Rapports, p. 192; Essai, p
Pre.
ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIB AU XIX° SIÈCLE. 199 l'âme pour expliquer la nature; Leibnitz part de la nature pour descendre dans les profondeurs de l’âme * : il débute par l'abstraction, mais cet abstrait, c’est la réflexion, sans qu’il s’en rende bien compte, qui lui en révèle les intimes énergies. À la suite de Descartes et de Leibnitz, les principaux métaphysiciens procèdent en mêlant l’abstraction et la réflexion, ceux-ci partant de l'abstrait, ceux-là ne tardant pas à sy enfoncer. Abstractions pures, le sujet et l'objet de Kant; purs éléments abstraits, ses formes, ses catégories : « Kant ne s'étant pas arrêté au fait primitif, mérite, encore bien plus que Descartes et Le'bnitz, le reproche d'y avoir supposé ce qui n'y esl pas sans y avoir démèêlé ce qui y est * ». Quant aux idéalistes allemands, ils « saisissent l'absolu à l’extrémilé d’une chaine de notions abstraites, où l’aperception :mmédiate interne du mot disparait entièrement, pour faire place à une intuition intellectuelle, ou plutôt à un je ne sais quoi qui ne tient plus au sujel ni à l’objet, mais d'où l'un et l'autre ressortent en même temps, comme par une création mystérieuse * ». Ainsi les métaphysiciens confondent perpétuellement la chose en soi et le mot, et « comme ils sentent l'impossibilité d'expliquer le moi primitif, puisqu'il faudrait pour cela trouver un point d'appui hors de nous-mème ou de la conscience, ou se transformer en objet connu sans cesser d'être sujet connaissant, c’est-à-dire èlre en même temps soi et un autre, ils transportent à la notion d'une. substance séparée in abstracto ce qui est vrai de la conscience du moi ou du fait primitif de l’existence individuelle. Cependant rien n’est plus différent que cetle conscience ou ce sentiment relatif que le moi a de lui-même, en tant qu'il pense ou agit présentement, et cette croyance de l'absolu d’un être permanent, d'une substance durable, hors de l’action et de la pensée 20
Quant aux disciples de Bacon, Locke, Gondillac, les idéo-