Loi de Baër
2. Voir Spencer, Essais; Cazelles, introd., et Ribot, op. cit.
gène, celle de multiplication des effets, qui mettent la variété dans l'unité, sont des corollaires, elles aussi, de la Persistance de la Force. Il en faut ajouter un autre, la loi de ségrégation : les mouvements divers qui naissent des effets multiples ont pour résullat la convergence des unités mues dans le même sens et la divergence de celles qui sont mues dans des sens différents, — et ici Spencer absorbe la théorie darwinienne de la sélection *. — Il est maintenant établi? que le mérite de Darwin est, non pas dans l'hypothèse transformiste, — puisqu'elle lui est bien antérieure, et que Spencer l'adoptait dès 1852, — mais dans sa tentative pour faire de cette hypothèse une vérité scientifique. Autre chose est la doctrine de l'évolution, autre chose l'explication plus ou moins solide ct complète qu'on en donne : le darwinisme, c'est une certaine façon d'établir la « création naturelle ». Spencer devait tirer parti — et il n’y a pas manqué — des faits recueillis, des explications mécanistes proposées par son grand compatriote, comme il avait profité des travaux de Grove, Meyer, Joule, et de tant d’autres. — Encyclopédiste des preuves, des explications partielles de l'évolution, il a essayé d'en trouver la loi suprème, la formule unique : L'évolution est une intégration de matière accompagnée d’une dissipation de mouvement, pendant laquelle la matière passe d'une homogénéité indéfinie, incohérente, à une hétérogénéité définie, cohérente, et pendant laquelle aussi le mouvement retenu subit une transformation analogue *; et celte évolution, d’où naît le progrès, est suivie de dissolution. La synthèse spencérienne est mal nommée « l'évolutionisme » : ce n'est qu’une explication d'ensemble, hypothétique et personnelle, de l'évolution.
Voici donc que la physique mécanique rend seule compte d'un progrès dont on ne peut dire, s’il accompagne l’évolution, qu'il soit la fin du devenir, puisque la décadence se pro-