‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 202 sur 277 · OV TE 2NE · texte numérisé non relu

OV TE 2NE

£ LA SCIENCE. 325 tère anti-scientifique, une apparence de mystère etde magie!.

Mais, et cela est curieux à constater aussi, l'esprit a un tel besoin d'ordre et d'unité qu'il y eut des principes, une science, dans cette anti-science, — jusqu'au jour précisément où l'esprit s’avisa de la rattacher à la science authentique et d’en faire le moyen détourné de savoir. Dès lors il multiplia la puissance de son idée par une richesse croissante d'instruments, d’appareils, d'institutions. Le caractère de la science moderne, at-on dit, est le renoncement à l'intelligibilité des choses : il faut plutôt dire que c’est la patience prudente à les rendre intelligibles. |

On sait que les fondateurs de l'astronomie et de la physique furent guidés non seulement par des idées a priori, mais par des conceptions parfois étranges et pourtant fécondes. — La complication du système de Ptolémée ? mit en branle la pensée de Copernic ?, et son inspiration maitresse fut « la solidarité de toutes les pièces constitutives du monde », Il n'expliquait pas, d’ailleurs, les mouvements des planètes, et de la gravitation universelle il n'eut qu'un pressentiment‘. « Quant à moi je pense que la pesanteur n’est autre chose qu'une certaine appétence naturelle dont le divin architecte de” l'univers a doué les parties de la matière, afin qu'elles se réunissent sous la forme d’un globe. Cette propriété appartient s’arrêtèrent, bien plutôt parce qu’elles satisfaisaient aux conditions d’intelligibilité que leur dictait leur pensée, que parce qu’elles correspondaient au plus grand nombre des faits qu’ils avaient observés. » H. Lachelier, La Formule logique du raisonnement inductif, Revue phil., octobre 1896. — Sur lPexception d’un Ménodote de Nicomédie et sur les indications éparses dans les auteurs anciens, voir Egger, ibid., et Brochard, les Sceptiques grecs.

1. Les Égyptiens, les alchimistes. Voir Egger, ibid., PP. 148, 292; Berthelot, les Orig. de VAlchimie; Boutroux, Revue phil. 1889;#t-2L; p:502!

2. Le système déjà compliqué de Plolémée le devint davantage encore par l'effort de ses successeurs pour le compléter. Au xrrr° siècle, Alphonse de Castille, devant qui des astronomes expliquaient le système du monde, déclarait que « si Dieu l'avait consulté, il aurait disposé les choses bien plus simplement ». Poggendorf, Histoire de la physique, trad. fr., p. 85.

: 3. « Nous trouvons donc, dans cette ordonnance, une admirable symétrie du monde, un rapport précis d'harmonie pour le mouvement et la grandeur des planètes — comme on ne le peut pas découvrir autrement. » De revol. orbium cœlestium, t. I, Chap. x, cité par Cournot, Essai sur les fonde-

ments.….., p. 6.

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