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TRANSMUTATION DE L’ARGENT PAR LE RADIUM

L’expérience suivante fut effectuée au Laboratoire de la Société Alchimique de France, à Douai, par MM. F. Jollivet Caslelol et Jules Delassus : Au mois de novembre 1907, une lame d’argent pur et une lame de cuivre pur, pesant I gr. chacune, furent mises en contact avec un tube de verre contenant i milligramme de bromure de radium, d’activité 1.800.000, fourni par lu Société des Produits r-tiimiques de Paris.

Les lames furent ainsi laissées jusqu’au mois d’avril 1908, soumises à l’action des rayons ^ et y par le tube de radium.

A celte époque la lame d’argent fut dissoute dans de l’acide nitrique pur à 36°. Durant l’attaque, la solution prit une coloration bleue caractéristique du nitrate de cuivre, qui ne persista que quelques instants .

Enfin l’on obtint un résida nitrique très minime, brunnoir, qui résista aux attaques suivantes par l’acide azotique bouillant, mais qu’il fut malheureusement impossible de recueillir à fin d’analyse.

Bien qu’incompicte et rudimentaire, cette curieuse expeïience vaut d’être relatée, car elle semble démontrer une transmutation de l’argent en or oc en un métal insoluble dans l’acide nitrique (résida nitrique) cl un transfert de molécules de la lame de cuivre sur la lame d’argent (co/o- Tûtion bleue initiale de la soluiion), ou une dégradation

d une partie de l’argent en cuivre sous l’influence du radium.

Nous espérons parvenir prochainement à des résultats plus précis, ces recherches sur la transmutation des métaux étant activement poursuivies dans le laboratoire de /a iSociété Alchimique de France,

Il est intéressant de rappeler que Ramsay affirme de son côté avoir obtenu la dégradation du cuivre en lilhmm, au moyen de l’émanation du radium.

L’Alchimie est en bonne voie. L’Unité de la Matière et l’évolution des éléments chimiques sont aujourd’hui des faits incontestables.

L’Alchimie pratique prit naissance en Egypte par suite, comme le dit Rerthelol, des travaux auxquels les Egyptiens se livraient sur les divers métaux et leurs alliages. Ils essayaient en conséquence d’imiter les métaux nobles, et aussi les autres.

Les théories alchimiques reposaient sur la doctrine des quatre Eléments : Terre, Eau, Air, Feu, Iransmutables les uns en les autres puisqu’ils sont les manifestations diverses de la matière première.

Cette matière première est identifiée avec le Mercure des Philosophes. Elle constitue tous les corps de l’Univers.

Pour obtenir un corps déterminé, l’Or par exemple, il faut prendre des corps analogues, proches, qui en diffèrent seulement par quelques qualités, et éliminer ce qui les particularise, de façon à les réduire à leur matière première : le mercure des philosophes.

Bref il faut dépouiller chaque métal de ses propriétés particulières, individuelles, le ramener à l’état de matière première, qu’on teignait par le soufre et l’arsenic. Gomme la matière première pouvait s’extraire du mercure ordinaire, do là vient que les alchimistes disaient que tous les corps étaient formés de soufre et de mercure.

La teinture cî’or et d’argent ainsi formée de mercure travaillé, sublimé, et de soufre amalgamé, constituait la pierre philosophale ou poudre de projection, ferment métallique puissant capable de transformer en or le plomb et les métaux imparfaits.

En somme, on voit combien cette conception générale de la Matière se rapproche de celle que la Science moderne reconnaît de plus en plus, à savoir : une substance identique dont les diverses modilications représentent les différents éléments chimiques.

De là à réaliser la synthèse de ces éléments et leur transmutation par des opérations, des réactions, des dissociations, qui dépouillent les corps de certaines propriétés individuelles pour leur en attribuer d’autres, il n’y a qu’un pas.

La Matière, forme condensée de l’Energie, étant une, on doit pouvoir ramener à cette unité les innombrables composés moléculaires et atomiques chimiques, puis reconstituer telle ou telle condensation correspondant à tel ou tel corps

On doit pouvoir arriver à modifier un corps X jusqu’à l’amener à l’état d’un autre Y, l’argent par exemple jusqu’à lui communiquer les propriétés de l'or, le fer jusqu’à lui octroyer les propritéés de l’argent, etc.

Les phénomènes d’alletropie des corps dits « simples » sont déjà plus qu’une indication de la réalité do ce fait (Voir pour les détails les cas d’allotropie rapportés dans mon ouvrage La Science Alchimique, d’après les travaux de Daniel Berthelot).

Avec ceux de l’isomérie des corps complexes, ils prouvent cette transformation chimique d’un type primordial ainsi que la variabilité des espèces chimiques. Citons les phénomènes d’allotropie de l’or, de l’argent, du nickel, du soufre, du phosphore, du fer, lesquels se présentent sous des états multiples, avec des propriétés diverses, et sont pourtant formés de molécules engrenées, juxtaposées, et d’atomes identiques.

La spectroscopie, elîe^ montre dans tool î’Unîvcrs sidéral la même compositions physico-chimique, ridenlité de la Matière et les condensations progressives des éléments.

La radio-activité de tous les corps, la dissociation, les ions et les électrons, les effluves, le radium, prouvent l’Ether, le cycle métallique, l’évolution de la Matière, sa transformation en Energie, ses changements incessants et par là la Vie universelle.

Les synthèses métaîliques réalisées nous permettraient de suivre et de fixer définitivement l’évolution de la Matière, l’origine, et la descendance par filiation, de toutes les especes chimique^y comme Lamarch, Danvin et Haeckel l’ont fait pour les espèces animales et végétales.

Toutes les espèces sont muables.

La loi de la Nature est partout la même ; la Sélection naturelle s’effectue aussi bien parmi les atomes et les molécules que parmi les bêtes, les plantes et les hommes.

La Matière se transforme et se métamorphose. Les expériences de Crookes, de Mendeleeff, de G. Le Bon, de Lodge, de Lockyer, de Rœntgen, etc., sur la classification périodique et la variabilité des éléments chimiques (i), sur

(i) Celte clnssifîcation repose sur Tintervention de la loi rythmique qui groupe les familles d’clcmenls. lesquelles grandes familles correspondent aux Espèces chimiques; les corps secondaires sont les variétés, les genre.s, dérivés des principaux embranchements. Les caractères acquis par les espèces chimiques, p.nr les genres, par les cléments divers, sont héréditaires en raison de la mémoire de la Matière, des atomes et des molécules. Car la Matière se souvient et transmet ses acquisitions. L'Hylozoïsme ou vie de la Matière est indéniable et résulte d’ailleurs de l’Uni lé universelle.

Les grandes Espèces chimiques manifestées par la Série progressive des Eléments, sont ; le Chlore, le Brome, Tlode, l’Oxygène, le Soufre, le Sélénium, le Tellure, FAzote, le Phosphore, l’Arsenic, l’Antimoine, etc., qui engendrent les éléments voisins.

Les éléments descendant directement les uns des autres seront, par exemple, le Fer, le Cobalt, le Nickel, le Cuivre, le Zinc, rOr, le Mercure, le Plomb, dont les poids atomiques sont voisins.

It'Ur progression condcnsative depuis l hélium et l hydrogène, sur les états radiants, subtils, de la Matière, de l’Elhei', sur les ions, les électrons, les rayons X et autres, prouvent que la Matière so dissocie, parcourt un Cycle, s’évanouit juôme ensuite et s’identifie avec l’Energie, qu’elle n’est en somme que de VEnergie compactée à divrs degrés : ces divers degrés sont les étals de la Matière, les innombrables corps de l’ Univers, réductibles les uns en les autres jusqu’à r Ether-Force.

Les travaux de Tiiïereau, d’Enimens, de Garey-Lea, etc... semblent bien corroborer la réalité de la synthèse des corps (( simples » — qui sont composés en vérité — des métaux, de la transmutation^

Sous l’action de dissolvants, tels que l’acide nitrique concentré, la chaleur, les rayons solaires et électriques, avec l’aide du Temps, ce facteur négligé par la Chimie classique, la Matière se dissocie, des ferments métalliques se manifestent qui hâtent l’évolution, le changement des molécules, la désagrégation puis la recomposition atomique.

Le Fer, le Cuivre, l’Argent, suivent alors lentement les étapes qui les conduisent vers l’Or ou mémo au-dessus de l’or : PAR DELA L’OR. Cette synthèse du métal rutilant qui donne aux hommes le vertige et la fièvre : l*Or, serait la preuve tangible de cette vaste Métaphysique cosmique de l’Identité et de l’Unité sous les apparences innombrables des formes, de l'Evolution, qui fut celle des Indous, des Orientaux, de Plolin, d’AveiToës, de Spinoza, de Hegel, de Fichte, de Schelling, de Comte, de Schopenhauer et d’Herbert. Spencer, et de tous les hermétistes traditionnels.

Le Subjectif et l’Objectif, l’Esprit et le Corps, la Force et la Matière vivantes en raison de l’Hylozoïsme, réunis définitivement par la Pensée, s’unifieraient en l’Etemel, en l’Absolu vivant que nous proclamons ; Dieu.

Bibliographie alchimique

La bibliographie alchimique est très riche. Mais dans r encombrement des auteurs qui se répètent presque tous^ il est assez facile d’effectuer un choix permettant aux ama> leurs ou aux chercheurs de posséder les meilleurs traités sur la question.

Parmi les anciens, nous estimons que les plus intéressants sont les ouvrages suivants :

Geber : La Somme de Perjection ; Morien *. Entretiens^ da Roi Calid ; Roger Bacon : le Miroir d' Alchimie ; Synésius et Artephius : Livres de Synésias et d^Artephius ; Raymond LuIIe : la Clavicule ; Albert le Grand : le Composé des Composés et Traité des Métaux ; Arnauld de Villeneuve : le Chemin du Chemin ; Flamel : le Désir Désiré; Le Trévisan : Livre de la Philosophie naturelle des Métaux ; Zachaire : Opuscule de la Philosophie naturelle des Métaux; Khunralh lAmphilh. de VEternelie Sapience ; Paracelse : le Trésor des Trésors, etc. ; Basile Valentin : les Douze Clefs de Philosophie ; Le Cosmopolite : Traité du Soufre ; Philalèthe : P Entrée au Palais fermé du Roy ; Pcrncly : Fables égyptiennes et grecques dévoilées ; Dictionnaire myiho-hermélique.

Tous ces ouvrages, à part ceux de Pernety, de Philalèlhe,^ du Cosmopolite et de Khunrath se trouvent réunis en latin dans la Bibliotheca Chemica de Manget ou le Theatrum Chemicum ; en français dans la Bibliothèque des Philosophes chimiques, 4 vol.

Parmi les modernes, nous citerons les volumes de Louis Lucas : la Chimie nouvelle ; d’Hoëfer : Histoire de la Chimie ; de J. -B. Dumas : Leçons de Philosophie chimique ; de Louis Figuier : T Alchimie et les Alchimistes ; d’Eliphas Lévi : la Clef des grands Mystères ; Histoire de la Magie ;

de Berlhelot, déjà nommés ; d’Albert Poisson : Cinq traités d* Alchimie (traduits en français) ; Théories et Symboles des Alchimistes ; de Tiffereau : iOr et la Transmutation des Métaux ; de Stanislas de Guaita : la Ciel de la Magie noire (un appendice très condensé y est consacré 5 la chrysopée) ; de Strindberg : Introduction à une chimie unitaire ; d’Emile Delobel : Cours d* Alchimie Rationnelle ; de Ch. Galder : UOr composé métallique.

Force est de nous arrêter ici. Nous n’avons pu cependant qu’esquisser, plus qu’ imparfaitement, le vase sujet de TAU chimie.

Un volume suffirait à peine à le traiter en entier.

La Science Alchimique est complexe ; elle mérite du reste qu’on la scrute, la ressuscite, et qu’on en rattache la philosophie religieuse en même temps que naturaliste, positive en même temps que rationnellement idéaliste, à la Synthèse magnifique de notre époque.

LA CHIMIE ET SON AVENIR (i)

Le rôle de la Chimie dans l’Humanité et le Monde est immense ; l’on peut dire qu’elle est la science la plus directement utile aux besoins de tous, la plus indispensable aux progrès de l’Industrie ; et de plus, la Chimie n’en est pas moins, après l’Astronomie, la science la plus majestueuse, la plus philosophique, scrutant la Nature en ses plus intimes réactions, en ses innombrables combinaisons mathématiques.

(ï). Le fond de cette étude fut composé en i8y3.

~ VÀ

Son présent apparaît déjà bien beau et bien vaste.

Son avenir est illimité I Des découvertes étonnantes sont à faire dans tous scs domaines : procédés de fabrication des corps, élude des variations moléculaires sous les influences des forces universelles, condensations alimentaires et dynamogéniques, synthèse do matières tinctoriales, d’explosifs formidables, etc., etc...

Ce n’est que par la Chimie que nous obtiendrons dans l’avenir des corps industriels extrêmement purs et d’une diversité inouïe de propriétés, qui permettront l’emploi intégral et parfait de tous les matériaux employés par l’industrie ; il en résultera une économie facile à concevoir, une utilisation et une captation de toutes les énergies atomiques, une simplicité d’action féconde et magnifique.

La Chimie donnera la clef de la transmutation des métaux H permettra ainsi d’obtenir les changements moléculaires nécessaires pour transformer par exemple, l’argent en or, Je cuivre en argent, le zinc, le fer, les divers métaux et mclalloïdo, les uns en les autres, suivant un Cycle qui reste encore à découvrir.

L’Unité de la Matière est admise aujouid’hui ; dès lors nous pouvons être assurés de la possibilité d’abord scientifique, puis industrielle, de la fabrication artificielle des métaux. Nous aurons plus tard — nos petits-enfants le verront peut-être au train où marche la science — des usines d’or, d’argent, de métaux de toute sorte, qui s’élèveront autour de Paris et des grandes villes de la Terre, usines qui matérialiseront l’Energie sous forme des corps nécessaires, et la dcinalérialiscront pour restituer à l’Ether ses compo- •sants dissociés jusqu’à l’Etat, infinitésimal !

Déjà l’on fabrique les pierres précieuses : rubis, émeraude, saphirs, diamants. En faisant réagir au rouge du fluorure de calcium sur de l’alumine contenant des traces de biclirxvmate de potasse, Fromy obtint le rubis, et ses successeujrs ont encore perfeiîtionné la méthode ; de nombreux

chimistes fabriquent et vendent actuellement des pierres précieuses aussi belles que celles extraites du sol I

Or on ne voit pas en quoi il serait plus utopique d’imiter les métaux, de les créer par synthèse rigoureuse.

C’est encore la Chimie — l’Electro-Chimie, ces deux science se confondant en une seule aujourd'hui — qui résoudra le problème si important de la Lumière de l’Avenir, étudié surtout par N. Tesla avec scs courants alternatifs à très haute fréquence. 11 produit ainsi l’illumination de tubes de gaz ou d’air raréfié, sans conducteurs, en les plaçant dans un champ électrique puissant, excité alternativement. Il espère arriver de cette manière à produire un éclairage puissant et commode des villes, les sources d’électricité étant situées aux extrémités de la cité.

C’est la Chimie qui indiquera le gaz à employer, l’orientation à donner aux molécules, car ce n’est qu’au moyen des investigations chimiques que l’on découvre les aflinités des corps et leurs actions électriques ; l’Electricité n’est qu’une orientation des éléments essentiels : ions et électrons.

Les piles thermo-solaires, les recherches sur les gaz éclairants, sur les rayons solaires à « mettre en bouteilles », sur les moteurs à énergie calorifique, ressortissent du domaine chimique.

C’est donc bien la Chimie qui trouvera la lumière pratique et rapide de l’Avenir, sans passer d’abord par les rayons chauds et non éclairants.

La Physiologie repose également sur la Chimie ; les fonctions organiques, les états du sang, la respiration, la digestion, le sommeil, les phénomènes physiologiques quels qu ils soient, la Vie, la Mort, sont des actes chimiques.

Qu’est-cp que l’étude des poisons, des antidotes, des médicaments ?... un chapitre de Chimie !

Mais passons rapidement en revue les usages principaux de la Chimie actuelle ; nous nous arrêterons ensuite à se»

a^.plications futures ; nous verrons ce qu’elle peut et doit devenir.

Tous les remèdes en usage ne sont connus et obtenus que d’après les lois chimiques ; en somme le pharmacien est un chimiste, le docteur en médecine l’est souvenles fois aussi.

Jenner, découvrant la vaccine, fait œuvre de chimiste plus que de naturaliste. Il en est de même de Pasteur trouvant le vaccin antirabique, de Brown-Séquard et d Arsonval expérimentant sur les affaiblis leur fameuse liqueur de sucs animaux, testiculaires ou nerveux.

Les applications industrielles ducs à la Chimie abondent; on peut ailirmer qu’aucune industrie n’existe sans avoir recours à cette science.

C’est la teinture produisant des gammes admirables de nuances délicates et artistiques artificielles, tirées de la distillation du goudron de houille d’où proviennent également les meilleurs parfums modernes.

C’est toute l’industrie de la fabrication en général des matières colorantes, des tissus imprimés souvent très jolis. Et quelle n’est pas l’influence sur le moral des hommes, de cette harmonie merveilleuse de teintes, de cette beauté de palette donnant à tous le goût des objets distingués, flatteurs, seyants, solides, sains à porter comme vêtements, ou à orner les demeures. C’est l’industrie du tannage des peaux dont les progrès récents sont proportionnels à ceux de la Chimie qui indique des procédés rapides.

C’est l’industrie immense des indispensables Produits Chimiques, utilisés en savonnerie, huilerie, brasserie, malterie, sucrerie, distillerie, parfumerie, en agriculture etc.

Ce sont toutes les industries spéciales, universellement répandues et qui ne peuvent absolument pas se passer des secours permanents de la Chimie : papeteries, verreries, fabriques de jouets peints, de céramiques, de produits alimentaires, de toiles peintes, etc., etc...

L’extraction des métaux, rexploilalion des mines, sont également le rosullal des enseignements de la Chimie, l’emploi que nous faisons du fer, de l’argent, du cuivre, de l’or, du platine, du mercure, du zinc, du soufre, du charbon, des minéraux divers — tout cela qui est la cause de la civilisation et du bien-être, du Progrès, qui constitue nos outils, nos machines et les fait marcher, nous le devons toujours à cette magique Fée : la Chimie.

Qui nous a fourni les reoeites pour épurer les eaux malsaines, désinfecter les endroits insalubres, déti-uirc les germes morbides ? La Chimie.

Les engrais, sans lesquels la 'ferre s’affaiblit fatalement et devient stérile, l’Agriculture, ont comme point de départ: la Chimie. Phosphates, superphosphates^, sont des produits chimiques destinés à préserver l’Humanité de la famine terrible.

C’est encore la Chimie qui intervient en temps de guerres barbares, avec ses explosifs redoutables et d’un effet si puissant, admirables par contre lorsqu’ils s’appliquent à l’industrie : la nitro-glycérine, la dynamite, la panclastite, la roburiste, les picrates, les poudres diverses, rendent d’inappréciables services.

Les usages domestiques de la Chimie ne sont point à dédaigner : ce sont les poêles perfectionnés, les calorifères, les procédés d’épuration du gaz et du pétrole, les filtres, les connaissances culinaires raffinées et saines, les produits alimentaires condensés ou artificiellement digérés, les parfums, les fards tant aimés de la jolie parisienne — et des provinciales aussi....

Dans l’ordre alimentaire dont nous parlions plus haut, les services rendus par la Chimie sont incalculables au point de vue du maintien de la santé, de l’hygiène publiques ; il n y a qu à citer quelques exemples au milieu de milliers de faits : ce sont les analyses de beurre, de lait, de farines, de boissons : vin, bières, eaux gazeuses, vinaigres ; les ana-

lyses d’huiles, d’épices, de tous les comeslibles ; le chimiste décèle les impuretés, les corps nuisibles introduits ; sans lui, en cette époque de falsification à outrance, nous ne tarderions pas à avoir notre santé gravement compromise.

Les tableaux de maîtres, les objets de valeur, sont conservés dans nos musées au moyen uniquement de procédés chimiques.

Une grande industrie encore à citer, et dont les travaux font partie Intégrante de la Chimie, est la Galvanoplastie, art précieux permettant d’obtenir des bas-reliefs, des statues, des objets recouverts d’une couche métallique d’or, d’argent, de cuivre, obtenue par les passages lents de courants électriques.

On volt par ce très court résumé des applications actuelles de la Chimie, que cette science est absolument indispensable à l’Humanité ; ce n’est que par elle qu’on possède et manipule les produits usuels, que l’on civilise la terre, qu’on l’amende et la fertilise, qu’on la travaille pour en extraire ses richesses.

Par la Chimie, l’on transforme le monde physique puisque l’on agit intimement sur la Matière par des réactions et des combinaisons ; conséquemment l’on transforme le monde moral, car la physique et le moral réagissent l’un sur l’autre.

Grâce à la Chimie, l’on peut étudier, provoquer, varier, diriger les combinaisons vitales humaines, animales et végétales, orienter les tissus, faire vibrer les cellules, scruter le protoplasma, donc préparer la naissance d’êtres perfectionnés et en quelque sorte prêadaplés, sélectionnés.

Cette sélection tend à une harmonisation des organes avec le Milieu, sous T influence des forces mises en jeu ; ici la Chimie s’unit encore plus intimement à l’Electricité qui oriente particulièrement atomes et molécules.

L’Electro-Chimie, nous ne saurions assez le répéter, ne forme d’ailleurs qu’une même science, basée sur l’affinité,

l’amour, l’atlraction entre elles des particules malérieiles.

Pas d’électricité sans manifestations chimiques ; pas de phénomènes chimiques sans vibrations électriques, de môme qu'il n’y a pas de pensée sans organe, de vie sans corps, ni de corps sans vie ou sans pensée quelconque.

De même qu’un courant électrique oriente (nous le constatons expérimentalement) les molécules d’un corps qu’il traverse, dans lequel plutôt il est excité (car on excite, on provoque un courant, mais on ne le crée point), afin d’y constituer le magnétisme atomique et par là même général, de même, sans doute, le travail chimico-électro-physiologique bien équilibré parmi les individus, peut-il, et surtout pourra-t-il, orienter les cellules organiques agitées, mues, spécialisées par lui, afin d’en produire une infinie quantité de combinaisons, de groupements, de centres d’attraction divers, afin de diriger les tissus anatomiques en vue de les adapter par hérédité riendance à l’alavisme) et par la divergence naturelle (tendance à la dissemblance), au milieu propice, harmonieux, en équilibre stable.

L être serait donc fait par ce travail électro-chimique habilement coordonné, sur lequel viendrait se greffer le travail nxoral et manuel également divisé en séries spéciales parmi les individus (c’est là la question sociologique rationnelle sur laquelle nous n’avons pas à nous appesantir ici), (i).

Ces agents puissants et analogues électrisant les cellules organiques, constituent et constitueront de mieux en mieux les facteurs du changement lent mais gradué et progressif de toutes les individualités de la Planète.

Ce n’est pas une hypothèse gratuite que nous avançons là.

Ce problème de physiologie réellement chimique, a pour assises les propriétés particulières et générales (réactions et combinaisons) des multiples composés de la Matière. Lors-

<i) Voir noire ouvrage Sociologie et Fouriérisme.

qu’on connaîtra parfaitement leurs évolutions, leurs changements, leurs modifications, leurs mouvements, leurs sympathies — ce que la Chimie dévoilera complètement un jour — l’on tiendra en mains les rênes de l’attelage vital. L’élude doit reposer sur ces états variables et variés qui ont évidemment un point d’équilibre parfait pour tous les actes physiologiques : respiration, digestion, circulation, reproduction, marche, etc... Il s’agit de connaître celte stabilité pour la dominer partiellement selon les moyens restreints de l’homme, par une discipline positive. On ne pourrait donc jamais rendre rilumanilé immortelle, mais on peut arriver à lui procurer une moyenne de bonne santé, de vie beaucoup plus longue, de bonheur plus assuré, de supériorité intellectuelle et physique, supériorité existant dans le plan évolutif de cette terre, encore virtuel pour certains modes « supra-physiques, et supra et subliminaux.

Les enfants futurs seront donc nécessairement mieux conditionnés ; l’Humanité qui change et se reforme toujours quoique très lentement, élaborera d’autres idées plus grandes, plus généreuses, plus libres, plus harmoniques, phalanstériennes peut-être... La guerre disparaîtra, l’Industrie florira partout, le travail bien réparti, sérié, attrayant, hiérarchique, entretiendra et perfectionnera l’œuvre chimicoclectro-physiologique, base de la Sociologie rationnelle.

La Chimie en trouvant de meilleurs métaux, légers, solides, doués d’élasticité, en les étudiant avec soin, prépare de meilleures machines résistantes et économiques, en vue de l’outillage complexe des industries mécaniques : hautsfourneaux, forges, ateliers de construction, établissements métallurgiques, usines d’électricité, etc.

Elle est donc importante par rapport à la science de l’ingénieur, de l’agriculteur, do l’électricien, de l’aréonaute.

La photographie appelée à un si brillant avenir quand elle fixera rapidement les couleurs, est la propre fille de la Chimie qui lui fournil tous ses réactifs et ses procédés.

La teinture, dont les effets pratiques artistiques et industriels, sont indiscutables, ne repose guère que sur la Chimie. Elle recherche les couleurs nouvelles ou Inconnues, les nuances Innombrables, elle établit des cercles chromatiques, des gammes de teintes fnes, délicates, fraîches, solides, elle étudie et fixe le spectre lumineux, elle aborde enfin les obscures questions de la frmentalion miorv<biologique, car les microbes sont les géniteurs des colorants dans leur application sur les fibres végétales. Or la génération des couleurs est une énigme des plus importantes à résoudre tant au point de vue scientifique que technique.

Quant au rôle philosophique de la Chimie, il apparaît particulièrement étendu.

La Chimie s’applique à toutes les sciences pures : à l’Astronomie d’abord ; son rôle consiste à rechercher à l’aide du speclroscopc, la constitution chimique des soleils, des planètes, de leur atmosphère, de leur sol, de leur végétation, à étudier les conflagrations solaires, les éruptions, les taches, l’état de la chromosphère et de la jihotosphère.

De cet examen, on peut ensuite déduire la vitesse propre de notre Soleil et des différentes étoiles de l’Univers, par les changements des raies du spectre et de l’ondulation des rayons.

On peut connaître de quels gaz les étoiles sont formées, quels métaux s’y trouvent soit à l’état volatil, soit à l’état incandescent, pâteux ou semi-liquide. Il est dès lors possible d’établir quels sont les mondes gravitant à l’eniour de oes soleils, quelles propriétés ils ont en partage.

L’astronome trace les cartes, les configurations célestes, calcule les mouvements ; le chimiste complète ce travail.

conclut d’après les analyses, détermine les éléments décelés, dissèque les terrains et scrute les atmosphères ; de ce& travaux combinés, sort une monographie approfondie d’une terre de l’Infini....

Au chimiste incombe le rôle d’analyser les pierres météoriques, ces étranges messagères d’autres mondes, de doser les substances qui s’y trouvent, et de juger ainsi de la différence ou de la parenté existant entre ces diverses planètes.

La Chimie s’applique ensuite à l’Histoire naturelle qui ne saurait point se passer de son précieux secours. Elle explique les actions des volcans, analyse les puissants mélanges qui s’effectuent au sein du vaste Laboratoire planétaire.

Elle étudie l’Air et ses éléments, les eaux, les mers, leur profondeur, leur couleur, leurs propriétés leur pression, leur composition, leur phosphorescence.

Elle se charge de trouver les êtres infiniment petits, les microbes, ces animalcules constitutifs de tout et qui causent les maladies et les guérisons par leurs batailles sans trêve ni repos.

Elle les élève, les cultive, les reproduit, découvre les secrets de leur existence, indique le moyen de combattre leurs actions nuisibles, pour les tourner à notre profit.

Les profonds travaux de Pasteur, de Koch, de Roux, de Metchnikoff, reposent sur des manipulations chimiques. Quels immenses services n’ont-ils pas rendus à l’Humanité !

Ce fut Pasteur qui étudia les vers à soie et leur production, qui combattit leurs maladies et donna le moyen facile à tous les sériciculteurs d’obtenir des cocons magnifiques.

La Botanique devient de plus en plus chimique, car la physiologie végétale s’attache à la transformation et à l’assimilation de l’oxygène, du carbone, de l’azote, de l’hydrogène, ces agents essentiels de la Vie,

Nous pourrions multiplier les exemples, mais nous avons

suffisamment montré la nécessité primordiale de la Chimie.

Abordons-la maintenant à son point de vue hautement philosophique.

Là Chimie nous révèle et nous permet de calculer la position et Tarchitecture des édifices matériels, des constructions moléculaires et atomiques.

Elle atteint aujourd’hui, avec le Radium, les Rayons X, ridéal scientifique : L’Atome ; elle en fait son but d’étude.

Ce point de particules éthériques agglomérées, ce centre d’énergie, ce proloplasma de la Matière, elle le poursuit, le définit presque déjà par ses procédés grandioses de calcul et d’expérimentation.

La Chimie nous dévoilera la composition et les caractères de la Matière dans ses plus ultimes états, elle nous décrira avec certitude ses multiples propriétés résultant de l’Unité et y aboutissant ; elle nous révélera le Plan chimicomécanico-physiqiie constitué par ces subsides vibrations qu’on nomme l’Elber... L’Ether I La Chimie nous l’expliquera, ce mystérieux Océan nébulosique et universel, d’où sort tout, et où tout rentre. Ame palpitante de la Nature, merveilleux état radiant de cette étrange modalité que nous nommons Matière et dont nous parlons toujours sans la connaître encore.

La Chimie analyse les moindres particules de l’Univers, pénètre sa plus secrète genèse, sa formation, ses caractères, ses modifications, son évolution, ses passions, ses répulsions, calcule ses projets et ses ébauches, prévoit ses fins, constate le déterminisme des phénomènes ; l’avenir donc lui appartient, et l’on tracera un jour prochain la marche et la position des éléments chimiques aussi sûrement que l’astronome nous prédit la courbe d’une planète ou la course d’une folle comète...

Physiologie chimique I Telle est la dénomination qui convient désormais à cette science, également comme ses sœurs, science de Vie, de mouvement, d’êtres pivotant autour des mêmes moteurs ; l’Amour et la Solidarité I

Pourquoi donc séparer encore la Nature en règnes, ces prétendues barrières depuis longtemps franchies et abattues ? L’on sait maintenant que les ferments vivent, croissent, que les microbes sont des êtres animés, que les Plantes sentent et se meuvent. On a reculé de plus en plus les frontières de la Vie que l’on découvre partout et toujours, Les algues, les micro-organismes, les mousses, les parasites, les cellules, les cristaux, sont venus revendiquer leur place commune au beau et chaud Soleil.

Qui parle encore de types morts et froids, enfermés dans l’immobilité, le silence et la nuit éternelles ? Tout vit, c’estè-dire se meut, sent, pense, progresse, selon son plan, son milieu, ses moyens, son degré d’évolution — tout s’enchaîne et passe sans cesse de l’homogène primordial à l’hétérogène, car l’Hylozoïsme est le principe même du Cosmos !

La chaîne universelle comprend l’intégralité des êtres, et ne l’oublions pas, c’est la Matière, si vilipendée, si honnie, si abaissée par les religions et les philosophies — on ne sait vraiment pourquoi — qui forme notre plastique, qui est notre génitrice et notre nourrice, qui constitue notre corps, qui sculpte le cerveau et le cœur, le cœur des mères et des maîtresses, le cerveau des poètes, des savants, des rêveurs, des saints et des génies 1...

Admettons donc une bonne fois la doctrine de l’ Unité réhabilitant la substance identifiée a la Force, ces deux pôles d’une même réalité, reconnaissons enfin le Progrès cyclique et la Lumière éternelle.

Proclamons avec enthousiasme la Vie universelle, le plus beau et le seul vrai des dogmes, la Vie des « Choses » comme nous appelons dédaigneusement ces Voies lactées de molécules et d’atomes conjoints.

Comment I l’analyse moderne nous décompose les milliards de vibrations moléculaires d’un rayon, lumineux ou calorifique, nous montre la symétrie, l'existence intime et

trépidante des ions et des électrons, et nous voudrions que cela fût mort !

Non I cela vit, sent, croît, mais dans sa sphère d’ action invisible pour nos organes grossiers, incompréhensible à noire cerveau borné, comme le sont les couleurs extrêmes du spectre : Tinfra-rouge et Tullra-violet.

La Chimie montrera et montre déjà la Vie des Choses, leur Ame — puisque rien ne meurt — leur ardente genèse, leurs tourbillons vertigineux. Les Rayons N semblent la preuve du corps odique universel, agent de l’énergie, de la conscience et de l’éternité du Mouvement.

La Chimie peut prévoir les agencements futurs de tous les éléments. Elle suit les pas, les enchaînements, les essais de la Nature ; elle n’est pas loin de pouvoir édifier les bases de la Grande Synthèse du Monde.

Il y a en effet, un trait d’union encore plus remarquable que les autres, entre l’existence de la matière et T existence animale ou organique proprement dite : c’est l’évolution.

Le transformisme chimique n’est plus une hypothèse, une théorie de cabinet, mais bien un fait acquis, une éclatante vérité, tout autant que l’évolution zoologique.

Les expériences de Crookes, l’illustre chimiste anglais, notamment, ont affermi cette progression des éléments chimiques (( simples » et composés.

Ce savant et d’autres tels que : Mendeleeff, Lockyer, Lodge, G. Le Bon, ont permis de constater, par des procédés délicats il est vrai, mais d’une indiscutable précision, que plusieurs éléments quoique presque identiques et confondus ensemble durant longtemps, diffèrent en réali! é les uns des autres par leur structure atomique ; ces types évoluent donc lentement vers un type-chef, par des modifications presque insensibles ; ce type commun, à son tour, si différent de certains autres puisque les types chimiques sont classés en familles, genres, sous-genres comme les types et les espèces en histoire naturelle — so

rattache néanmoins aux autres, et les autres à lui, par une suite de filiations continues et progressives.

L’Unité de la Matière nécessite d’ailleurs cette évolution sérielle, les corps multiples ne différant entre eux que par le nombre et le groupement des automes et des molécules ; ils doivent donc forcément passer par des états voisins, mixtes, parents, presque identiques.

La lecture du travail de Crookes : La Genèse des Eléments, de Lockyer : Inorganic Evolution, de Barlet : Essai de Chimie Synthétique, de G. Le Bon : Dissociation de la Matière et Matérialisation de VEnergie (mémoires tous publiés en notre revue), permettra de se rendre compte exactement des détails techniques ainsi que de la filiation probable des corps chimiques. Notre esquisse générale sur l'Avenir de la Chimie ne nous permet point de nous étendre sur les questions particulières que nous avons traitées d’ailleurs amplement depuis treize ans, dans nos ouvrages : La Vie et V Ame de la Matière, VHylozoîsme, Comment on devient Alchimiste, Le Grand-Œuvre Alchimique, La Science Alchimique, etc.

Nous concevons désormais beaucoup mieux le Plan matériel, connaissant les points de ressemblances, les parentés, en raison des rapports entre les poids atomiques des éléments chimiques.

Les corps dérivent les uns des autres ; rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme I Telle est la grande Loi de la Chimie.

Quel est le premier anneau, en quelque sorte, perceptible de la Chaîne ? On ne peut affirmer encore ; toutefois il apparaît logique de supposer que c’est l’Hydrogène, le plus léger de tous les éléments connus, le proto-hydrogène, qui serait le Géniteur par excellence, dérivé de l’Ether, sous l’action des oscillations de ce milieu sans doute électro-magnétique.

Le calcul évidemment peut être appliqué fructueusement

à révolution chimique ; l’étude des formes géométriques en Stéréochimie, permet de prévoir toutes les combinaisons, toutes les structures avant même que de les réaliser ou de les découvrir dans les réactions du laboratoire.

Toutes ces vues ne sont point neuves, du reste : nil novum sub sole, comme l’a si bien dit Salomon.

L’antique civilisation avait admirablement pressenti, entrevu, les magnifiques secrets de la Nature, et les philosophes, les alchimistes égyptiens, chaldéens, indous et grecs, nous étonneraient souvent si nous pouvions nous entretenir avec eux 1

Ils envisageaient avec raison la Science comme une synthèse religieuse et leur Naturalisme devinait, ou réalisait même partiellement, les fameuses énigmes de l’Astrologie, de la Correspondance de Choses, de la Transmutation de» Corps...

L’Alchimie, même au Moyen-Age, reposait sur TUnité de la Matière et sur la doctrine du Cycle des Eléments.

L’idée est juste, nous l’avons vu ; les travaux modernes H confirment par l’expérience.

Les métaux en effet ne diffèrent entre eux, comme tous les corps d’ailleurs, que par le nombre et la position symétrique des molécules. On peut donc arriver à les reproduire par synthèse, en orientant les atomes selon la direction et l’architecture requises, au moyen de véritables fermentations minérales et peut-être aussi de compressions très fortes, de condensations excessives.

Il paraît également possible de réaliser des (( panacées » analogues à l’Elixir de Longue Vie légendaire, toutes proportions logiques étant gardées. Car les combinaisons chimiques produites, par leur contact avec les organes* le» tissus, les cellules du corps, doivent amener des réactions

«lynamognéliques capables de modifier l’état physiologique dans un sens donné.

L’énergie vitale, peut, théoriquement, être infusée à nouveau et renouveler incessamment l’équilibre du type humain.

La Matière agit sur la Matière et la change par des vibrations, comme l’Homme agit sur l’Homme et le transforme par le jeu des forces.

Quant à la connaissance des éléments de l’Univers, de leur genèse, de leurs mutations et évolutions, nous croyons avoir montré suffisamment, en cet article, que c’est là une recherche du domaine de la Chimie, et cette recherche capitale la rend une science éminemment philosophique et religieuse I...

Ah 1 comme tous les esprits curieux devraient étudier ces passionnants problèmes de la Chimie Cosmique l Scruter, connaître davantage chaque année, les merveilles du Monde, élargir de plus en plus les horizons de notre Volonté et de notre Pouvoir, n*cst-ce pas là ce qui constitue peu à peu en nous le Surhomme î

Diriger la Matière dans ses états, se rendre compte de l’action des forces naturelles, élever son intelligence vers la Vérité éblouissante et fugace, méditer librement sur lee énigmes qui nous enveloppent — cela ne crée-t-il point le seul bonheur permanent au sein de l’instabilité de la vie i... Qu’importent la richesse, la gloire, le plaisir, la santé même, si l’on se passionne avant tout pour la Science, source de joies pures et élevées.

La découverte d’un fait nouveau, aussi modeste qu’il apparaisse au premier abord, est une œuvre immortelle, sur laquelle nécessairement se baseront d’autres travailleurs, qu’ils connaissent ou non l’auteur de cette remarque, œuvre mille fois supérieure, en son humilité apparente, aux conquêtes militaires barbares ou aux spéculations financières éhontées, car elle contribue toute minime qu’elle

soit, au progrès général et à ravancement de rilumanité sur celle planète.

La Chimie, bien comprise, est pleine d*altrails... Les choses partout, vivent, se meuvent, vous parlent, chantent leur cantique d’amour, ont leur histoire, leurs révolutions, meurent et renaissent, en une atmosphère d’étrange et divine poésie. Les cristaux, les métaux, révèlent leurs souffrances, leur fatigue, leurs gestations, les tâtonnements do leurs efforts ; on sait aujourd’hui que le repos les prépare à de nouvelles luttes, qu’une sorte d’individualité émane do leur être, qu’ils respirent, réparent leurs blessures, combattent pour l’existence, subissent les effets de la sélection naturelle ; en un mot il n’y a plus de règnes séparés, et la Matière s’affirme universellement vivante, intelligente, animée (i).

De tout ce qui précède il ne faudrait pas supposer que nous vcuillions conclure que la Chimie est l’unique science, que le but des recherches humaines ne réside qu’en elle. La Chimie ne constitue qu’une partie de la Connaissance. Elle suit un sillon et trace un sentier difficile dans le labyrinthe compliqué de l’Univers. Ce sillon n’est point la Grande Route qui ne fait que commencer là où aboutissent tous les chemins particuliers tracés par les sciences diverses, ces morcellements des facultés et de la Pensée humaine.

Le Savoir est inaccessible à un seul cerveau, dans son effrayante ampleur actuelle.

En réalité il n’y a point de sciences, il n’y a que la Science embrassant toute la Nature. Mais il faut diviser.

(i) La Chimie, parviendra certainement un jour à la synthèse du Protoplasma, possédant ainsi le mécanisme de la Vie dite organique ce que les alchimistes avaient pressenti avec la légende symbolique de la fabrication des homuncnles.

üiorccler la Nature en spécialités arbitraires, afin qu’un hûmme puisse s’attacher partiellement à une série logique de faits constituant un ensemble ; car nos moyens de travail sont trop bornés pour nous permettre la synthèse fructueuse.

Toutes les spécialités fusionnent donc en la Science. L’Univers se rit de nos divisions puériles baptisées du nom : d’Aslronomie, de Physique, de Chimie, de Mécanique, de Météorologie, d’histoire Naturelle, etc... Celte limitation des phénomènes n’a aucune objectivité, car tout se lie étroitement, s’enchaîne, dans TUnivers.

Mais ce que nous avons voulu indiquer ici, c’est que parmi ces branches scientifiques, la Chimie attire l’esprit par sa puissante envergure d’analyse intime et de synthèse grandiose.

Nous le répétons. Elle n’a point l’ambition d'expliquer à elle seule les énigmes de P Univers.

Le chimiste est un ouvrier, un manœuvre, au même titre que les autres savants, apportant sa pierre à la construction de l’édifice illimité.

L’Astronomie, la Zoologie, la Botanique, la Géologie, la Minéralogie, la Physiologie générale, la Mécanique, la Physique, les Mathématiques sont également d’admirables connaissances fécondant la Chimie qui les féconde, et concourant au même but : La Vérité — la Lumière I

Seulement l’Astronomie et la Chimie nous offrent cet Intérêt immense de scruter les Soleils et les Atomes, leur genèse, les mouvements du Tout identique dans l’ infiniment grand et l’infiniment petit régis par de semblables lois.

Et ce qu’il faut remarquer encore, c’est que l’Histoire Naturelle, la Physiologie, la Sociologie, tendent à devenir (( chimiques » car elles parviennent à l’élude des changements intimes, des réactions, des combinaisons — signe manifeste du progrès de ces sciences, puisque l’expérimen-

talion est supérieure à l’observation et que la formule de ces équations ramenées à des termes semblables, permettra de prévoir le déterminisme des phénomènes.

La Chimie offre, on le voit, une carrière d’avenir, extrêmement variée et difficile.

II est donc à souhaiter de voir se lever bientôt une pléiade de chimistes ennemis de la routine et de la peur du nouveau, épris d’idéal, de pensée forte, et qui considèrent la Science non comme un métier, mais comme un sacerdoce laïque.

Qu’ils manipulent la Matière non pas avec une indifférence voisine du dédain, mais au contraire avec respect et attention, découvrant en elle les manifestations de l’Hylozcïsme, les mouvements déjà complexes de la Vie, les ger^ mes des cellules protoplasmiquec.

II n’y a rien de mort dans la Nature. La Matière est bien vivante, scs atomes gyrent au même titre que les Soleils et les planètes, que les nébuleuses et les comètes ; les univers moléculaires sont identiques, dans l’Espace et le Temps, aux univers d’ Uranie, et suivant le grand principe des hermétistes sagaces :

Ce qui E.it en Haut est comme ce qui Est en Bas Ce qui Est en Bas est comme ce qui Est en Haut Pour accomplir les Merveilles de la Chose Unique.

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