‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 112 sur 277 · Voir Cousin, ibid., p · texte numérisé non relu

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3. Introduction au Supplément de l'Encyclopédie Britannique;trad. par Buchon:

risait, en somme, l’hypothèse d’un fond commun pour tous les phénomènes et, par conséquent, un retour au dogmafisme. Sans chercher le fondement de la science, on croyait invinciblement à sa réalité. En suivant le programme de Bacon, c'est vers Hobbes, — souvent cité, — et non vers Hume, — assez peu connu, — que tendait la pensée française. Sans doute, Condillac se proposait, lui, de résoudre le problème de la connaissance ; sans doute, il inclinait vers l’idéalisme : mais s’il eut du mérite et s’il exerça une influence, c’est surtout par l'analyse qu’il fit — et où il se complut — de l’esprit.

I y eut donc, au début du siècle, une école qui se rattachait à Bacon et à Locke, plus directement aux philosophes français de l’époque précédente dont elle prolongeait les préoccupations à la fois scientifiques et sociales, plus spécialement à Condillac et à Condorcet’. De Condillac, c’est la méthode et non les idées qu’elle adopla, comme l'a très nettement déclaré un de ses principaux représentants « Quand les Allemands disent que nous sommes disciples de Condillac, comme ils sont kantiens ou leibnitziens, ils oublient que Condillac n’a ni dogmatisé, ni créé un système, ni résolu aucune des questions de psychologie, de cosmologie et de théologie dont les Allemands composent la métaphysique; qu'il n'y a peut-être pas un seul de ceux qui, comme lui, se bornent à étudier nos idées et leurs signes, à en chercher les propriétés, à en tirer quelques conséquences, qui adopte ses principes de grammaire, qui soit pleinement salisfait de son analyse des facultés intellectuelles ou de ses théories sur le raisonnement. On ne tient pas compte de ses décisions, mais de sa méthode-?. » C’est l'auteur de ce passage,

4. « Avant Condillac, nous n’avions guère sur les opérations de l'esprit humain que des observations éparses plus ou moins fautives. Le premier, il les a réunies et en a fait un corps de doctrine; ainsi ce n’est que depuis lui que l'idéologie est vraiment une science. » Destutt de Tracy, Idéologie, p: 175.

2. « Cette méthode conduit d'un pas lent mais sûr, dans toutes les parties des connaissances humaines, ceux qui observent scrupuleusement les faits,

Destutt de Tracy, qui a consacré le nom d’idéologie pour.

désigner l'étude de l'esprit, tellé que l’entendait l’école à laquelle il appartient. Le mot métaphysique désigne selon lui une science qui traite de la nature des êtres, des esprits et des différents ordres d'intelligence, de l’origine des choses et de leur cause première; le mot psychologie, auquel avait - songé Condillac, veut dire science de l'âme el implique une connaissance de cet être : le mot idéologie lui paraissait très sage pour signifier la science qui naît de l'analyse des sen-» sations et des idées’. L’idéologie est un des chapitres de la science générale; elle est « une portion et une dépendance de la physique humaine », ce sont les termes de Destutt de Tracy dans la dédicace de son Traité d'idéologie à Cabanis*, et il ne faisait que reprendre la pensée de Cabanis lui-même.

Pour les idéologues, la science de l'esprit naît donc, comme toute autre science, de l'étude pure et simple des phénomènes; elle n'’atteint point de substance ni de cause réelle : « Nous n'avons d'idée des objets que par les phénomènes observables qu'ils nous présentent : leur nature ou leur essence ne peut être pour nous que l’ensemble de ces phénomènes. Nous n'expliquons ces phénomènes qu’en les rattachant à d’autres déjà connus auxquels ils ressemblent ou succèdent... Les faits généraux sont parce qu'ils sont : on ne peut expliquer l'attraction, dans la physique des masses; on ne doit pas plus vouloir expliquer la sensibilité, le fait général de la nature vivante, dans la phy-

qui n’en tirent qu'avec pleine assurance des conséquences, qui ne donnent jamais à de simples suppositions la consistance des faits, qui ne lient entre elles que les vérités qui s’enchaînent tout naturellement et sans lacune, qui avouent leur ignorance et la préfèrent à toute assertion qui n’est que vraisemblable. » Destutt de Tracy, De la mét. de Kant; voir Picavet, les Idéoloques, p. 348.

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