support adapté à l’appareil ou a 1 attelle employée. On pourrait également tirer sur le fil au moyen dune corde et d’un poids disposés sur le cadre de 1 appareil a suspension à l’aide de deux poulies.

Comme le montrent les figures 106 et être simple ou double, et suivant le sens de la réduction fi™ 1 O’i veut obtLir. la traction est verticale ou plus ou moins oblique.

FRACTURES DE JAMBE

Nous retrouvons, dans le traitement des fractures de jambe, l’emploi des attelles précédemment décrites, mais 1 appaieillage

est beaucoup plus simple. ivntinn ot

Tous les procédés de traction trouvent ici leur applica ion, et. le chirurgien en fera le choix, suivant la variété de fractuie, le siège et les dimensions de la plaie.

C’est ainsi que l’on aura recours suivant les cas, aux bmides collées, à la semelle ou au patin de Sinclair, à l’étrier de Finocliielto ou aux vis de Willems. les

Quelle que soit la fracture à traiter, on peut employei les attelles type Thomas ou type Hodgens.

. 10 Attelle de Thomas. - Pour la cuisse, l’attelle était légèrement coudée ; pour la jambe, il est préférable de a laisser droite. L’appareil est placé absolument comme il a ete dit , la traction esffixée à l’encoche de l’extrémité inférieure et la contreextension est assurée par l’anneau applique con re genou est immobilisé par deux tampons de “ton et quelques tours de bande embrassant l’attelle et le membre. Natuiellement, il est inutile d’incliner le lit, puisque le poids du corps ne ]Oue ici aucun rôle dans l’extension ou la contre extension.

MEMBRE INFÉRIEUR

L’appareil est suspendu ou peut simplement reposer sur h plan du lit. Il faut alors dans ce dernier cas, placer sur l’attelle le pied-support de Sinclair.

Fig. 108. — Appareillage d'une fracture de jambe dans l'attelle de Thomas.

A. Pied support de Sinclair. Dimensions: En fer rond de 0 m. 005, hauteur 0 m. largeur 0 m. 15, branches horizontales 0 m. 12, hauteur des branches horizontales 0 m. 17.

B. Support fixé par 4 cordons. A et B. Bandes collées pour éviter la chute du pied. Noter la réfiexion des bandes de traction autour des tiges de l’attelle, pour dégager les malléoles.

Pied-support de Sinclair. — Ce pied qui est un rectangle en fer (fig. 108, A) sert de support à l’attelle, et permet en même temps la suspension du pied. Il est facile à improviser avec du fer rond de 0 m. 005. En voici les dimensions :

Hauteur 0 m. 44, largeur 0 m. 15, replis du fer pour fixation apres 1 attelle 0 m. 12, hauteur de ce repli sur les grands côtés du rectangle 0 m. 17.

FRACTURES DE JAMBE

La figure 108 montre un pied placé dans une attelle de Thomas muni du pied-support. La traction est faite au moyen de bandes collées. Le pied est suspendu par deux bandes plantaires. Pour éviter la compression des malléoles par les lacs de traction, il faut avoir soin de les passer sur les tiges latérales avant de les nouer comme il a été expliqué à propos du bras (fig. 19).

Si le pied est muni d’une semelle, le support simple (fig. 74) suffit. L’étrier de Finochietto-Chutro, peut être utilisé.

2° Attelle de Hodgens. — Elle s’emploie dans les fractures de jambe, courbée à 135«. La figure 109 montre comment le membre doit être placé et l’on peut remarquer que la contreextension est faite par la partie crurale de l’attelle tirée en arrière par un poids suffisant. La corde qui est attachée à ce niveau est dirigée très en arrière vers la tête du lit et passée dans une poulie placée sur une barre longitudinale. ,

La traction est faite par des bandes collées, ou l’étrier.

Si l’emploi de la semelle est nécessaire, mieux vaut alors, avoir recours à l’attelle de Thomas droite.

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