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Mais ces méthodes partielles ont été dépassées par la

(1) Bull, de la Soc. Chim., 2« série, t. XI, p. 360.

(2) Berthelot, Annales de Chimie et de Physique, 3» série, t. LI, p. 54; 1857.

méthode universelle pour réduire et saturer d'hydrogène les composés organiques, méthode que M. Berthelot a fait connaître en 1867-1870 (1).

Par cette méthode, un composé organique quelconque peut être transformé dans un carbure d'hydrogène, renfermant d'ordinaire la même quantité de carbone, et le plus hydrogéné, c'est-à-dire le plus saturé, parmi ceux qui offrent cette composition. Depuis les alcools et les acides gras, jusqu'aux corps aromatiques; depuis les carbures éthyléniques, presque saturés d'hydrogène, jusqu'aux carbures pyrogénés les plus riches en carbone, tels que la benzine, la naphtaline, l'anthracène, le bitumène ; depuis les principes hydrogénés, jusqu'à leurs dérivés perchlorurés; depuis les amides et les alcalis éthyUques, jusqu'au cyanogène, et jusqu'aux corps azotés complexes, tels que l'indigotine et l'albumine, la méthode se vérifie^ sans rencontrer d'exception. Elle s'apphque même aux matières noires, telles que l'ulmine, la houille, le charbon de bois, matières que l'on est habitué à regarder comme placées en dehors du domaine des réactions régulières : c'est cette extension illimitée qui justifie le nom de méthode universelle.

Les résultats que Ton vient d'annoncer peuvent être réalisés par un seul et même procédé : ce procédé consâste à chauffer le composé organique à ^75 degrés, dans un tube scellé, pendant dix à vingt heures, avec un grand excès d'acide iodhydrique. L'acide doit être employé à l'état de solution aqueuse saturée à froid et dont la densité soit double de celle de Veau. On peut évaluer à une centaine d'atmosphères la pression développée dans ces circonstances.

Le pouvoir réducteur de l'acide iodhydrique s'explique, parce que cet hydracide, en solution aqueuse, commence à se résoudre en iode et hydrogène, à la température de 275 degrés, et même au-dessous. En présence des principes

(l) Bulletin de la Société Chimique^ t. YII à t. Xt« — Annales de Chimie et de Physique, 4« série, t. XX, p. 392.

MÉTHODES EXPÉRIMENTALES D'HYDROGÉNATION 235

organiques, la môme décomposition se produit, et la plus grande partie de l'hydrogène qui en résulte se porte sur les principes organiques; tandis qu'une autre partie de ce même hydrogène devient libre.

Non-seulement on forme les carbures saturés, €»» H^ n + 2; mais en faisant varier la proportion de l'acide iodhydrique, 8a concentration, ou la température des réactions, on parvient à réaUser toutes les réductions intermédiaires. Par exemple, le térébenthène, G*^ H^^, fournit successivement les trois hydrures G*^W\ G^m^^ et €^*H22; la naphtaline, C^o H», fournit les hydrures €'* H^^ G^^W\ €'<>H'^et enûn€*®H22, etc., etc.

La méthode générale d'hydrogénation réussit également avec les composés simples et avec les composés complexes, c'est-à-dire formés par Tassociation de deux principes plus simples, principes dont les réactions se manifestent dans certaines métamorphoses.

Dans la réduction des composés simples, on observe des transformations extrêmement nettes : la totalité des corps mis en expérience éprouve le changement désigné par Téquation. Voilà ce qui arrive en particulier avec les carbures formés par la réunion successive de plusieurs molécules de formène, ajoutées une à une.

Quant aux composés complexes, soumis à l'influence réductrice, ils se dédoublent d'ordinaire, en reproduisant les deux carbures qui répondent à leurs générateurs. On tire de là une méthode nouvelle et générale de dédoublement, applicable soit aux composés complexes que l'on savait dédoubler par les moyens connus, tels que les éthers et les amides ordinaires; soit aux alcalis et à certains carbures d'hydrogène.

La théorie des carbures complexes et celle des carbures polymères sont éclairées par là d'une vive lumière : soit que le carbure se dédouble sous l'influence du réactif; soit qu'il donne naissance à un carbure unique, saturé d'hydrogène.

et renfermant le carbone dans un état de condensation identique à celui du carbure primitif. L'étude du styrolène, de réthylbenzine, de la naphtaline, de Tanthracène, celle des dérivés polymériques de Tacétylène, de Téthylène, du propylène, de Tamylène, du térébène, etc., fournissent à cet égard les résultats les plus catégoriques ; bref, il n'est presque aucun problème général de chimie organique qui ne doive attendre de cette méthode, soit des solutions inesp^ées, soit tout au moins une lumière inattendue.

4. Citons seulement, pour terminer, quelques applications synthétiques de la nouvelle méthode.

Telle est par exemple la transformation d'un carbure saturé dans son homologue supérieur : Soit en effet un carbure, rhydrure d'éthylène par exemple, G^W : on le change par l'action du chlore en éther chlorhydrique, €^ H^ (HGl) ; puis, celui-ci est transformé au moyen du cyanure de potassium en éther cyanhydrique €^ H^ (€HAz), et ce dernier traité par l'acide iodhydrique, a pu être changé entièrement en hydrure de propylène, €^ H^ (GE*) ou €^ H*. La môme série d'expériences, réitérée sur l'hydrure de propylène, permet de s'élever î\ Thydrure de butylène, €^H*^, et successivement à toute la série des carbures saturés.

On peut même franchir deux degrés d'un seul coup : en effet le bromure d'éthylène, G^R* Br^ peut être changé en cyanure d'éthylène, G^ H^ (€HAz) (€HAz), et ce dernier en acide succinique, puis en hydrure de butylène, G* H*®.

Les mêmes réactions permettent encore de passer directement de l'acétylène au formène, par voie d'hydrogénation simple. En effet l'acétylène et l'azote, combinés directement par l'étincelle électrique, produisent l'acide cyanhydrique; et ce dernier, traité par l'acide iodhydrique, se change à. son tour en formène.

2 (€H) -f Az Az=2C HAz^; €HAz+ SH^ = €H^ + Az H3.

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