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le reste de la toison. Sur une certaine longueur, le tendon d’Achille n’est perceptible sous la peau, il est remplacé par un cordon conjonctif, bien plus grêle que le tendon primitif; ce cordon a ses extrémités unies aux deux abouts (épaissis) du tendon. Le membre présente, en outre, un certain degré d’amyotrophie.
Ayant dit que seule une suture tendineuse pourrait remédier à l’état de l’animal, le propriétaire insista pour que cette opération soit réalisée, c’était pour nous la première intervention de ce genre, et nous hésitions quelque peu à l’entreprendre.
Mis à couvert sur les conséquences éventuelles, nous nous documentâmes et praticâmes l’opération; de son côté, notre client fit fabriquer une gouttière coudée, en aluminium, résistante et légère, devant servir à maintenir le membre pendant l’intervention et après.
La peau fut incisée suivant un C très long dont la branche verticale, parallèle à l’axe du tendon, portait sur la masse conjonctive qui sépare ce dernier de l’axe du membre.
L’ancien trajet tendineux contient un mince cordon fibreux noyé dans du conjonctif. Ceux-ci étant détruits, nous amenons et maintenons (à l’aide de pinces à muqueuse) les deux abouts tendineux aux lèvres de la plaie. Sur le bout le plus long nous faisons un « accordéon », les deux surfaces de section sont avivées et coaptées (suture en lacet), la peau est finement suturée au crin et le tout recouvert d’un pansement stérile.
nd Re
L'animal est placé dans un box et mis dans l’impossibilité de porter les dents au pansement. Ce dernier et l’état général sont attentivement surveillés.
Le troisième jour, le pansement est changé (sans toucher à la gouttière) : il contient un peu de sérosité, mais pas de pus.
Nous procédâmes ainsi pendant une quinzaine de jours sans noter de symptômes d'infection.
Au bout de ce laps de temps, la plaie étant cicatrisée, le pansement ne fut pas refait, mais l’attelle resta en place. L'animal retourna alors chez son maïitre.
A la fin de la cinquième semaine, suivant notre recommandation, notre opéré nous fut ramené, il fut libéré de sa gouttière (ayant déterminé quelques eschares, malgré les précautions) et de son carcan de carton : à la palpation, le tendon paraît bien cicatrisé, mais l’amyotrophie est grande et l’animal ne se sert pas de sa patte.
Une semaine plus tard, nous revimes notre malade : il ne se servait que très peu de son membre, l’articulation du jarret se fermant à peine; cette impotence résultait : de la faiblesse musculaire, d’adhérences probables au niveau de la plaie et d’un raccourcissement du tendon. Nous conseillâmes à notre client de mécaniser doucement le membre et de masser les masses musculaires.
Nous revimes notre estropié plusieurs fois, par la suite : malgré une amélioration très sensible dans le jeu de la patte une raideur prononcée subsistait.