‹ La symbolique (volume 2)Chapitre 7 sur 37 · Î,IV · texte numérisé non relu

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moins aullieiiliques. Ces symboles constituent le patrimoine de toutes les communions séparées , la dot précieuse que ces filles superbes emportèrent dans leurs nouvelles demeures. Il ne peut donc en être question quand il s'agit des différends qui occasionnèrent la rupture , et non point des liens qui unissent encore les deux camps. Nous nommerons en premier lieu les écrits dans lesquels l'Eglise proclama la croyance antique contre les erreurs qui venoient de s'élever dans son sein.

4° Le concile de Trente.

Bientôt après le commencement des dissensions dont Luther à la vérité fut l'auteur, mais qui avoient leurs racines secrètes dans toute l'époque ; de toutes parts se fit entendre le vœu que l'Eglise s'assemblât en un concile universel , afin de ramener les esprits à l'unité de croyance. Cependant de nombreuses difficultés, de grands obstacles qu'on n'apprécia pas toujours avec impartialité , ne permirent l'ouverture du concile qu'en 1545, sous Paul IIL Après de longues interruptions , dont une dura dix ans , il fut terminé en 1563 , sous Pie ÏV, après la clôture de la vingtcinquième session. Ses décisions concernent le dogme et la discipline. Parmi les définitions dog-

matiques, les unes soiil conçues en forme de traités ayant pour tiîre Decretwn ou Doctrina; les autres sont de courtes sentences appelées Canones., Les décrets exposent le dogme catholique souvent avec beaucoup de détails , les canons condamnent les erreurs concernant la foi. Les réglemens de discipline , intitulés Decretum de Reformatione , ne nous occuperont que rarement.

2° Le Catéchisme romain, ou catéchisme du concile de Trente; Catechismus romanus ex décréta concilii tridentini.

Les Pères assemblés à Trente sentirent euxmêmes le besoin d'introduire un nouveau catéchisme 5 quoique déjà Ton ne manquât pas d'ouvrages de ce genre, et que le nombre s'en fût encore beaucoup acCru pendant le concile. Néanmoins aucun n'obtint un assentiment général. Il fut donc résolu que le concile lui-même en composeroit un. Il revit en effet un projet dressé par une commission ; mais comme il n'étoit point d'une assez grande utilité pratique , ni à la portée de tous les fidèles , il fut rejeté. D'un autre côté , le concile étoit sur le point de se dissoudre. Il se vit donc forcé de renoncer à la publication d'un catéchisme. Les légats du Pape proposèrent alors d'en laisser

IVÎ le soin au Siège apostolique; et ie souverain pontife choisit, pour exécuter cet important travail, trois célèbres théologiens, Léonard de Marinis , archevêque de Lanciano , Gilles Foscarari , évêque de Modène, François Fureiro, dominicain portugais. A ces théologiens furent adjoints trois cardinaux et le célèbre philologue Paul Manuce, qui fut chargé de revoir le texte latin.

Leur travail parut en 1566, sous Pie IV. Toutes les églises s'empressèrent de le recevoir, il fut même reconnu dans plusieurs conciles particuliers. Rédigé dans un esprit vraiment évangélique , écrit avec beaucoup d'onction , écartant les opinions des différentes écoles, enfin débarrassé, conformément au vœu général , de la forme scolastique , il méritoit un accueil aussi favorable. Toutefois il est principalement destiné aux directeurs des âmes , et ne peut par conséquent suppléer aux catéchismes pour les enfans , quoique le texte primitif ait été mis par demandes et par réponses ^.

Or doit-on accorder à ce livre le caractère et l'autorité d'une confession de foi? Cette question

* Dans les premières éditions , le texte étoît continu , sans interruption. En 1572 il fut divisé en livres et en chapitres , et en 1574 mis par demandes et par réponses. {Note du îrad. )

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ne peut être résolue aifirmativement; car d'abord il n'a été ni publié ni confirmé par le concile de Trente, mais seulement composé par son ordre. En second lieu, d'après le but qui lui avoit été assigné , il ne devoit pas être opposé , comme profession de foi, aux erreurs qui commençoient à déchirer l'Eglise , mais il devoit mettre à la portée des fidèles le symbole qui avoit été déjà formulé. En conséquence il sert à d'autres usages , et il est disposé sur un tout autre plan que les confessions de foi publiques. D'ailleurs il ne s'occupe pas uniquement des points de controverse entre les catholiques et les protestans ; mais il traite de toute la doctrine évangélique. Il devroit donc plutôt être appelé profession de foi chrétienne contre les infidèles , si l'usage permettoit une semblable dénomination. Ainsi, d'une part, le catéchisme romain n'a point été formellement sanctionné par l'Eglise ; d'autre part, il ne possède pas toutes les qualités qu'ont ordinairement les symboles. Observons enfin que les jésuites ont soutenu que cet écrit n'a pas une autorité décisive , et qu'il n'a été porté aucune définition contraire *.

'Dans !a dlspuîe entre les thomistes et îee molinîstee, les

Mais si nous ne pouvons ranger le catéchisme romain au nombre des symboles catholiques , la considération qu'il a été composé par l'ordre du concile de Trente , nous détermineroit seule à lui accorder une grande autorité. Il y a plus : ce livre jouit d'une grande approbation dans l'église enseignante ; il a même été souvent recommandé par les souverains pontifes. Nous renverrons donc fréquemment à cet ouvrage ; nous l'invotjuerons comme un monument important de notre croyance, toutes les fois que le concile de Trente n'offrira pas assez de renseignemens , n'épuisera pas la matière.

3° Ce que nous venons de dire du catéchisme romain, s'applique à l'écrit intitulé : Professio fidei tridentina,

k° Bientôt après le concile de Trente , et même avant qu'il fût terminé , il s'éleva , dans le sein de l'Eglise , des dissensions sur les rapports de la grâce avec la liberté, et sur d'autres points qui se rattachent à cette question. Ainsi ces contro-

dominicains cberchoieiit à s'appuyer, pour établir la grâce nécessitante, sur un passage du catéchisme romain; et c'est alors que les jésuites soutinrent qu'il n'a pas une autorité décisive en matière de foi. ( IVoîe du trad. )

verses ne sont pas sans importance pour le but que nous nous sommes proposé. Afin de ramener la paix dans l'Eglise , le Siège apostolique se vit obligé de donner plusieurs constitutions dans lesquelles sont définies les matières controversées. Ici se présentent , en particulier , la bulle d'Innocent X contre les cinq propositions de Jansénius , et la bulle Unigenitus, donnée par Clément XL A la vérité, ces deux constitutions n'ont pas non plus un caractère symbolique *, puisque jamais le saint Siéffe ne les a formellement élevées à cette dif^nité. Cependant , comme elles sont strictement conformes au concile de Trente , et que d'ailleurs

"" Il ne faut pas nous tromper sur le sens des paroles que nous venons de lire. Elles ne disent pas que les constitutions d'Innocent X et de Clément XI ne font pas autorité , n'obligent pas tous les chrétiens; mais seulement qu'elles ne sont point un symbole de l'église catholique. L'auteur s'exprime assez clairement en parlant du catéchisme romain. Un symbole ne condamne pas seulement certaines erreurs , mais il proclame le dogme universel, puis il est toujours dirige contre une secte , mi parti , une hérésie condamnée. Qu'on examine celui de Nicée, celui de Constantinoplc , de saint Athanase, etc.; il ne restera aucun doute à cet égard. C'est à peine si l'on pourroit excepter le sym.bole des apôtres. Or les constitutions dont il s'agit n'ont point été opposées à une secte existante , mais seulement au livre de Jansénius et à ceux de Quesnel. D'ailleurs elles ne dérmi3sent pas positivement le dogme catholique ; enfin elles n'ont pas été données contreles protestans , ce qui suffiront seul pour justifier le texte de notre auteur. {Note du trad. )

elles sont reçues dans toute l'Eglise , nous puiserons plusieurs fois à cette source , nous en tirerons un grand nombre d'éclaîrcissemens.

On voit que l'église catholique , dans le sens où nous l'entendons ici, n'a proprement qu'un symbole, le concile de Trente. Tous les écrits qu'on pourroit encore appeler de ce nom , ne sont que des inductions, des commentaires, des applications de sa doctrine ; ils ne peuvent donc être mis absolument sur la même ligne que l'original.

Symboles des luthériens.

Le premier symbole des luthériens est la confession d'Augsbourg à laquelle donnèrent lieu les circonstances suivantes.

Déjà plusieurs diètes s'étoient occupées des dissensions religieuses parties de Wittenberg ; mais les mesures arrêtées à Worms à cet égard (1521) , furent jugées impraticables dans la conférence de Spire (juin 1526 ). Durant trois ans, l'exaspération alla toujours croissant, et elle se montra parvenue au plus haut point dans une nouvelle assem-

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î)lée tenue en cette dernière ville (mars 1529), et dont plusieurs princes faisoient partie. Ces princes, après dLYoÏT protesté * contre la demande faite par les catholiques , de ne point donner provisoirement plus d'extension à la réforme de Luther; après avoir manifesté l'intention formelle de ne plus tolérer aucun reste de catholicisme dans leurs Etats, ces princes formèrent une ligue étroite hasée sur XIX articles dressés à Schwahach , déclarant que quiconque refuseroit de les reconnoître , ne pourroit être admis dans leur alliance. Ces mêmes articles furent confirmés plus tard à Torgau. Or tels sont les élémens d'où sortit la confession d'Augshourg.

Youlant ramener la paix au sein de l'Eglise, Charles -Quint convoqua dans la ville d'Augshourg, en 1530, une diète qui devoit soumettre à un examen impartial la doctrine des deux partis. Le seul moyen d'atteindre un hut aussi louahle , c'étoit que les protestans exposassent la nouvelle croyance devant leurs adversaires , et qu'ils fissent connoître , d'un autre côté , ce qu'ils trouvoient de répréhensihle dans les usages et la dis-

• De là le nom de 'protesianf. Voy. Sleid. lîb. Vî. 94. 97. [NoîQ dît trad.)

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