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même temps que le moi prend conscience de lui-même, Île non-moi apparaît selon des lois que l’activité libre lui impose en le créant : mais dans la raison pratique l'opposition s'évanouit tout à fait, et le moi absolu, l’activité libre, l'unité suprème du moi empirique et du non-moi apparait intuitivement. « Kant, dans la Critique de la Raison pure, part du terrain de la réflexion sur lequel le temps, l'espace et une multitude de choses données à l'intuition (sensible) existent déjà dans le moi. Nous avons déduit ces choses a priori;
elles existent actuellement dans le moi. Ainsi est signalé le
caractère de la science de la connaissance à l'égard de la théorie, et nous avons amené noire lecteur précisément au point où Kant le prend. » C'est par cette « observation » que Fichte termine sa Doctrine de la science *.
Mais le non-moi, Le monde extérieur, se divise pour chaque moi en une multitude de moi qui s'opposent à lui, de telle sorte que chacun d’eux, dans leur action réciproque, non seulement sent la volonté libre à laquelle il participe, mais cherche, sous l'impulsion de la loi morale qui est l'expression de cette volonté libre, à en accomplir le vœu : ainsi l'effort de la moralité tend à parfaire l'entière liberté. La Doctrine de la science montrait comment le moi absolu se connait, comment chaque moi découvre en lui l'Idéal; la Doctrine du droit enseigne comment l'Idée du moi absolu se réalise *.
La philosophie de Fichte, sous cette première forme, est infiniment intéressante. Elle prétend corriger le dogmatisme et compléter le criticisme, concilier Kant et Spinoza. « On ne saurait expliquer d'une manière précise comment un penseur a jamais pu dépasser Île moi, ou comment, après l'avoir franchi, il a pu se tenir quelque part avec sécurité, si lon ne découvrait dans une donnée pratique l'explication com-