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cîpline de l'Eglise catholique. Mélanclithon fut donc chargé de rédiger un mémoire qui fut plus tard appelé confession d'Augshourg, Quant à Luther, tous jugèrent qu'il ne pouvoit sortir de ses mains un travail propre à concilier les esprits.
Quoique l'auteur eût changé, sous plusieurs rapports , les articles de Schwabach ; quoique surtout il eût mitigé et rectifié les opinions de Luther, les catholiques ne purent cependant, à beaucoup près, souscrire à la confession de foi dressée par lui. Ils firent donc une réfutation qui fut également lue dans l'assemblée ; mais comme de leur côté les Etats protestans ne voulurent point la reconnoître, Mélanchthon fît une apologie de son premier écrit. Cette déferise ne reçut point alors une sanction solennelle ; mais elle a été regardée plus tard comme second symbole des luthériens.
Vainement eurent lieu à Augsbourg plusieurs autres conférences entre les théologiens les plus modérés des deux partis ; le but que s'étoit proposé l'empereur, de ramener la paix et la concorde en Allemagne , ne fut point atteint. A la vérité , on tomba souvent d'accord sur plusieurs points, mais jamais l'union ne fut sincère: on
cédoit pour un moment à l'empire des circonstances. Au milieu de ces événemens, tous les regards étoient tournés vers TEglise. Enfin Paul III convoqua un concile universel à Mantoue j en 1557. Les Etats protestans ayant été invités à s'y faire représenter, choisirent Smaîkalde pour se concerter entre eux , et pour conférer avec les légats du pape , Held et Vorstius. Déjà Luther, avant cette époque , avoit été chargé de faire un exposé de sa doctrine , de préparer des thèses qui deviendroient la base de l'union entre les protestans et les catholiques , dans le cas où elles seroient adoptées par ces derniers. Or, dans l'assemblée de Smaîkalde , ces thèses furent confirmées par les princes luthériens et plusieurs théologiens consultés à cet égard. Cependant, une foule d'obstacles ayant empêché l'ouverture du concile, elles ne furent point employées à l'usage auquel elles avoient été destinées ; mais plus tard les protestans eurent de nouveau l'occasion de s'expliquer devant les catholiques , et l'écrit de Luther obtint une place parmi les symboles de ses sectateurs , sous le nom &' articles de Smaîkalde.
Déjà pendant ces déclarations , des germes de discorde poussoient de profondes racines au milieu
môme de la réforme. Cependant la division ne porta tous ses ravages qu'après la mort de Luther. Dans la Symbolique , nous ferons connoître les sujets et les auteurs de ces troubles qui décliîrèrent la nouvelle secte. Qu'il nous suffise de dire ici qu'après de longs orages, André, chancelier de Tabingue, crut devoir opposer une formule orthodoxe aux innovations qu'on cherchoit à introduire. Son symbole universellement reconnu, la paix affermie pour toujours, toute altération dans la doctrine rendue à jamais impossible ; tel devoit être son triomphe > tels les bienfaits dont son église lui seroit redevable.
Grâces à de longs et persévérans efforts, André , fortement appuyé d'ailleurs par Chemnitz , célèbre théologien de Brunswick, parvint enfin, en 1577 , à faire reconnoître sa formule. On l'appelle ordinairement le livre de la Concorde ( Concordienformel), ou bien le livre de la Montagne ; car les deux théologiens nommés, de concert avec Sellnecker, y mirent la dernière main dans le monastère dit de la Montagne , situé non loin de Magdebourg. Ce symbole renferme deux parties. La première , appelée epitome, est un court exposé de la doctrine orthodoxe ; la seconde , citée or-
dinairement sous le nom de solida declaratio, contient de longues explications sur le dogme. Au reste cet écrit , malgré sa conformité avec la doctrine de Luther, et , chose remarquable , précisément à cause de cette conformité , ne fut point universellement reconnu.
Enfin , aux symboles que nous venons de nommer, nous devons ajouter le grand et le petit catéchisme de Luther, appelés la Bible des laïques par le livre de la Concorde. Bien que ces deux écrits aient eu pour but d'expliquer la doctrine protestante , ils n'étoient point destinés à devenir des professions de foi; mais il a plu au parti de leur accorder ce caractère.
Symboles des réformés.
Si , à part le livre de la Concorde, les confessions de foi luthériennes ont été reconnues par toutes les églises , les communions réformées , au contraire , ne possèdent aucun symbole admis universellement. La raison de ce phénomène se trouve ,
d'une part , dans la doctrine de Zwingîe sur l'Eu- I. e
cliaristie ; de Tautre , dans la théorie de Calvin suf la prédestination. La première ne satisfaisant point le sentiment profondément religieux du seizième siècle, la seconde révoltant la raison éclairée par le christianisme , ces deux doctrines ne purent pénétrer dans toutes les églises. Ainsi , dès le commencement, nous ne voyons aucune unité de croyance parmi les réformés : comment donc auroient-ils pu reconnoître le même symbole? Observons en outré qu'en Angleterre, on conserva l'institution divine des évêques ; ce qui amena une liturgie plus conforme à celle de l'Eglise catholique^.
C'est ainsi qu'il est arrivé que, dans chaque pays, les réformés ont un symbole particulier et même plusieurs symboles opposés les uns aux autres. Nous ne parlerons que des principaux.
1° La Confession tétrapolitaine fut dressée dans la diète d'Augsbourg, en 1550^ par les quatre villes de Strasbourg , Ulm , Memmingen et Lindau. Cet écrit ne fut point reconnu par l'assem-
* Au reste , le Néron de la Grande-Bretagne ne se fit pape que pour piller l'église avec titre , il ne conserva la hiérarchie que pour justifier ses rapines. L'évêque de Cantorbéry a encore trois millions de rentes de confiscations ecclésiastiques. ( Note du trad. )
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Blée. Comme ses auteurs incliiioient fortement vers la doctrine de Zwingle sur l'Eucliaristie , les Etats protestans refusèrent nettement de les admettre à communion. Quelques années plus tard, les villes dissidentes , mues par des intérêts politiques, souscrivirent à la confession d'Augsbourg , et bientôt il ne fut plus question du symbole tétrapolitain.
2° Les trois confessions helvétiques. Celle qui se trouve à la tète des symboles réformés , la première par conséquent, fut composée en 1356 par Henri Bullinger, Léon Juda , Myconius et Simon Grynseus. Elle fut refondue en 1566, et publiée au nom de toutes les églises de la Suisse , moins celles de Baie et de Neucîiâtel. Quant à la seconde , elle n'est que la première dans sa forme primitive. Enfin la troisième, dite de Blulhausen, fut publiée en 1552 par Oswald Myconius.
5° Les XXXIX Articles, ou le symbole de l'église anglicane. Déjà en 1555, sous Edouard YI, XLII articles avoient été rédigés probablement par Cranmer, arcbevéque de Cantorbéry, et par Ridley, évêque de Londres. Sous le règne d^Eîisabetb, en 1562 , ils furent réduits au nombre de XXXÏX , et confirmés dans un conciliabule tenu à Londres.
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4^" Les calvinistes français dressèrent leur symbole en 1539, dans un synode convoqué à Paris par Antoine de Chantieu , prédicateur réformé.
5*" Dans les Pays-Bas , les sectateurs de Calvin reçurent, en 1562, une confession de foi composée par Gui de Brès , Adrien Saravia et plusieurs collaborateurs. Comme. les auteurs de cet écrit n'avoient pas été publiquement chargés de ce travail , il ne trouva pas d'abord une approbation générale; mais en 1574 il fut confirmé, à part quelques articles, dans le synode de Dordrecht, et dès lors il obtint une place parmi les symboles réformés.
6° Les décisions dogmatiques, également portées à Dordrecbt en 1618 et 1619, excitèrent bien plus vivement l'attention. Déjà, au milieu même des réformés , plusieurs adversaires s'étoient déclarés contre la doctrine de leur maître sur la prédestination; mais le grand nombre des calvinistes, ainsi que les luthériens en Allemagne, se montrèrent bien décidés à maintenir tous les dogmes de leur église. Aussi , lorsqu'Arminius , prédicateur à Amsterdam, et depuis 1605 professeur à Leyde , attaqua les opinions de Calvin à la tête d'un parti assez nombreux , Gomar, son col-
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lègue, prit vigoureusement la défense du Réformateur , et l'on vit alors s'opérer une grande scission parmi les réformés. Or le conciliabule de Dordrecht voulut apaiser la discorde qui venoit de s'allumer , mais il ne fit que l'envenimer davantage. En vain les orthodoxes firent-ils essuyer aux arminiens toutes sortes de persécutions^ jamais ils ne purent anéantir leur parti. Cependant les décisions de Dordrecht obtinrent un accueil favorable , non-seulement en Hollande , mais encore parmi les réformés de la France et ceux de la Suisse. L^église anglicane, au contraire, les rejeta formellement.
7*" Frédéric III , comte palatin , après avoir abjuré la doctrine luthérienne pour embrasser le calvinisme, imposa d'abord ses nouvelles croyances à ses sujets; puis il fît composer, en 1562, un catéchisme , qui fut également placé au nombre des symboles réformés. Cet écrit est ordinairement appelé catéchisme de Heidelberg ou du Palatinat, et il reçut une si grande approbation, que plusieurs églises l'admirent comme livre classique.
8° Ainsi que le Palatin , les princes nouveaux convertis s'imaginoient qu'ils dévoient croire
pour leurs sujets , que leur pensée propre étoit la règle suprême. Après la mort de Frédéric , Louis , son fils , chassa à leur tour les prédicateurs réformés et réhabilita le culte et la doctrine luthérienne (1576). Mais voici qu'en 1582 , Frédéric vint rétablir le calvinisme et préparer aux docteurs de la confession bannie à cette heure , le même sort que les réformés avoient eu à subir sous le règne précédent. Pour le coup, il fallut croire, dans le Palatinat , aux décisions du concile de Dordrecht.
Il en arriva de même dans la principauté d'Anhalt-Dessau. En 1586, Jean-Georges voulut purger ses états du luthéranisme, et remettre en vigueur le culte réformé. A cet effet , il fit publier en 1597, un symbole conçu en XXVIII articles, et les prédicateurs eurent à choisir entre l'exil et l'admission de cet écrit. Jean étant monté sur le trône en 1644 , se servit de moyens non moins violens pour ramener la doctrine luthérienne . Dans la Hesse - Cassel , le landgrave Maurice força ses sujets d'embrasser la foi prêchée par Calvin, et déposa les ministres restés fidèles à Luther. Néanmoins il ne fut fait , pour lors, aucun symbole particulier, ce qui n'est pas peu surprenant.
Sans doute le restaurateur n'auroit pas manqué à un devoir aussi sacré, si , peu de temps après , il n'eût décrété la foi au symbole de Dordrecht.
9° De même Jean-Sigismond, margrave de Brandebourg, abandonna en 1614 la doctrine luthérienne pour le calvinisme; mais il ne put, quant à lui, se refuser la satisfaction de publier un symbole particulier.
40° Enfin , la confession d'Augsbourg, non-seulement jouit d'un caractère symbolique parmi les réformés d'Allemagne , mais en général les calvinistes lui accordent une grande considération. Dans ses dernières années , Mélancbtbon s'approcha de la doctrine du réformateur de Genève sur l'Eucharistie. Aussi, depuis 1S40, fît-il plusieurs changemens au symbole dont nous parlons. Dès lors ce livre devoit d'autant plus sourire aux réformés, qu'ils pouvoient l'invoquer en leur faveur. Ceci recevra de plus grands éclaircissemens dans la suite.
A l'égard des confessions de foi de Pologne, de Hongrie, de Thorn, etc., nous n'avons point à nous en occuper ici ; car elles ne nous apprennent rien de particulier.
Les symboles des petites églises protestantes, ainsi que les livres qui renferment leur doctrine, seront indiqués dans les chapitres consacrés à ces différentes sectes.