‹ La symboliqueChapitre 44 sur 63 · II · texte numérisé non relu

II

Mais 5 avant tout, dans quel rapport se plaça Scliwédenborg à l'égard de ses disciples? Nonseulement il se proclamoit le restaurateur de l'Evangile , dans le sens large du mot ; mais encore il se croyoit envoyé de Dieu pour fonder dans l'Eglise une époque nouvelle et permanente. Le second avènement du Christ devoit s'accomplir en lui. Ce n'est pas , toutefois, qu'il se regardât comme la divinité incarnée , car il enseignoit qu'elle ne pouvoit plus paroître sous la forme humaine ; mais Tamour et la foi aîloient renaître parmi les hommes , le règne de Jésus-Christ alloits^affermir sur ce monde. Il appelle cette consommation de l'Eglise les nouveaux deux et la nouvelle terre y la céleste Jérusalem annoncée dans l'Ecriture ' .

Scliwédenborg fixe le commencement de ce royaume au 19 juin 1770, et pourquoi cela ? C'est que ce jour même il finit l'ouvrage que nous avons indiqué plus haut. Dés que les dernières paroles en furent écrites , le Seigneur, envoyant ses douze apôtres par toutes les régions célestes , leur fit annoncer que celui dont l'empire touchoit à sa fin , Jésus-Christ , alloit continuer de régner éternellement ' . C'est ainsi que s'accomplirent les prophéties

' Loc. cit. p. 4G0 et suiv.

^Loc. cit. p. 47 8 : « Postqiiam finitum est lioc opiis, convocavit Dominus duodecim suos discipuîos qui ipsum in mundo secuti sunt ; et post diem emisitomnes in universum mundum spiritualcm,

de l'Ecriture, Dan., VIL 1-5, 14 ; Matth., XXiV. 51 ; Apoc., XI. 15.

\S LXXVÏIL

But pratique de Schwédenlorg. — Destinées. des réformateurs dans l'autre nrîonde.

Le système du voyant n'est pas exclusivement spéculatif , comme on pourroit le croire au premier coup d'œil ; il est avant tout pratique et moral. La justification protestante , ainsi que tous les points qui s'y rattachent, rcvoltoit l'esprit de Schwédenborg ; tout cet enseignement lui paroissoit contraire à l'Ecriture , et nuisible à la vie chrétienne. Or voilà l'idée fixe, pour ainsi parler, d'où sortit tout le schwédenhorgianisme.

La doctrine des réformateurs , en effet , provoque toute l'attention du prophète moderne : non-seulement il la réfute dans de longues discussions ; mais lors même qu'on s'y attend le moins , il en montre la pernicieuse influence sur la vie re-

ad praedicandum evangelium , quod Dominus Deus Jésus Christusregnet, cujus et regnum erit in sœcula sœeulorum , secundum prœdictionem a Danicle cap. VII. 13, 1 4 ; et in Apocalypsi , cap. XI. \h: Et quodbeaii sint, qui ad cœnam nuptialem Agni accedunt; Apoc. XIX. 9. Hoc factum est in mense junio, die 19, anno 1770. »

Ifgieuse et morale. Toujours et dans chaque arliclej il rapporte ses entretiens avec les intelligences supérieures ; mais nulle part il ne s'appuie sur des apparitions plus nombreuses que lorsqu'il flétrit la justification protestante'. Les anges lui révélèrent que la foi sans les œuvres ne rend pas juste .devant Dieu. Un jour plusieurs protestans venoient d'arriver dans l'autre monde : Schwédenborg s'y trouvoit pour lors , et voici ce qu'il entendit de ses propres oreilles. A toutes les questions qui leur ëtoient adressées , les nouveaux venus répondoient vîjue la foi devoit leur tenir lieu de tout ; mais un ~;.Kabitant du ciel leur dit : « Vous ressemblez à un

musicien qui ne sait tirer qu'une note de son instrument : c'est pourquoi vous êtes indignes de la société des esprits glorifiés. » Une autre fois , il entendit le dialogue suivant : « Qu'est-ce que croire , demanda l'ange ? — C'est reconnoître ce » qu'enseigne la Parole. — Qu'est-ce qu'avoir la » charité? — C'est agir conformément à la Parole. » --Je te demande donc : t'es-tu borné à croire , ou » bien as-tu réglé tes œuvres sur la Parole? ~ J'ai ré- » glé mes œuvres sur la Parole. —Viens donc, notre » ami, prends ta demeure au milieu de nous. »

Schwédenborg fit aussi plusieurs visites à Luther et à Mélanchthon. Lorsque le docteur saxon passa

' Loc. cit. p. 12,3, 124 , 550, 558, 290, 295, 298, 325.

sur les bords inconnus , il fut placé dans une région qui avoit une parfaite ressemblance avec le Wittenberg : c'étoit le même ciel , le même soleil ; les rivières, les bois, les rochers, les habitations, tout présentoit le même aspect. Là , plein d'une audacieuse assurance, et bouffi d'orgueil , Luther rassembloit ses disciples autour de lui , rangeant à ses côtés ceux qui avoient défendu sa doctrine avec le plus de zèle. D'un ton vif et dogmatique , il répétoit incessamment : La foi justifie seule. Mais , ô douleur ! voilà qu'un ange lui déclare que cette doctrine est radicalement fausse, et qu'il ne peut entrer dans le séjour de la gloire , s'il ne veuf l'abandonner. A ces mots , le Réformateur est frappé comme d'un coup de foudre ; long-temps il refuse de se soumettre , mais enfin le doute s'empare de son cœur , et dans un autre voyage , le prophète retrouva l'apôtre dans la troisième région. C'est ici une sorte de purgatoire où l'on travaille à la conversion des médians , des hommes engagés dans le crime ou dans l'erreur. Alors un ange dit à Schwédenborg que Luther paroissoit reconnoître ses égaremens, qu'on avoit espérance de le ramener dans la voie droite.

Mais sur quoi cet espoir étoit-il fondé ? Ecoutons le voyant : Avant sa réformation , Luther avoit été membre d'une église qui met l'amour au-dessus de la foi. Ainsi la doctrine des bonnes œuvres lui

avoit été inculquée dès sa plus tendre enfance; elle avoit jeté en lui de si profondes racines j qu'elle fut constamment le ressort intime de toute sa vie spirituelle. Quant à l'opinion contraire, il ne l'avoit point sucée avec le lait , de telle sorte qu'elle appartint toujours à l'homme extérieur, plutôt qu'à l'homme intérieur '.

1 II n'en est pas ainsi de Mélanchthon : l'erreur s'étoit établie dans le fond de st)n âme. Non plus que le père de la réforme , il n'a voit point été reçu dans les tabernacles éternels ; il falloit auparavant qu'il abjurât sa doctrine sur la justification. Lorsque le voyant lui fut présenté , il travailloit avec ardeur à un ouvrage théologique ; toujours il écrivoit ces funestes paroles : La foi justifie seule , et toujours elles s'effaçoient sous sa plume. C'est que nulle erreur ne peut subsister dans l'autre inonde. Vainement les anges vouloient-ils le ramener à de meilleurs sentimens ; rien ne pouvoit vaincre

' Loc. cit. p. 481 : « Quapropter non miror, » disoit alors Luther, « quod ego erraverim , sed miror quod unus delirans tôt délires potuerit producere.., « Schwédenborg continue : « Dictum est mihi ab angelis exploratoribus , quod prœsul ille prse multis aliis, in statu conversionis sit, quonia»?! in pucritia sua, antequam ingressus est reformatorera facere , imbuerit dogmata de proeminentia caritatis , quapropter etiam tam in scriptis quam in sermonibus tam egregie de cbaritate docuit ; ex quibus profluit , quod fides justificationis apud illum implantata fuerit in esterno naturali ejus homine, non autem î;adicat<i in interno spirituali homine. « '

son obstination. Un jour il voulut même écrire ces mots : La foi justifie avec la charité ; mais comme telle n'étoit pas son intime conviction , tous ses efforts furent inutiles. En conséquence rien n'annonce que ses douleurs doivent jamais finir*.

Le sort de Calvin est plus déplorable encore. Ce réformateur fut un homme charnel et superbe ; à la justification luthérienne il ajouta la prédestination absolue : Schwédenborg en personne le vit tomber dans un abîme plein d'esprits effroyables.

ïl faut aussi que les catholiques , avant de quitter le lieu d'expiation , réforment leur croyance sous plusieurs rapports. Cependant, quels que soient les préjugés de Schwédenborg contre l'Eglise romaine, il ne nous ferme point la porte du ciel. Si les catholiques, dit-il, ont opéré les œuvres de la charité , s'ils ont plus pensé à Dieu qu'au pape , ils entrent aussi facilement dans le séjour du bonheur, qu'on entre dans un palais dont les gardes n'éloignent personne , dans un temple dont les

* Schwédenborg ne pouvoit approcher de Mélanchîhon qu'avec de grandes difficultés. Cette doctrine empoisonnée : La foi seule mérite le ciel, avoit élevé autour du docteur une barrière infranchissable au foible mortel. Cependant l'homme de Dieu fut entouré par des anges embrasés d'amour, et c'est ainsi qu'il put arriver jusqu'au disciple de Luther. ( Voy. l'ouv. cité, p. 481.) (Note du trad.)

portes sont ouvertes ; aussi facilement qu'on lève la tête, lorsqu'on entend la musique des anges '. Autant les efforts de Scliwédenborg sont louables dans leur but, autant ils furent désastreux dans leurs effets. Cliercliant à renverser la justification protestante , il ébranla le christianisme jusque dans ses fondemens. Il crut apercevoir que les erreurs dont fourmille cette partie du nouvel enseignement, sortoient du dogme de la très sainte Trinité : il voulut arracher l'arbre par la racine , et rejeta l'idée d'un Dieu triple et un. Le prophète découvrit en outre , mais ses regards ne le trompèrent point ici , que ces mêmes erreurs avoient un point d'appui dans les opinions de la réforme sur le péché originel. En conséquence il nia la dégradation primitive , mit en relief la liberté morale , et combattit la satisfaction du Sauveur. Nous allons exposer la doctrine de Scliwédenborg sur ces différentes questions.

* Loc. cit. p. 491 : « His est Iransitus a papismo ad chrislianisraum tam facilis , sicut est per fores intrare in templum ; et sicut est transire satellitia , mandante rege ; et sicut est tollere Yultiini et suspicere ad cœliim , duni inde audiuntur voces, »

Doctrine de Scliwédenborg sur la Triailé. Pourquoi il combat la doctrine catholique.

Nous l'avons entendu , le dogme de la sainte Trinité conduit directement à la justification protestante. Mais comment cela ? Dès que Ton eut admis trois personnes en Dieu , dit Scliwédenborg , on leur prêta de nécessité divers attributs et diverses fonctions ; à Dieu le Père , la justice et la vengeance; à Dieu le Fils, la miséricorde et la rédemption. Or, de cette doctrine à la justification protestante il n'y a qu'un pas. En effet, si le Fils du Très-Haut s'est immolé sur la croix, s'il intercède incessamment pour le genre humain, il faudra que Dieu applique les mérites du Sauveur à tous les hommes ; et dès lors , qui ne le voit ? les œuvres et la charité sont inutiles, et dès lors nous devons souscrire à l'enseignement des réformateurs '.

1 Loc. cit. p. 101 : « Quod htec idca de redemptione et de Deo, ingesta sit tidei hodierna;, notum est, quod est ut orent ad Deum Patrem , ut propter crucem et sanguinem Filii sui remiitat dclicta, et ad Deum Filiuni ut oret et intercédât pro illis, et ad Deum Spiritum sanclum ut justilicet et sanctificet. » P. 385 : « Et quia inde emanavit persuasio mentalis de tribus diis, non potuit alla fides includi , quam quœ Tribus illis in suo ordinc

En conséquence Schwédenborg se déclara contre la médiation du Fils de Dieu ; et pour couper court , il rejeta le mystère de la sainte Trinité. Les anges , dit le propliètCjne peuvent formuler cette croyance, et quiconque a ces paroles dans la bouche : Dieu triple et un y estrejeté de leur présence. L'homme qui croit sincèrement à la trinité des personnes , est une statue mobile, animée par Satan ; c'est le démon qui remue sa langue , c'est lui qui parle par sa bouche. Enfin ce dogme aboutit nécessairement à l'athéisme, car il consacre l'existence de trois dieux'.

Voyons maintenant la doctrine de Schwédenborg. Il n'y a qu'une seule personne dans l'Etre suprême , le Seigneur Dieu ( sans doute le Jéhovah Elohiîn) de l'ancien Testament. Cette personne s'est faite homme en Jésus-Christ. La vertu émanée de ce Dieu-homme, est le Saint-Esprit qui vivifie , régénère , transforme et consacre le fidèle. Ainsi le prophète admet bien une trinité dans la souveraine essence, à savoir le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; mais ce sont là , continue-t-il, trois objets d'un seul sujet ^ c'est-à-dire.

applicala esset , quœ est quod Deus Pater adeundus sit , el implorandus , ut imputet juslitiam Filii sui , aut ut misereatur propter passionem Filii sui , et mittat Spiritum sanctum ut opereltir salutis eflxîctus medios cl uUimos , etc. »

1 Loc. cit. p. 26 et suiv. Comp, p. 19. 131.

trois attributs d'une seule personne divine'. En d'autres termes , dans la sainte Trinité sont trois manifestations différentes du Dieu un qui s'est révélé comme créateur dans le Père , comme rédempteur dans le Fils , comme sanctificateur dans le Saint-Esprit. Schwédenborg , du reste, applique l'expression Fils de Dieu à l'humanité de Jéhovali ; puis il compare le Père à l'âme , le Fils au corps , et le Saint-Esprit à l'activité de l'homme'.

Schwédenborg n'a pas la moindre idée de ce qu'on appelle preuve biblique ; on peut dire que c'est l'effet du hasard , quand il prouve une seule proposition d'une manière tant soit peu satisfaisante. Il entasse passages sur passages , citations sur citations ; il ne se soucie ni du contexte , ni des parallélismes , ni en général des règles de l'herméneutique , bien qu'elles ne lui soient pas entièrement étrangères. Veut-on avoir une preuve de sa dextérité? qu'on lise seulement les passages qu'il cite d'ïsaïe, de Jérémie, d'Osée, du psalmiste , pour montrer que ce n'est pas le Fils sor-

. * Loc. cit. p. 128 : « Ex his patet quod divioa Trinitas sit , quac est Pater, Filius et Spiritus sanctus. Sed qiiomodo illa intelligenda sint, sive quod très dii sint qui essentia et inde noniine unus Beus sunt , sive quod tria objecta unius objeeti , ita quod sint modo qualitates aut attribtita unius Dei, quœ ita nominantur, sive aliter, ratio sibi relicla nullatenus poîest videre. » -Loc. cit. p. 129.

tant du sein du Père, mais ce qu'il appelle Jéhovali , qui s'est fait liomme. Avec une semblable exégèse , il n'est point d'erreur, point de rêverie qu'on ne puisse établir par l'Ecriture '.

Mais rien de plus étrange que les ignorances du prophète concernant l'histoire du dogme. Chose incroyable ! il soutient que jusqu'au concile de Nicée, sa doctrine étoit professée dans toute l'Eglise : ce n'est que depuis cette époque , dit-il , que l'ivraie a pris racine dans le champ du Seigneur * ! Mais quoi ! Dans le second et le troisième siècle, l'Eglise frappoit d'anatlième quiconque , foulant aux pieds la croyance commune , enseignoit la doctrine de Schwédenborg; Praxéas abjura solennellement les mêmes erreurs, Bérille

* Loc. cit. p. G5.

"^ M. Tafel , bibliothécaire de Tubingue , défie M, Mœhler de prouver ce qu'il avance ici. ( Voy. l'ouvrage intitulé : Schwédenborg et ses adversaires....; réponse aux attaques de M. Mœhler dans la Symbolique, par Immanuël Tafel, Tubingue 183 4, p. 132.) Cependant voici comment Schwédenborg intitule le § 174 de l'écrit cité, p. 387 : « Quod trinitas personarum ignota fuerit in ecclesia apostolica , sed quod exorta sit a concilio Nicœno, et inde introducta in ecclcsiam catholico-romanam , et ab bac in ecclesias superatas ab illa. » Et plus bas : « A Constantino magno convocatum est concilium in Nic<£am urbem in Bethynia, et a convocatis ibi, ad ejiciendum damnosam Arii baeresim, inventum, concîusum et sancitum est, quod très personœ divins;, Pater, Filius et Spiritus sanctus ab seterno fuerint , etc. » Un homme , un savant comme M. Tafel est à plaindre d'avoir à défendre une si mauvaise cause. (Note du trad. )

fut condamné dans le synode de Bostra , tenu par les évêques d'Arabie; Sabellius devint un objet d'exécration dans toute l'Eglise d'Afrique; elle voyant nous dit que ses enseignemens ne sont autres que ceux des premiers siècles !

Dans ces derniers temps , depuis Souverain , quelques auteurs ont aussi prétendu qu'avant le même concile , toute l'Eglise étoit infectée de l'hérésie d'Arius. A la vérité, cette assertion décèle une étude superficielle des sources ecclésiastiques ; mais l'allégation de l'homme de Dieu dénote une ignorance complète en fait d'histoire. Et c'est dans un livre divin , proclamé par les douze apôtres , c'est dans un ouvrage sur lequel reposent le royaume de Jésus-Christ , le salut des siècles futurs; c'est dans l'ouvrage du prophète suédois que se trouvent des erreurs aussi grossières , aussi criantes !

Quant à sa dialectique, elle a souvent une frappante ressemblance avec celle des ariens, surtout avec celle d'Aétius et d'Eunome. Nous devons toutefois observer une différence, c'est que ces anciens sectaires montrèrent infiniment plus de talent et de pénétration. De tous les unitaires '

* C'est ce qu'on voit au premier coup d'oeil dans l'écrit de Tertullien contre Praxéas , dans les fragmens d'Hippolyte contre Noet, dans l'ouvrage faussement attribué à saint Athanase, contre les disciples de Sabellius.

imbus des mêmes principes que Scliwédenborg, il n'en est aucun qui n'ait su donner à ses erreurs une plus grande apparence de vérité. Pour peu que l'on connoisse les écrits des Atlianase , des Hilaire , des Grégoire de Nazianze, des Grégoire de Nysse , des Augustin, ces lumières de l'Eglise , ces grands docteurs qui combattirent les ariens et les sabelliens , on s'étonne de la foiblesse outrecuidante de Schwédenborg. C'est tout au plus avec des forces médiocres , qu'il entreprend de renverser une doctrine que des géans n'avoient pu ébranler , disons mieux, qu'ils n'avoient fait qu'affermir, en lui procurant de nouvelles victoires.

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