‹ La suture primitive dans le traitement des plaies de guerreChapitre 16 sur 49 · OBSERVATION. — C · texte numérisé non relu

OBSERVATION. — C

Blessé le r6 août 1917, à 17 heures.

Opéré le 16 aoûl 1917 à 23 h. 45, trente DevRes quarante-cinq après la blessure. .

Plaie en séton de la région scapulaire. Die d'entrée au niveau de l'angle de l'acromion gauche. L'examen radioscopique révèle la présence d'un éclat d’obus superfciel de la grosseur d’un pois dans la plaie interne à la région scapulaire gauche.

Opération. — Exploration de l’orifice d'entrée. On se trouve en présence d’une grave infection des muscles. Le - séton est mis à plat sur toute son étendue, extraction du projectile, excision de tous les tissus contus, lavage à l’éther, suture sur fils de bronze et bourdonnet.

Suites. — Le lendemain de l’opération, 38 degrés, l'après-midi 4o degrés..Le prélèvement bactériologique effectué, donne à l’examen streptocoque et anaérobies, per-fringens et mesentericus.:

. Le 19, la température est à 39°5. L'état local est parfait, la peau souple est de coloration normale, pas de collection,

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seulement suintement très léger au niveau de la partie externe et droite de la suture, pas de rougeur, les tissus sont souples, aucune odeur, pas de gaz. En présence de cette élévation de la température et de l’état de prostration du blessé, on désunit la partie moyenne et externe de la suture : il s'écoule un peu de sérosité sans odeur ni gaz,

donc nous ne nous oons pas en présence d'une gangrène gazeuse.

Le 20, nouvel examen bactériologique, encore streptocoques et quelques anaérobies : la plaie a toujours un bon état local.

Le 5 septembre, très bon état local évoluant vers la guérison. Le malade quitte le service évacué le : itr octobre

presque cicatrisé.

En résumé, cette observation montre que dans une plaie à streptocoques suturée malgré la présence des anaérobies 1l n’y a pas eu de gangrène gazeuse. La clinique de ce blessé a été celle d’une septicémie. Le blessé a guéri.

, , : LA Al » Ln 2° Il y a des cas dans lesquels la suture est suivie d'une réaction générale el d’une réaction locale type gangrène gazeuse. |

OBservaTION. — T... Laurent, 7.172. ;

Blessé le 5 août 1917 à 2 h. 30.

Opéré le 6 août 1917 à 19 h. 30, soit pese neuf heures après la blessure.

1° Plaie du bras droit ;

2° Vaste plaie de la région fessière gauche:

3° Plaie région hanche gauche:

4° Plaie de la région lombaire droite:

5° Plaie de la région claviculaire gauche.

L'examen radioscopique montre la présence d’un projectile pour chacune de ces plaies.

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Opération. — 1° Extraction de l'éclat du bras droit, résection des tissus contus, éther, suture;

2° Débridement de la plaie fessière gauche ; éclatement des fibres de tous les muscles fessiers, vaste hématome, résection des tissus contus, éther, suture ;

3° Extraction d’un projectile au niveau de la hanche gauche, pas de suture ;

4° Débridement de la plaie de la région lombaire droite: résection des tissus contus, éther, suture;

5° Débridement de la plaie de la région claviculaire gauche; résection, suture.

Suites. — Quarante-huit heures après l'opération, nous nous trouvons en présence de phénomènes graves. Température 40 degrés.On fait un prélèvement. On défait les points de suture, sauf au niveau de la plaie du bras. Les autres plaies (dorsale et bras gauche) les fils enlevés ne présentent pas de tissus sous-jacents malades, la chair est rouge, par contre les plaies de la fesse gauche et la plaie lombaire sont nettement le siège de phénomènes putrides, 1l y a même présence de gaz, enfin la plaie sous-fessière droite est le siège d'une suppuration. La situation est très grave : thermocautérisation profonde des plaies putrides, sérum, huile camphrée. Les jours suivants, sous l'influence de ce traitement, on note des améliorations profondes des plaies et des tissus environnants.

Le 13, grande amélioration de l’état général, la langue est humide, localement, les plaies putrides suppurent, l’induration a disparu, des bourgeons charnus apparaissent.

Le 17, accentuation du bon état local. Les suites opératoires se poursuivent suivant une amélioration constante et une détersion progressive des plaies. Le blessé est évacué le re octobre 1917 en excellent état, les plaies presque cicatrisées.

L'examen bactériologique de ce blessé avait décelé la présence dans les plaies du streptocoque du staphylocoque et de cocci de l’air,

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Cette observation montre que la suture n’a pas

aggravé l’évolution étant donné le résultat obtenu ; en

suite, nous le savons, on observait des cas de gan-

grène gazeuse au temps où on ne pratiquait pas la suture.

30 Il y a des cas où la suture est suivie d'une réaction générale moyenne et d'une réaction locale se manifestant non pas par des symplômes locaux de gangrène gazeuse mais par une suppuration.

Cas. — Q..., René, 6.962.

Blessé le 26 juillet 1917 à 8 heures.

Opéré le 27 juillet 1917 à 9 h. 30, soit vingt-cinq heures trente après la blessure.

1° Fracture compliquée de l'extrémité inférieure de l’humérus droit par éclat d’obus, intra-articulaire, vaste plaie interne très infectée ;

2° Séton de la face interne du pied droit.

Opération. — Résection de l'extrémité inférieure de l’humérus, ablation de l'éclat et de tous les tissus sphacélés. Lavage à l’éther, puis à l’éther iodoformé, suture. Immobilisation plâtrée immédiate.

Suites. — 28. Bon état local, pas de douleurs, plaies souples au niveau de la suture.

29. — Plaie rouge, tuméfiée, avec écoulement de pus. On fait une prise bactériologique.

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