La suspension de la vie
Il y a un certain nombre de phénomènes dont on conteste généralement l'existence parce qu'ils se présentent rarement et l'on considère les récits qui les signalent comme de simples légendes dues à la tendance naturelle de l'esprit humain vers le merveilleux. Beaucoup de gens donnent naïvement leur ignorance pour raison de leur incrédulité en disant : « Si c'était vrai, cela se saurait. »
Cest donc une œuvre utile, quoique ingrate, de rechercher ces phénomènes, en accumulant les documents qui en font foi, afin de prouver que leur rareté n'est qu'apparente et de les grouper de manière à montrer que les plus extraordinaires se rattachent, par transitions insensibles, à ceux que nous obser^vons tous les jours.
Tel est le but de cette étude qui a pour sujet La Suspension de la Vie. On y verra que l'organisme humain
est capable de suppoiier de très longs jeûnes et peut rester pendant plusieurs années dans l'état si voisin de la mort qu'est le somm eil ; cela rendra moins invraisemblables les récits des hagiographes et les inliumations temporaires des fakirs. Les phénomènes de reviviscence des organismes i7iférieurs, rapprochés des retentissantes expériences de M. Stéphane Leduc et de M. Yves Delage, pourront en outre jeter quelque clarté sur la question si obscure de l'origine de la vie.
Greiioble, 20 mai 1913.
Albert de ROCHAS.