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Réponse à la quatrième objection de Hobbes

un sens, ne fait pourtant que donner leur pleine valeur à quelques-unes de ses idées. Comme Descartes, au reste, Hobbes croit que les qualités sensibles des corps, son, lumière, couleur, odeur, saveur, froid, chaud, dur, mou..., ne sont que des phénomènes subjectifs, de purs fantômes ; fantômes, la figure et l’espace; il déclare même que la substance, cette « matière capable de recevoir divers accidents et qui est sujette à leurs changements », n’est, tout comme l’idée de Dieu et de l’âme, aperçue et prouvée que par le raisonnenement . Que reste-t-il, dès lors, à l'esprit de positif, sinon ses phénomènes? Et ne voilà-t-il pas le scepticisme?

Locke a-t-il connu Hobbes? On l'a nié. À coup sûr, comme Hobbes, il connut en France l’œuvre de Gassendi et, auparavant même, celle de Descartes *. Bien qu’il réagît contre ce dernier, il lui dut beaucoup, lui aussi : ce n’est pas, il est vrai, de sa physique, c'est de sa critique qu'il s’inspira. Mais, somme toute, il fut lui-même, et il fut l’homme de son temps. Entre les ambitions et les contradictions du dogmatisme renaissant, il chercha avec prudence une place sûre; et, embarrassé de conclure, il conclut à la tolérance *.

L'Essai sur l'entendement humain, c’est la quatrième partie du Discours de la méthode traitée selon la méthode de Bacon. Locke, laissant de côté les questions du physicien, — c'est-àdire ici du physiologiste, — veut, en examinant les facultés de connaître, chercher les fondements des opinions qu'on voit régner parmi les hommes et marquer l'étendue de leurs

1. Neuvième objection de Hobbes. Voir Lange, Histoire du matérialisme, t. 1, III partie, chap. 1, fin; Lyon, op. cit., notamment pp. 56, 109 : « La matière, telle qu’il l'a posée, est toute géométrique, toute conceptuelle, toute proche de l’intelligence ». M. Lyon a beaucoup insisté sur cet aspect de la philosophie de Hobbes, sceptique ou idéaliste. Voir aussi Pillon, Année philosophique 1892, pp. 115 et sqq.; Tônnies, Hobbes Leben und Lehre, analysé par Schinz, Rev. phil., 1897, no 4.

2. Voir Marion, Locke, sa vie et ses œuvres; Campbell Fraser, Locke, analysé par Penjon, Rev. phil., 1891, n° 7; cf. de Rémusat, Histoire de la philosophie en Angleterre, t. II.

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