Avertissement de l’auteur, ibid., p
4. Hume complétait la philosophie naturelle par la philosophie morale.
à des lois naturelles » invariables‘. Si la philosophie positive
est quelque chose de plus que les sciences, c'est, d’une part,
parce qu'elle affirme qu'il n'y a d’autre savoir que les faits généraux établis par la science — telle est sa théorie de la connaissance — et qu’il n'y a point de faits qui échappent à la science expérimentale — de là sa méthode; d'autre part, c'est parce qu’elle prétend faire la synthèse des connaissances acquises — et ainsi se constitue sa doctrine ?. « Jusqu'à présent l'Académie des Sciences ne prend la nature que par petites parcelles ; nul système général, de peur de tomber dans l'inconvénient des systèmes précipités, dont l'impatience de l'esprit humain ne s'’accommode que trop bien », disait déjà Fontenelle *. D’Alembert, Condorcet avaient compris, — après Bacon et comme lui, après Descartes et autrement que lui, — plus tard la création de l’Institut avait exprimé dans un grand
corps scientifique, la solidarité des sciences‘. Mais Auguste
Comte a protesté et réagi avec plus de force et de succès qu'on ne l'avait fait avant lui contre l'excès de la spécialisation : il vit qu'elle est un danger, tout en marquant un progrès, et que, nécessaire à coup sùr, elle ne saurait être définitive*. Il eut le mérite aussi de proclamer nettement que la fin de la science est la spéculation plus encore que la pratique : la vérité d'abord, ensuite seulement la puissance. « Ge serait se former des sciences une idée bien imparfaite que de les concevoir seulement comme les bases des arts, et c'est à quoi malheureusement on n’est que trop enclin de nos jours... Nous ne devons pas oublier que les sciences ont, avant tout, une destination plus directe et plus élevée, celle = 17° leconscfst. VE, p. 704:
. Voir 1® et 58° leçons.
- Littré, Préface d'un disciple, dans les Principes de phil. positive, p. 17.:
Laplace, Cabanis ont résumé en de larges tableaux les progrès des sciences. Voir Picavet, les Idéologues.
5. « La division du travail intellectuel, perfectionnée de plus en plus, est
un des attributs caractéristiques les plus importants de la philosophie positive... Mais tout en reconnaissant les prodigieux résultats de cette division tout en voyant désormais en elle la véritable base fondamentale de l'organisation générale du monde savant, il est impossible, d’un autre côté, de
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de satisfaire au besoin fondamental qu'éprouve notre intelligence de connaître les lois des phénomènes !. »
En « construisant le système d'idées générales que cette philosophie était désormais destinée à faire indéfiniment prévaloir dans l'espèce humaine » et qui devait « réorganiser la société », Auguste Comte — bien qu’il eût, même sur ces points particuliers, des précurseurs ? — se montrait original Surtout par sa loi des trois états, par sa classification des sciences et par les développements qu'il donnait à la physique sociale.
Comment se manifeste le progrès? Par la succession de trois phases, — théologique, métaphysique et positive; ainsi s'explique le cours des choses humaines : sous les phénomènes, on met des volontés, puis des entités, jusqu'à ce qu'on renonce à l’inconnaissable pour étudier le connu, les réalités « appréciables à notre organisme », les phénomènes. Ainsi la philosophie positive est le terme du progrès pour Comte, comme l’idéalisme absolu est la fin du devenir pour Hegel : l’un et l’autre, en même temps qu’ils absorbent l’histoire dans leur philosophie, prétendent légitimer leur philosophie par l’histoire.
La physique sociale, qui remplit trois volumes du Cours sur six, élait la partie de son œuvre à laquelle Auguste
n'être pas frappé des inconvénients Capitaux qu’elle engendre, dans son état actuel, par l’excessive particularité des idées qui occupent exclusivement chaque intelligence individuelle. Ce fâcheux effet est sans doute inévitable jusqu’à un certain point... Nous pouvons néanmoins, ce me semble, par des moyens convenables, éviter le plus pernicieux effet de la spécialité exagérée sans nuire à l'influence vivifiante de la séparation des recherches. Il est urgent de s’en occuper sérieusement... N’oublions pas que... il est déjà bien petit dans le monde savant le nombre des intelligences embrassant dans leurs conceptions l’ensemble même d’une science unique, qui n’est cependant à son tour qu’une partie d’un grand tout. Craignons que l'esprit humain ne finisse par se perdre dans les Lravaux de détail... » (1° leçon).