‹ La Synthèse Des Connaissances Et L'HistoireChapitre 33 sur 277 · Principes, I, 1; II° Méditation, À. M., p · texte numérisé non relu

Principes, I, 1; II° Méditation, À. M., p

6. Cf. Réponses aux II® Objections, Réponses aux Instances de Gassendi, d’une part, et, de l’autre, Principes, I, 10.

ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE AU XVII SIÈCLE. d9 cogito est une invention ingénieuse, c'est un « biais », — il l'a dit quelque part, — et le meilleur, lui semblait-il, qu'on pût choisir, pour connaître la nature de l'âme, pour arriver, en découvrant qu'elle est, à découvrir du même coup ce qu’elle est. Descartes s’est complu à raisonner son doute, à le prolonger, à l’exagérer, pour conserver, pour affirmer, pour faire apparaître la pensée dans ces raisonnements où le sceptique par provision, s’il ruine en soi toute connaissance, sent du moins persister son existence — et ne le sent précisément que parce qu'il raisonne. Descartes a imaginé le cogito pour lier l’existence et la pensée. Poliandre dit à Eudoxe- Descartes dans le dialogue de la Æecherche de la vérité : J'admire « l’exactitude de votre méthode au moyen de laquelle vous nous conduisez pas à pas, par des voies simples et faciles, à la connaissance des choses que vous voulez nous enseigner… ? »; et, en effet, si Eudoxe lui demande « ce qu'il est, lui qui peut douter de tout et qui ne peut douter de luimême * », il est amené à répondre : « De tous les attributs que je m'étais donnés... je trouve que la pensée seule est d’une nature telle que je ne puis la séparer de moi. Car s’il est vrai que je doute, comme je n’en puis douter, il est également vrai que je pense. Qu'est-ce en effet que douter sinon penser d'une certaine manière? Et certes, si je ne pensais pas, je ne pourrais savoir si je doute ni si j'existe. J'existe cependant, et je sais que j'existe, et je le sais parce que je doute, c’est-à-dire conséquemment parce que je pense; el méme il pourrait arriver que si, pour un moment, je cessais de penser, je cessasse en méme lemps d'exister *. Ainsi donc la seule chose que je ne puisse séparer de moi, que je sache avec certitude être moi, et que je puisse maintenant affirmer sans craindre de me tromper, c’est que je suis un être pensant*. » 1. Principes, I, 8.

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