CONDENSATION ET COMBINAISON DIRECTES
réte pas à cette limite. En effet les carbures polyacétyléniqués, décomposés à leur tour par la chaleur, se changent en dérivés forméniques, renfermant un atome de moins de carbone. C'est ainsi que Thydrure de styrolène ou éthylbenzine, ^6 H6. ^2 h^, engendre le toluène ou méthylbenzine, ^6 H^. ^ H*, avec séparation d'acétylène (1). Le styrolène luimême, carbure qui peut être obtenu par synthèse directe, étant mis en présence de Thydrogène au rouge, engendre les mêmes produits que son hydrure, spécialement le toluène. C'est là une réaction générale.
6. Nous pourrions développer davantage le tableau des synthèses pyrogénées, et montrer par exemple comment une partie de Thydrure de styrolène, ou bien encore une portion du styrolène et de Thydrogène mis en jeu dans les expériences précédentes se change , par transposition moléculaire, en diméthyJbenzine proprement dite ou xylène, carbure isomérique avec l'éthylbenzine (2).
7. Nous pourrions montrer encore (3) comment la condensation directe du formène libre par la chaleur, ^ H^, produit non seulement Téthylène, dérivé deux fois aussi condensé:
mais aussi le propylène, dérivé 3 fois aussi condensé,
€t toute une série de carbures ^n W^, engendrés ainsi, je le répète, par la condensation directe du formène libre.
8. Les carbures produits par synthèse pyrogénée sont liés on général avec leurs générateurs par des relations d'équi- Ubre, pareilles à celles que nous avons signalées pour les car- Ci) Sur la formatioQ des homologues de la benzine par raction
réciproque des carbures plus simples, Berthelot, Ann, de Chimie et de Physique, 4« série, t. XVI, p. 175.
(2) Ann. de Chimie et de P/njsique, 4» série, t. XVI, p. 181.
(3) Même RecueU, p. 149.
bures d'hydrogène les plus simples (1) : eu effet chacun des carbures pyrogénés éprouve vers la température rouge un commencement de décomposition, limitée par latendance isomère des produits à se recombiner, soit entre euz^ soit avec les autres carbures, en présence desquels ils se manifestent. Toutes les fois que l'acétylène prend naissance à une haute température, et l'on sait combien sa production est générale, tous les carbures pyrogénés qui en dérivent apparaissent, et leur ensemble donne lieu à un équilibre mobile, qui dépend des masses relatives mises en présence, ainsi que de la température et de la durée des réactions. On voit par là comment l'acétylène est le générateur commun de tous ces carbures, et comment ils coexistent dans toute réaction opérée à la température rouge.
La formation des carbures pyrogénés, demeurée si longtemps obscure, est ainsi établie par des expériences directes et expliquée à l'aide d'une théorie régulière : cette théorie rend compte de la formation du goudron de houille et des produits analogues, qui prennent naissance lorsque, les matières organiques éprouvent rinfluence prolongée de la température rouge.
9. Telle est retendue de la synthèse pyrogénée. Elle forme en définitive, par un système méthodique de réactions directes et nécessaires, des carbures de toute condensation et de toute constitution, à partir de l'acétylène.
Pour compléter la synthèse de tous les carbures d'hydrogène, il convient maintenant de montrer comment on peut hydrogéner les carbures précédents, de façon à les amener aux limites de saturation qui correspondent à chaque condensation.
(1 ) Annales de Chimie et de Physique, 4" série, t. XII, p. 69t» Statique des carbures pyrogénés, t. XII, p. 469.
HYDROGÉNATION DES CARBURES DHYDROGÈNE 227
HTDROOÉNATION DES GARBURES d'hYDROOÈNE (thÉORTE).
1. Limites théoriques de saturation, — Nous commencerons par exposer la théorie générale qui préside à cette hydrogénation, puis nous aborderons les méthodes propres à la réaliser.
Le formène est de tous les carbures le plus riche en hydro* gène; nous avons dit plus haut comment il engendre toute unesériede carbures qui renferment 2 fois, 3 fois, etc., autant de carbone sous le même volume. Ces carbures condensés sont-ils susceptibles d'hydrogénation et jusqu'à quelle limite? C'est ce qu'il est facile de déduire des propriétés connues du formène. En effet le formène, carbure saturé d'hydrogène, ne s'unit pas par addition simple avec l'hydrogène, ni même avec le chlore, les éléments de l'eau, etc. Mais il se combine avec ces corps, simples ou composés, par voie de substitution : par exemple en perdant 4 volumes d'hydrogène, H^, et en gagnant à la place 4 volumes de chlore, CP, d'acide chlorhydrique, HGl, d'eau, H^O, etc. Une 2« molécule de formène, en particulier, peut se substituer à un volume égal d'hydrogène dans la 1'" molécule de formène envisagée ; on obtient ainsi Thydrure d'éthylène,
■€• ÏP (^ H*) ou ^2 H6 (4 volumes),
composé que nous avons déjà signalé plus haut, mais en le regardant comme le 3« hydrure de carbone,
^ W (2 volumes),
rapporté à un volume moitié moindre que le formène. Sans être plus vraies dans un sens absolu, les formules actuelles représentent cependant un autre point de vue et se
prêtent à des déductions plus générales. En effet, il résulte de la génération précédente que Thydrure d'éthylène est un carbure saturé, au même titre que le formène son générateur. Il ne peut pas davantage s'unir par voie de combinaison intégrale avec l'hydrogène, le chlore, Tacide chlorhydrique, les éléments de Teau. Mais il peut engendrer toute une série de dérivés, par voie de substitution : l'hydrogène étant remplacé à volumes gazeux égaux par l'eau, l'acide chlorhydrique ou par tout autre corps simple ou composé. Les corps ainsi obtenus seront généralement des corps saturés, comme le formène et Thydrure d'éthylène, pourvu que leur second générateur le soit également.
On peut encore ôter de l'hydrogène à Thydrure d'éthylène : ce qui engendre, comme nous l'avons vu, deux autres carbures de même condensation,
Féthylène ^^ h* = -G2 hc -, H»
et l'acétylène ^ H^ = ^a H* — H».
Ces nouveaux carbures ne sont pas saturés. L'éthylène peut se combiner avec deux volumes d hydrogène, ou d'un corps simple ou composé quelconque. L*éthylène est dès lors ce que nous appellerons un carbure incomplet du 1" ardre :