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Schwédenborg combat la chute en Adam. Ses contradictions dans ce point de dogme.

Comme nous l'avons déjà dit , le restaurateur suédois rejette la dégradation primitive ; mais aussi tombe-t-il en contradiction flagrante avec lui-même. Ce que les Livres saints racontent de nos anciens parens, Schwédenborg le prend dans un sens allégorique : Âdain et Eve \ dit -il, ne

1 Loc. cit. p. -335 : « Sed quod ox illa origine non sit aliquod

mnt pas des personnes réelles, mais la première église persotmifiée. Dès qu'une fois on a bien compris cette vérité, continue le docteur, on voit s'écrouler et l'enseignement catholique, et les nouveautés des réformateurs'.

Cependant le prophète reconnoît qu'une inclination mauvaise se transmet des pères aux enfans. Mais d'où vient ce dérèglement, cette perversion ? De chaque homme qui engendre selon la chair ; elle ne remonte pas plus loin que celui qui nous a donné le jour. « Mon ami (ce sont les paroles de Schwédenborg), le mal héréditaire, c'est-à-dire la propension au mal, ne vient pas d'ailleurs que de nos parens. » Dans un autre endroit, il va jusqu'à dire « que nous ne sommes que péché dans le sein de notre mère *. »

Chose singulière î dès l'origine , un penchant

malum haereditarium , constarc potest ex illis quae supra oslensa sunt , quod Adamus non fuerit primus hominum , sed quod per Adamum et ejus uxorem représentative describatur prima ecclesia in hoc orbe. »

1 Loc. cit. : « Ex bis intellectis et assumptis cadit opinio hactenus facta , quod malum homini a parentibus innatum inde sit , cum tamen non inde sed aliunde suam originem trahit. }>

* L'auteur n'a pas bien lu ce dernier passage. Le voici avec le contexte : « Quod omnis homo nascatur ad mala , ita quod ab utero matris non sit nisi quam malum , in ecclcsia notum est , et notum factum est ex causa , quia a conciliis et a prœsulibus ecclesiarum traditum est, quod peccatum Adami fraductum sit

au mal se transmet avec la vie , puis nous ne devons cherclier la cause de cette perversion que dans le père de l'enfant qui vient de naître ! Mais les parens eux-mêmes, de qui tiennent-ils ce mauvais héritage ? De leurs ancêtres , répond toujours ScliAvédenborg. Or, ici encore, se présente la même question, et forcément nous sommes conduits jusqu'au premier homme, appelé Adam par l'Ecriture.

Vainement l'hérésiarque prête - t - il un sens allégorique aux Livres saints ; ccir, dans toute hypothèse , il faut arriver à un premier pécheur. Admettons avec lui que, sous le nom d'Adam , nous devons entendre plusieurs races d'hommes, toujours faudra-t-il dire que le mal a pris naissance dans les anciens jours , et s'est transmis de génération en génération. Ainsi le voyant reste toujours enlacé dans ses filets.

Mais ce n'est pas tout : son interprétation est destituée de tout fondement. Le péché est entré

in omnem posteritatem et quod hoc uiiicutn sit. » Ensuite le voyant réfute celte doctrine qu'il attribue , comme nous venons de le voir, à l'église catholique : « Sed , mi amice , malum haereditarium non aliunde est quam ex parentibus , non quidem ipsum malum, quod homo actualiter committit, sed inclinatio ad illud (loc. cit. p. 335). » C'est peut-être la seule inexactitude de ce genre qui se trouve dans l'ouvrage de M. Mœhler. Au reste, le prophète dit qu'un penchant au mal est transmis des pères aux enfans, et c'est sur ces paroles que portent les rétlexions qu'on va lire dans le texte. ( !Vo(e du trad. )

dmis le monde par un seul homme , ^it saint Paul;... La mort a régné sur ceux mêmes qui n'ont pas péché de même quÂdam'. Donc Adam est l'auteur du péché primordial; donc il est une personne réelle ( «T/' é-^of àvèfén-cv ). Sous quelque rapport que nous envisagions la doctrine de Scliwédenborg , nous n'y voyons qu'incohérence et qu'absurdité.

Voulons - nous remonter à la source de ces contradictions , il faut la chercher dans l'opposition du docteur à l'enseignement luthérien sur le péché originel. En effet cet enseignement , dégradant l'homme dans tout son être , met au néant jusqu'à la liberté. Or Schwédenborg vouloit sauver cette faculté morale, et montrer dans chaque homme la raison du mal héréditaire. Mais, d'une autre part , il sentoit que l'individu est enlacé dans tout le genre ; une voix secrète lui disoit que tous les hommes ne font qu'une vaste famille, et que les biens et les maux de cette famille sont communs à tous ses membres. Ainsi, tour à tour dominé par deux sentimens contraires , il efface aujourd'hui ce qu'il avoit écrit le jour d'auparavant.

Encore une fois , d'où vient la perversion primitive ? Comment le sang qui nous donne la vie

1 Rom. V. 12, 14.

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