Supplément au livre I (t. Il, pp
2. Liv. 1, $7 (t. 1, p. 29), et Supplément (t. IE, pp. 150-154). Ce chapitre du supplément se termine par un dialogue entre le sujet et la matière. « Nous sommes — concluent-ils — indissolublement unis, comme les parties nécessaires d’un tout, qui nous embrasse et qui n'existe que par nous. Seul un malentendu peut nous opposer l’un à l’autre, et conduire à l’idée que lPexistence de l’un est en lutte contre l’existence de l’autre, alors qu’en réalité ces deux existences s'accordent et ne font qu’un. »
3. Voir Supplément au Il livre : chap. xvir, Sur le besoin métaphysique
de l’'Humanilé (trad., t. Il, pp. 294 sqq.), et chap. xvir, Comment la chose en soi est connaissable (t. II1, pp. 3 sqq.).
fournit une connaissance immédiate, une chose; et c’est du dedans que part une voie souterraine, une communication secrèle vers la chose en soi. Voici donc que la philosophie allemande, avec Schopenhauer, se rapproche de la psyChologie française et découvre une donnée dans la conscience, expérimentale tout ensemble et supra-phénoménale.
Cette donnée, c'est la volonté : la volonté — l’objet le plus immédiat de la conscience — constitue l'essence intime de l’homme, et, si l’on y réfléchit, l'essence intime de la nature entière. La volonté est l'unité fondamentale de ce qui dans la représentation se dédouble en phénomènes subjectifs et objectifs. « La chose en soi, c’est la volonté uniquement; à ce utre, celle-ci n’est nullement représentation, elle en diffère toto genere; la représentation..., c’est. la visibilité, l’objectivité de la volonté. La volonté est la substance intime, le noyau de toute chose particulière, comme de l’ensemble: c’est elle qui se manifeste dans la force naturelle aveugle ; elle se relrouve dans la conduite raisonnée de l’homme: si toutes deux diffèrent si profondément, c'est en degré et non en essence ‘. »
Pour parler exactement, la Volonté n’est pas la chose en soi elle-même, elle en est la manifestation la plus approchante. La volonté se crée un corps; au moyen de ce Corps, un intellect qui lui permette d'entrer en relations avec le monde extérieur; et grâce à cet intellect enfin, elle se reconnaît dans la conscience réfléchie : or la volonté n’est pas sou-
mise, lorsqu'elle s'apparaît dans la conscience, aux formes de
l’espace et de la causalité, comme la représentation; mais elle s’apparaît dans le temps, et sans que cesse d'exister le rapport de connu à connaissant. Sous l’espèce de la volonté, la chose en soi est trop engagée encore dans le monde phénoménal pour se manifester d’une façon adéquate ?. Quoi qu’il en soit, la Volonté nous introduit presque au cœur de l'être — Ja