L'APPLICATION
Dans la futaie pleine on fixe, pour chacune des divisions comprises dans la coupe, la quotité de Texploitation qu'elle doit supporter en procédant de la manière suivante. On sait qu'une division doit fournir, par exemple, 300 mètres cubes, parce qu'elle s'est accrue de cechifiFre pendant la période précédente. On a reconnu d'ailleurs, par les calculs établis sur le matériel dont elle se compose, qu'après la coupe elle fournira en même temps l'accroissement le plus considérable au taux moyen le plus convenablement rémunérateur si l'on forme la réserve de 0,50 gros bois, 0,30 bois moyens et 0,20 petits bois. Si le matériel se compose de 900 m. c. gros bois, 540 m. c. bois moyens et 360 m. c. petits bois, il faudra donc couper 150 m. c. gros bois, 90 m. c. bois moyens et 60 m. c. petits bois *. Et comme on
< Si le matériel était : 800 m. c. gros bois, 600 m. c. bois moyeus et 400 m. c. petits bois, il faudrait coupor 50 m. c. gros bois, 150 m. c. bois moyens et 100 m. c. petKs bois.
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connaît le cube de l'arbre moyen de chaque classe, on saura combien il faut environ d'arbres de l'®, de 2* et de 3* classe pour former le chiffre réglementaire de 300 m. c.
Le forestier a donc une donnée positive, le cube total qu'il doit prendre dans la division , et deux autres indiciations, le cube et le nombre d'arbres par classes de grosseur, pour le guider dans le choix des arbres à marquer.
L'expérience établit qu'après avoir pris dans chaque classe de grosseur l'arbre dépérissant, le surplus à prendre pour parfaire le chiffre de la coupe doit porter sur l'arbre intermédiaire dans chaque catégorie. Ce choix est d'ailleurs rationnel, car l'arbre intermédiaire gêne l'arbre dominant et l'arbre qui lui est immédiatement inférieur, il souffre^ lui-même de cette double concurrence, et il est évident que, par son enlèvement, la végétation du massif prendra un nouvel essor.
Par ce traitement, dès la 2* on la 3® période au plus tard, l'arbre dépérissant ne se rencontre que très rarement, on n'a plus à couper que l'arbre mûr et l'arbre intermédiaire dans la mesure prescrite. L'arbre mûr est désigné par son faible accroissement, et les calculs de la revision périodique le mettent en évidence. Le choix de l'arbre intermédiaire n'est pas difficile. Cependant, au début, on est quelquefois indécis, mais le coup d'œil se forme promptement,
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pour peu qu'on ait l'halHtude et le goûl de la forêt.
Voîlâ la irègte pour procéder .au naartelage, et l'on comprend facilenjeat pourquoi la marque en déliwan<îe est préférable à la marque en réserve. D'abord il y a moins d'arbres k marquer, car on n'a pas souveut à prendre par la coupe plus de la sixième partie du matériel, eusuite on voit mieux ce qu'il convient de prendr-eque ce qu'il faut réserver.
Dans Le^ peuplements en bois de même âge, les massifs encore jeunes sont la plupart du temps étiolés; on ne peut y prendre par la coupe qu'une partie de l'accroissement, quelquefois la moitié ou seulement le tiers, à lai ''•période, et ce n'est souvent qu'à la 3® et même à la 4* période que l'on en peut prendre h totalité. IJ convient dans ce cas de réduire la période d'une année ou deux en ce qui concerne ces divisions seulement, et par suite elles reviendront plus souvent en tour d'exploitation. Lorsque les arbres du massif auront pris de la force, ce que Ton reconnaît à leur conformation et aux racines de la patte qui ne tardent pas à se développer énergiquement et à donner aux arbres une solide assiette, on revient ^ la période de cinq ou six ans.
Dans les massifs âgés renfermant un excès de matériel, ce que l'on reconnaît par les comparaisons d'inventaires, on doit prendre plus que l'accroissement, afin de rendre l'essor au massif, et la coupe peut être augmentée progressivement jusqu'à enlever
le quart du matériel et quelquefois même un peu plus.
Dans les taillis composés, on conserve les divisions existantes, et l'on abaisse la révolution des coupes d'une année ou deux à chaque période, qu'il convient de fixer à cinq ou six ans, comme dans les futaies pleines, mais pour la revision seulement. On arrivera de cette manière à la futaie pleine, c'est-à-dire à la culture forestière intensive, sans sacrifices ^ car ce qu'on perd sur le taillis par le couvert se retrouve dans le branchage et la cime des futaies, dont le bois de tige s'obtient par surcroît, et on y parviendra dans le temps le plus court, puisque l'on tire tout le parti possible des ressources que peut ofl^rir la forêt pour l'augmentation de la futaie.
La manière de procéder aux calculs d'accroissement, à la fixation de la coupe et au martelage, est comme dans la futaie pleine, avec celte différence que, dans la plupart des cas, il faut exploiter moins que l'accroissement et se borner autant que possible à la coupe des futaies dépérissantes ou très défectueuses, et faire une réserve en baliveaux de l'âge aussi nombreuse que possible, afin d'avoir un plus grand choix pour le recrutement de la futaie à la coupe suivante.
On a fait dans la plupart des taillis des coupes de futaies beaucoup trop fortes, sous l'influence de ce préjugé que la conservation des futaies est préjudiciable à la forêt et onéreuse pour le propriétaire. C'est
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-elle contraire qui est la vérité, et les calculs d'accroissement démontrent qu'il est impossible de faire avec profit la culture forestière, de la rendre intensive, sans l'éducation des futaies.
Les calculs d'accroissement tendent à établir ce fait considérable en sylviculture, que la fertilité augmente à mesure que le matériel de la futaie devient à la fois plus considérable et mieux agencé en arbres de différents âges. Cette augmentation de la fertilité, surtout profitable aux bois de première classe, commence à se produire dans le taillis composé dès que la forêt est en état de fournir à la coupe une réserve de 45 à 50 mètres cubes par hectare moyen. Les probabilités les plus fortes sont que cette augmentation progressive de la fertilité se produit dans une mesure telle, que les arbres parviennent aux plus grandes dimensions plus rapidement et avec plus de profit qu'il ne paraît possible de l'admettre rationnellement en partant des données actuelles de nos forêts appauvries.
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